11/12/2012

Contre l'Austérité : journée d'action à Namur


30/11/2012

Budget 2013 : motion du SETCa BHV

  • motion adoptée ce 30 novembre à l'unanimité par le SETCa BHV concernant le budget 2013.
"Motion concernant le budget 2013

Nous, les membres du Comité Exécutif du SETCA Bruxelles-Halle-Vilvorde, estimons concernant le budget 2013 :
- qu'il n'est pas question que le syndicat soit le complice de la destruction sociale organisée par le gouvernement. Ce budget irresponsable place les travailleurs et allocataires sociaux dans la spirale infernale de la récession. Le gouvernement ne fait que donner un coup d'accélérateur à la précarité.
- que ce budget est totalement inéquitable. Le fameux effort collectif n'est supporté que par les citoyens ordinaires. Les sociétés, les millionnaires et les fraudeurs sont totalement épargnés que du contraire (réductions de cotisations sociales - prolongation des intérêts notionnels - amnistie fiscale)
- que ce budget retire aux organisations syndicales la plus importante de leurs prérogatives : le droit de négocier librement les évolutions salariales.
Nous rejetons totalement le budget 2013 et mettrons en oeuvre tout ce qui est nécessaire pour être entendu.
De plus, nous attendons du gouvernement que les intérêts notionnels dont l'inefficacité sociale a été largement démontrée soient supprimés sur le champs comme déjà réclamé par la FGTB.
Nous exigeons conformément à la volonté de plus de 75% de la population du pays qu'un impôt sur les fortunes soit instauré et refusons qu'une poignée de favorisés se fasse faire des lois sur mesure et dicte le budget aux représentants du peuple."

22/11/2012

Budget 2013 : Communiqué de la CNE

Salaires bloqués pendant deux ans (au moins), index manipulé par la bande, coupes dans la Sécurité sociale, coupes dans les services publics,... Le gouvernement Di Rupo continue à cogner dur contre le monde du travail est ses acquis. La "justice dans l'effort" n'est qu'un leurre, une fois de plus: réformette cosmétique de la législation sur les intérêts notionnels, pas d'impôt sur la fortune, pas de lutte sérieuse contre la grande fraude fiscale (au contraire: une nouvelle amnistie pour les fraudeurs). Quant à la soi-disant "relance" elle n'est rien d'autre que le prétexte à de nouvelles attaques anti-sociales guidées par le principe libéral qui veut que le chômage soit dû au "coût du travail" et à la "rigidité" du "marché de la main-d’œuvre". Relance, pour Di Rupo, est donc synonyme de réduction des "charges sociales", c'est-à-dire de destruction continuée de la sécurité sociale. Il est plus que temps que le mouvement syndical se ressaisisse et rappelle que les cotisations patronales à la Sécu ne sont pas des impôts mais une partie du salaire que les travailleurs ont décidé de mettre dans un pot commun pour financer la solidarité, et qui leur appartient par conséquent. Malheureusement, bien peu de voix s'élèvent dans ce sens. Nous publions ci-dessous la réaction de la CNE au budget. Dans le droit fil de l'interview de son secrétaire général, Felipe Van Keirsbilck, mise en ligne sur notre site,, le communiqué de la CNE se termine par ces mots: " Il est désormais clair que ce sera à l’alliance des syndicats et des forces politiques de gauche de mettre les alternatives à l’agenda du gouvernement, en utilisant les moyens dont ils disposent encore. LCR WEB


La CNE s’oppose à un budget mortifère. 
A partir de maintenant, ce sera leur austérité contre notre démocratie. 

Les politiques d’austérité ont déjà fait leurs preuves : elles ne fonctionnent pas. Le budget proposé par le gouvernement fédéral condamne l’immense majorité de la population belge à s’appauvrir continuellement. Ce budget approfondit le démantèlement des services publics (économies à la SNCB, chez BPost, non-remplacement des fonctionnaires) et diminue les revenus globaux des travailleurs par le définancement de la sécurité sociale. Les choix d’austérité imposés aux pays du sud de l’Europe par l’Union Européenne se répètent depuis quelques années. Mais cette répétition est la preuve que ces politiques sont inefficaces, destructrices et mortifères. Après cinq années d’austérité, la dette publique de la Grèce atteint 190% du PIB, le pays connaît un chômage de 23,5% et les salaires ont baissé de 30 à 40%. Le gouvernement fédéral belge prétend contrebalancer l’austérité par des plans de relance. Il en pervertit la notion. Les mesures de relance du gouvernement sont la face B des mesures d’austérité. La réduction des contributions des entreprises à l’effort collectif (les prétendues « charges sociales ») serait créatrice d’emploi. Ces allègements ont profité aux actionnaires des entreprises, mais jamais ils n’ont généré de l’emploi. De plus, les emplois sont menacés par le blocage des salaires qui est synonyme de blocage de la consommation. Lorsque les travailleurs n’ont pas d’argent pour consommer, ce sont des pans entiers de l’économie qui sont menacés (horeca, bâtiment, grande distribution) et qui devront licencier. Ceci appauvrira encore la population qui dépendra d’une sécurité sociale progressivement rendue exsangue. Ce blocage des salaires témoigne du mépris du gouvernement pour la concertation sociale et donne libre cours aux tractations individuelles sur les salaires, renforçant ainsi les discriminations salariales. Alors que les revenus des rentiers, des actionnaires, des patrons d’entreprises augmentent avec la crise, la seule possibilité d’augmentation des revenus des travailleurs sera celle qu’une minorité parviendra, éventuellement, à négocier individuellement. Le gouvernement ne veut plus de droits pour les travailleurs. Il veut les condamner à mendier des avantages caractérisés par leur caractère inégalitaire, temporaire et individuel. Enfin, concernant la fiscalité, ce budget est une gigantesque occasion manquée de faire contribuer les entreprises et les plus riches à l’effort collectif. Alors qu’un sondage récent donne 75% de la population favorable à un impôt sur la fortune (qui rapporterait minimum 6 milliards par an soit plus du double des économies faites par le gouvernement), cette solution ne fut même pas envisagée à la table des négociations. Car les alternatives existaient et existent encore. L’impôt sur la fortune, la taxation des transactions financières ou encore la création d’emploi par la réduction collective du temps de travail. Chaque jour, elles passent un peu plus du statut d’alternative à celui de nécessité. Nous avons déjà montré que le combat syndical est payant. L’action syndicale a permis de sauvegarder un mécanisme d’indexation automatique et d’éviter des destructions frontales de droits comme la suppression d’un jour de congé. Ce combat est désormais également lancé sur le plan européen avec la réussite de la première journée d’action européenne le 14 novembre. Nous continuerons cette action et nous l’amplifierons, en Belgique et Europe. Il est désormais clair que ce sera à l’alliance des syndicats et des forces politiques de gauche de mettre les alternatives à l’agenda du gouvernement, en utilisant les moyens dont ils disposent encore.
A partir de maintenant, ce sera leur austérité contre notre démocratie.

Télécharger le communiqué en pdf ici

17/11/2012

"La Libre" en parle...



"Un nouveau parti de gauche doit émerger"
"Ce sera peut-être un coup dans l'eau, mais cela va alimenter une demande sociale qui pourra peut-être, un jour, trouver une expression politique". "Il faut qu’émerge rapidement une force politique de gauche, suffisamment radicale pour affronter les dogmes néolibéraux et qui ait l’ambition de peser sur le cours des choses et de quitter la sphère protestataire." Celui qui s’exprime ainsi n’est pas un quidam, c’est Felipe Van Keirsbilck, secrétaire général de la Centrale nationale des employés (CNE), une centrale qui compte au sein de la CSC, dans une interview publiée sur le site LCR-La Gauche (Ligue communiste révolutionnaire).

http://www.lcr-lagauche.be/cm/images/Rafik-2012/filip.jpgretrouvez l'interview complète de Felipe Van Keirbilck  sur notre site :
«Vivement un grand parti de gauche! » Une Interview de Felipe Van Keirsbilck, Secrétaire général de la Centrale Nationale des Employés (CNE-CSC) 
et l'article dans "La Libre" ici

 

12/11/2012

Appel : 14N : Soulevons-nous contre l’austérité et pour une vraie démocratie !


Le 14 novembre des millions d'Européens dans plusieurs pays se mobilisent et se mettent en grève: Espagne, Portugal, Italie, Grèce, Belgique, Malte, Chypre et autres.

C’est le même cri de colère partout
Les politiques d'austérité mises en œuvre par la Troïka (UE, BCE, FMI) et par nos gouvernements mettent en péril nos droits sociaux. En Belgique, à travers l'Accord InterProfessionnel et le budget, le gouvernement Di Rupo s'attaque aux salaires, aux services publics et aux travailleurs sans emploi.
Nous refusons que ceux qui créent la richesse, les travailleurs, ainsi que la majorité des citoyens payent à la place des vraies responsables de la crise : les multinationales, les banques et leurs serviteurs politiciens !
Ce 14 novembre doit être une journée combative de tous les travailleurs et travailleuses avec ou sans emploi, avec ou sans papiers.

Face à l'austérité qui nous attaque toutes e tous,
LA JOURNÉE SE DOIT D’ETRE UNITAIRE

Construire ce 14N, c'est le premier pas vers
LA GREVE GÉNÉRALE EUROPÉENNE
qui doit nous mener vers
UN PLAN D'ACTION COORDONNÉ ET OFFENSIF

Soyons donc nombreux à
08h00: À LA GARE OU MIDI (Rue de FRANCE n° 40)
au piquet de la CGSP cheminots et Administrations Locales et Régionales de Bruxelles.
14h00 : GARE DU LUXEMBOURG POUR UNE MANIFESTATION UNITAIRE À L'INITIATIVE DE LA CNE
Mobilisons-nous ensemble, solidaires avec les syndicalistes les plus combatifs!

Premier signataires :
Jeunes Anticapitalistes (JAC), Comités Action contre l’austérité en Europe (CEA), EGA-ALS, Egalité, Etudiants FGTB, FEWLA (Soutien actif à la lutte du peuple Manuche), Initiative Solidarité avec la Grèce qui résiste, JOC Bxl, LCT-CWB, LCR-SAP, PSL-LSP, Régionale bruxelloise de la CGSP Cheminots, Rifondazione Comunista - Federazione Comunista del Belgio.

31/10/2012

Assemblée Générale de mobilisation FGTB Verviers

LE 14 NOVEMBRE, LA CGSP WALLONNE SE MOBILISE CONTRE L'AUSTERITE


 

Le Bureau de la CGSP wallonne réuni ce 30 octobre a décidé, à sa tour, de répondre par une journée de grève générale à l'appel à la mobilisation du 14 novembre de la Confédération européenne des syndicats (CES).
La CGSP wallonne est fermement et totalement opposée aux politiques d'austérité qui se mettent en place en Europe à la suite des crises financières. La poursuite aveugle et sans fin de l'équilibre budgétaire à tout prix n'est pas la panacée, c'est le remède pire que le mal qui exerce une pression à la baisse sur les salaires, les services publics, la sécurité sociale, les pensions et les conditions de travail et de vie !
Nous le voyons tous les jours en Grèce, en Espagne, au Portugal et dans tous les pays qui se sont lancés tête baissée, dans une course effrénée où il n'y a que des perdants. Nous ne sommes pas dupes. Les politiques d'austérité, suivies depuis trois ans, enfoncent l'Europe dans une récession sans fin, mettent en cause un modèle social basé sur la négociation, plongent des millions d'Européens, en premier lieu les jeunes, dans le chômage et des millions de familles dans la pauvreté.
Tous les jours, nous avons sous les yeux les souffrances endurées par des populations de plus en plus fragilisées. Non seulement nous ne le supportons pas, mais de surcroît par quel masochisme supposerait-on que nous soyons prêts à l'accepter ?
En s'amplifiant, la crise économique et sociale accroît fortement les inégalités entre les travailleurs européens et met en cause les droits élémentaires de tous.
Nos gouvernements n'avancent même plus à pas feutrés. Chaque jour apporte son lot de menaces. Les salaires, l'indexation, le remplacement de fonctionnaires, l'offre de services publics sont clairement dans le collimateur. Nous ne l'accepterons pas !
Les défis sociaux sont immenses. Il est urgent de changer de cap pour sortir de la crise par le haut. Pour s'en donner les moyens, il faut briser l'étau des marchés financiers et non leur donner des gages.
Nous appelons toutes les forces de la FGTB à se mobiliser par une grève générale et à marquer le 14 novembre du sceau de la reconquête sociale

La CGT de Ford Blanquefort (France) s’adresse aux syndicalistes belges et britanniques du groupe



“Nous avons intérêt à réagir ensemble, 
à nous défendre ensemble,
à coordonner nos actions,
à faire converger nos résistances par-delà les frontières”

 
Un vent favorable nous a mis en possession du courrier ci-dessous, que la CGT de l’usine Ford de Blanquefort (France), a adressé aux travailleurs belges et britanniques victimes de la politique de casse sociale de la multinationale. Nous ne pouvons qu’abonder dans le sens de ce document: face aux multinationales, les travailleur-euse-s et leurs organisations n’ont que trop tardé à se coordonner directement, à la base. Les moyens modernes de communication rendent cette tâche des plus aisées. C’est la volonté politique qui fait trop souvent défaut, chacun espérant pouvoir sauver son emploi dans son coin. Une voie sans issue, qui fait le jeu des patrons. LCR-Web


Chers collègues, chers camarades de Belgique, d'Angleterre et d'ailleurs,

Nous sommes à la fois attristés et révoltés par l'annonce faite par
les dirigeants de Ford en fin de semaine dernière. Attristés parce que
nous mesurons combien il est dramatique de perdre son travail dans une
période déjà marqué par un chômage et une précarité importants.
Révoltés par cette politique patronale (Ford comme les autres) qui se
servent de la "crise" pour mener une politique de restructurations
injustifiables. Car en réalité, il n'y a pas de problème de
compétitivité ou de coût du travail. Il y a seulement une logique de
rentabilité, de course aux profits, de toujours plus pour les
dirigeants et les actionnaires. Une logique qui s'en prend toujours
aux mêmes, aux salariés, à ceux qui subissent déjà divers plans de
suppressions d'emplois, les bas salaires, les reculs d'âges de départ
en retraite, les conditions de travail qui se dégradent ...
Ford met les usines les unes contre les autres pour diviser et
affaiblir les salariés. En réalité nous sommes tous menacés.
Aujourd'hui ça tombe" sur Genk, Southampton et Daghenam demain ça peut
tomber sur Cologne ou Valence.
A l'usine FAI de Blanquefort, nous sommes en lutte depuis 2007 pour
empêcher la fermeture de notre usine. Ford s'en était débarrassée en
2009 pour la racheter en 2010. Aujourd'hui, Ford relance de nouvelles
activités mais notre avenir est loin d'être assuré. Comme dans plein
d'usines, nous avons vu nos effectifs se réduire régulièrement. Mais
le fait d'être encore là (l'usine devait être liquidée en 2010) prouve
qu'il n'y a pas de fatalité, que nous avons tout intérêt à relever la
tête et à refuser la résignation.
Nous sommes convaincus que nous avons intérêts à réagir ensemble, à
nous défendre ensemble, à coordonner nos actions, à faire converger
nos résistances par delà les frontières.
Nous vous souhaitons tout le courage qu'il faut et toute la force
nécessaire pour vous opposer aux mauvais plans de Ford. Pour cela,
nous vous apportons notre total soutien et notre entière solidarité.
Nous pensons nécessaire qu'il y ait des rencontres de tous les
syndicalistes des sites d'Europe pour discuter de comment nous pouvons
nous entre-aider et comment défendre nos emplois, les emplois de tous.
Nous espérons pouvoir prendre contact et agir ensemble dans la période
qui vient.

salutations fraternelles,
le syndicat CGT-Ford Blanquefort (France)

25/10/2012

Respire! (Spain)

Elargissons la brèche vers la grève générale en Europe !


On sait que les deux principaux syndicats en Espagne, CCOO et UGT, ont appelé à une grève de 24 heures le 14 novembre pour s’opposer à l’austérité d’une brutalité inouïe imposée par le gouvernement Rajoy. Ce sera la deuxième grève de ce genre cette année. Elle est soutenue par des centaines d’associations de toutes sortes.
Le même appel a été lancé au Portugal par la CGTP. Pour rappel, le Portugal a connu récemment les manifestations les plus massives depuis la Révolution des Oeillets, en 1974-75.
De son côté, le principal syndicat du secteur privé en Grèce, la GSEE, appelle également à un arrêt de travail le 14 novembre. Ce sera la quinzième grève interprofessionnelle des travailleurs et travailleuses de ce pays contre les diktats de la troïka BCE/FMI/Commission.
Face à cette coordination horizontale de la riposte, la Confédération Européenne des Syndicats a finalement appelé à une journée d'action européenne le 14 novembre, sous "diverses formes : grèves, manifestations, rassemblements et autres actions".
La CES n’est pas un syndicat mais un groupe de pression qui accompagne la construction de l’UE capitaliste, fait du lobbying auprès de la Commission et organise de temps en temps une manifestation européenne sans lendemains. La dernière, à Bruxelles en 2010, avait pour slogan « pour l’emploi et la relance »…
Selon certaines informations, la décision chèvrechoutiste de la CES concernant le 14 novembre aurait été arrachée très péniblement, au terme de plusieurs heures de tractations.
Le décalage entre la dispersion nationale des luttes, d’une part, et la coordination européenne de l’offensive capitaliste, d’autre part, est une des raisons majeures qui poussent le mouvement ouvrier dans les cordes. Il est grand temps de réagir ensemble, car la classe dominante ne se contente plus d’attaquer les acquis sociaux : avec le Pacte budgétaire européen (TSCG, que la Belgique doit adopter prochainement !), elle est en train de mettre en place un régime européen despotique, dans lequel les parlements élus n’ont plus rien à dire. Dans ce régime, les syndicats seront soit broyés, soit transformés définitivement en courroies de transmission du néolibéralisme.
Il faut donc tout faire pour que les « diverses formes » évoquées par la CES se traduisent par les actions les plus radicales possibles, en fonction des rapports de forces : grèves et assemblées de sensibilisation dans le maximum de pays, de secteurs et d’entreprises, et manifestations combatives. Toute radicalisation du pseudo « mot d’ordre » de la CES sera un pas en avant vers une lutte européenne de plus en plus indispensable.
En Belgique, les directions interprofessionnelles de la FGTB, de la CSC et de la CGSLB discutent d’une manifestation de militant-e-s à Bruxelles devant les institutions européennes, couverte par un préavis de grève (en tout cas pour les affiliées et affiliés FGTB). Mais la section régionale de la FGTB (interprofessionnelle) de Liège-Huy-Waremme a décidé d’une grève de 24h, rejoignant ainsi les camarades espagnols, portugais et grecs. La CGSP-ALR de Bruxelles (secteur des administrations locales et régionales au sein de la Centrale des services publics de la FGTB) a fait de même. Les Jeunes FGTB et les Métallos Walllonie-Bruxelles appellent les travailleurs-ses à se mobiliser pour organiser une grève générale le 14 novembre (communiqué ci-dessous) ! Des groupes de gauche proposent une manifestation unitaire de lutte à Bruxelles. Bravo !

Elargissons la brèche, en Belgique et en Europe ! A l’exemple des syndicalistes espagnols, portugais et grecs, prenons des contacts de syndicat à syndicat, de secteur à secteur, d’entreprise à entreprise, entre filiales au sein des groupes ! Organisons la mobilisation !
Nous répétons notre invitation aux délégations syndicales à organiser des arrêts de travail dans les entreprises et à tenir des assemblées générales sur le lieu de travail pour informer sur l'offensive d'austérité tant en Europe du Sud qu'en Belgique et pour réfléchir, sans attendre, à un plan d’action coordonné vers une grève générale en Europe. C’est indispensable pour que la colère contre la misère et le chômage se transforme en lutte consciente pour une alternative.
Il ne s’agit pas seulement de solidarité avec les travailleurs et travailleuses du Sud de l’Europe, mais de lutte commune contre une même politique de destruction de l’emploi et des acquis sociaux, des services publics, des salaires. Une politique de classe délibérée, téléguidée par le patronat, en particulier par les sangsues du capital financier. Une politique qui sème la misère, le racisme, le sexisme, le nationalisme et fait le lit de la droite-extrême, voire de l’extrême-droite la plus nauséabonde.
Dans notre pays, plus de 10.000 licenciements se décident en un jour avec la fermeture de Ford Genk, de Dow à Tessenderlo, les licenciements chez HP ou Du Pont, ... En même temps, des mesures d’austérité ont déjà été imposées à la hussarde par le gouvernement Di Rupo, à hauteur de onze milliards d’Euros. Dès le mois de novembre, des milliers de chômeurs et de chômeuses commenceront à basculer dans une pauvreté encore plus insupportable. 4,5 milliards de mesures sont encore annoncées pour le budget 2013. Et ce n’est pas tout : alors que la collectivité a perdu 17 milliards dans le sauvetage des banques, la recapitalisation de Dexia menace d’encore alourdir la facture… Tout cela alors que les grandes entreprises ne paient pratiquement pas d’impôt !
Se laissera-t-on abattre un par un, ou nous battrons-nous ensemble, ici et avec le reste de la classe des travailleurs en Europe? Au-delà de la solidarité indispensable avec nos frères et sœurs d’Espagne, du Portugal, de Grèce et d’ailleurs, voilà nos raisons de nous battre à leurs côtés. Pas pour la « relance » du capitalisme (ce serait la destruction sociale et écologique), mais pour un programme anticapitaliste basé sur le partage des richesses, le partage du travail (sans perte de salaire), l’annulation de la dette illégitime, l’extension du secteur public par la création massive d’emplois socialement utiles et écologiquement responsables! Nous appelons également les salariéEs de la Poste en grève dans plusieurs régions, ceux de la SNCB dont le gouvernement vient d’amputer l’enveloppe de 72 millions d’euros et qui luttent contre la casse du service public, comme ceux de Ford, mais aussi d’Arcelor et les autres victimes de la violence capitaliste à unifier leurs luttes et à descendre dans la rue le 14 novembre pour montrer leur colère et leur détermination.
Entreprise par entreprise, secteur par secteur, pays par pays… nous sommes faibles, touTEs ensemble nous serons fortEs. Ensemble, nous pouvons faire en sorte que la peur change de camp. Ensemble, saisissons la chance qui s’offre le 14 novembre de commencer à modifier le rapport de forces. Ensemble, entamons le combat pour une autre Europe : sociale, généreuse, écologiste, démocratique.

Pour la Direction Nationale de la LCR-SAP,
Céline Caudron, porte-parole

23/10/2012

Grève Générale de 24h le 14 novembre?


En soutien à la Grève Générale contre l'austérité décrétée le 14 novembre prochain en Italie, en Espagne, au Portugal et en Grèce, le Congrès de la Centrale Générale Liège-Huy-Waremme a décidé d'apporter sa solidarité en appelant à la Grève Générale dans ses secteurs et entreprises et ce, quel que soit le mode d'action décidé au niveau de la CES et de la FGTB Fédérale.

#14N  

http://www.6com.be/donnees/cp/2012/accg2012.pdf

17/10/2012

Débat à Verviers le 25 octobre


14/09/2012

Lutter? Oui! Mais pas pour des prunes…

Cette année la rentrée sociale est en ordre dispersé. Aujourd'hui, vendredi 14 septembre, la FGTB a manifesté dans les beaux quartiers de Bruxelles « pour le pouvoir d’achat » tout en dénonçant « les exilés fiscaux qui viennent s’installer à Ixelles pour ne pas payer d’impôt sur la fortune dans leur pays ». La CSC, la FGTB, la CGSLB, les mutualités et des associations de lutte contre la pauvreté se retrouveront ensuite devant le Palais de Justice de Bruxelles le dimanche 30 septembre pour dire « Stop à la pauvreté ! ». Une manif contre les riches, un rassemblement contre la pauvreté.

« Stratégie de démobilisation »
Quelques jours avant la manifestation du 14 septembre, Francis Gomez, Président de la FGTB Métal Liège-Luxembourg, dénonçait la stratégie de la FGTB fédérale (Le Soir du 11/9) : « une manifestation décidée au débotté dans des instances bancalement constituées ». Il ajoutait : « En outre, il n’y a, à la FGTB, aucune réponse à cette question de simple bon sens : qu’est-ce qu’on fait après le 14 ? Toute l’histoire des mobilisations de ces dernières années se résume ainsi : l’appareil chauffe les 'troupes' puis les abandonne au détour d’un compromis 'responsable' avec le gouvernement et le patronat. C’est, sans remonter au Plan Global, ce qui s’est passé avec le combat contre le Pacte des Générations, avec les dernières mobilisations sur l’accord interprofessionnel ou avec le combat contre le plan d’austérité gouvernemental. » Sur ce point, il a raison le gaillard...
Où sont les revendications concrètes? Le plan d’action?
Examinons les tracts d’appel à ces deux mobilisations. Sur le tract de la FGTB pour le 14 septembre, on pouvait lire les « revendications » suivantes : Des emplois durables et de qualité (un plan de relance digne de ce nom, des formations renforcées, une politique industrielle offensive, priorité aux emplois de qualité, des vrais emplois pour les jeunes à temps plein et à durée indéterminée), Plus de pouvoir d’achat (pas touche à l’index, salaires décents, égalité salariale pour un travail égal, suppression de l’écart salarial entre hommes e femmes, augmentation du salaire minimum brut interprofessionnel), Protection et justice sociales renforcées (une société plus solidaire, une fiscalité plus juste et plus progressive, fin effective du secret bancaire, protection sociale renforcée, fins de carrière et pensions décentes.
Sur le tract de la CSC pour le 30, on lit les « revendications » suivantes : De véritables perspectives d’avenir pour les jeunes (des emplois durables et de qualité, un accompagnement plus rapide des jeunes dès le début de la période d’insertion, de vrais parcours de formation dans les entreprises, un accompagnement des jeunes), Des mesures pour stopper la pauvreté (augmentation de tous les minima de 2% au moins, adaptation des autres allocations à l’évolution des salaires, augmentation ciblées pour les invalides, préservation de l’index, hausse du salaire minimum et suppression du barème jeunes, concertation sociale efficace, lutte contre la précarisation des contrats plus d’égalité entre hommes et femmes, plus d’attention pour les personnes qui reprennent un emploi), Une fiscalité plus juste (taxation des grosses fortunes et des plus-values, suppression des impôts forfaitaires, lutte contre la fraude fiscale et salariale). La FGTB se contente de reprendre l’affiche commune pour le 30 septembre: emplois durables et de qualité, allocations décentes liées au bien-être, pensions décentes, droits et services sociaux accessibles.
Tout ce matériel de mobilisation n’est qu’un long catalogue de bonnes intentions sans la moindre revendication concrète chiffrée. Et il n’y a pas l’ombre d’un plan stratégique pour atteindre les objectifs généraux énoncés. La manifestation de la FGTB se déroule de 10h à 13h, puis on remonte dans les cars après avoir reçu un sandwich et une indemnité. Le rassemblement en front commun du 30 se passe de 13h à 16h, vu l’horaire il n’est pas sûr qu’il y ait des sandwiches, et comme c’est un dimanche il n’y aura pas d’indemnité de grève. (C’est toujours ça de gagné pour la CSC qui se serre la ceinture depuis la faillite d’Arco). Le point stratégique le plus important pour les états-majors syndicaux est que, le 30 septembre,  leurs « troupes » soient habillées de la bonne couleur : rouge pour la FGTB, vert pour la CSC et bleus pour « Les Bleus ». Mais pour le reste, ce n’est pas une ballade de 3 heures dans les rues de Bruxelles qui permettra d’imposer le catalogue de bonnes intentions énoncé dans les tracts.
Il faut des revendications unifiantes
Après des décennies de crise capitaliste, le monde du travail ressemble de plus en plus à un champ de ruines. Avant il y avait dans les services publics des agents nommés, dans le privé des ouvriers et employés avec un contrat à durée indéterminée, des pensionnés, des malades ou invalides et quelques dizaines de milliers de chômeurs. Aujourd’hui il y a de moins en moins d’agents nommés dans les services publics, de plus en plus de contractuels, des  précaires à la poste, des ALE, des articles 16 et une flopée de services publics privatisés. Dans le privé, il y a de plus en plus de temps partiels, de contrats à durée déterminée (CDD), d’intérimaires, de boîtes de sous-traitance avec des bas salaires, des titres services, des plans Activa, des prépensionnés, et des centaines de milliers de chômeurs. Conséquences : un délégué syndical devrait aujourd’hui avoir presque une formation de juriste pour connaître à fond toutes les implications de ces différents statuts. Mais surtout cette fragmentation du salariat en une multitude de statuts contribue à appauvrir globalement la masse des salariés, fait régresser la conscience d’appartenir à une même classe sociale, renforce l’individualisme et l’esprit de débrouille individuelle, affaiblit la capacité du mode du travail à défendre collectivement les rémunérations et les conditions de travail.
D’où l’importance de dégager une ou deux revendications unifiantes (et pas un catalogue dans lequel le patronat pourra faire le tri) qui concernent l’ensemble du monde du travail et qui ouvrent la perspective de lutter tous ensemble. Par exemple, en vue du prochain accord interprofessionnel, revendiquer une augmentation de 200 euros bruts par mois pour toutes et pour tous (ouvriers, employés, fonctionnaires, chômeurs, malades, pensionnés, prépensionnés, intérimaires, etc.). En outre, une telle augmentation profiterait proportionnellement plus aux petits revenus.
La concertation sociale est morte, place à la lutte
« Mais le patronat ne voudra jamais accepter une telle revendication dans le cadre de la concertation sociale » feront judicieusement remarquer quelques journalistes futés. De son côté, la CSC réclame dans son tract une « concertation sociale efficace ». Elle n’a pas l’air de comprendre que la concertation sociale est morte. La façon dont Di Rupo a imposé son  plan d’austérité en novembre 2011, sans la moindre concertation sociale préalable en est la démonstration la plus flagrante. Le fait que les conventions collectives qui dépassent la norme salariale (0% en 2011 et 0,3% en 2012, c’est-à-dire quasi rien !)  ne seront plus rendues obligatoires par arrêté-royal en est une autre illustration.
Dans la crise actuelle du capitalisme, la concertation sociale mise en place entre patronat et syndicats après la Deuxième Guerre mondiale représente, aux yeux du patronat, un système obsolète. Désormais, le patronat fera semblant de concerter mais ne lâchera rien. La seule façon pour les travailleurs d’arracher des acquis sera la lutte.
Il n’appartient pas à la LCR, pas plus qu’à une autre organisation, ni aux états-majors syndicaux de décider de la meilleure revendication possible à mettre en avant. La démocratie syndicale est une arme redoutable si les travailleurs parviennent à s’en saisir et à la faire appliquer. Des assemblées syndicales régionales interprofessionnelles rassemblant des délégués élus par les ouvriers, les employés, les agents des services publics, les chômeurs et prépensionnés, les pensionnés sont le lieu où les revendications essentielles et le plan d’action devraient être discutés et décidés.
Rompre avec le PS
Réagissant aux critiques de Francis Gomez, Anne Demelenne (secrétaire générale de la FGTB Fédérale) expliquait à la presse qu’elle « devait tenir compte des avis de toutes les centrales au sein de la FGTB ». C’est une demi-vérité car Anne Demelenne oublie de dire qu’elle doit aussi tenir compte de l’avis du PS (elle siège comme suppléante au Bureau du PS, tout comme Thierry Bodson). Le PS occupe la première place dans ce gouvernement d’austérité. Plus le temps passe, plus les attaques contre le monde du travail vont se répéter et plus la situation de Demelenne et Bodson deviendra inconfortable, et plus la rupture de la FGTB avec le PS deviendra inévitable.

22/06/2012

L’Appel de la FGTB de Charleroi a résonné à Liège !

Par Denis Horman
Le 15 juin 2012, à l’initiative de la Formation Léon Lesoil, l’asbl culturelle de la LCR,  c’est dans une salle bien remplie de la FGTB de Liège que Daniel Piron, secrétaire régional de la FGTB de Charleroi-Sud Hainaut, est venu expliquer, devant une centaine de participant/e/s, le sens et les objectifs de l’Appel qu’il a lancé, le premier mai dernier à Charleroi, au nom de l’ensemble des centrales de la régionale FGTB. A la même tribune, Nico Cué, secrétaire général des Métallos FGTB Wallonie-Bruxelles, allait appuyer et conforter cet Appel.
Dans la salle, les secrétaires des régionales de la FGTB  de Verviers et Namur, des délégué/es syndicaux, des militant/e/s des organisations de la gauche radicale -LCR, PTB, PC, PSL-,  du Mouvement de Gauche également, des mouvements sociaux ou encore des personnes qui aspirent à la mise en œuvre d’une véritable alternative anticapitaliste, au rassemblement des forces de gauches pour la mettre en œuvre.
Appel à un rassemblement politique à  gauche du parti socialiste et d’Ecolo
« Il faut le dire clairement, signale d’emblée Daniel Piron, le Parti socialiste ne représente plus pour nous aujourd’hui le relai naturel de la FGTB ». Et d’évoquer, ces 20 dernières années, avec le retour des socialistes au gouvernement, la réforme de l’enseignement durement payée par les enseignants, le plan global, le pacte des générations, le contrôle de la disponibilité des chômeurs, et, pour couronner le tout, les décisions budgétaires 2012 du gouvernement Di Rupo 1er, « ce plan d’austérité et de régression sociale le plus dur qu’on ait connu, avec ce bain de sang social surtout pour les chômeurs ». « Après la grève générale de fin janvier 2012, continue le secrétaire régional de la FGTB de Charleroi, nous avons tenu une assemblée des militants syndicaux. Nombre de ceux-ci, en proximité avec le PS, ont dit « le PS nous a trahis ».
Daniel Piron a précisé le sens de l’appel du 1er mai : appel à un rassemblement politique à gauche du PS et d’Ecolo. « Ce que nous voulons, ce n’est pas  pousser à la création d’un parti de plus à gauche, mais  de fédérer à la gauche du PS et Ecolo. Il y a là des forces vives, actives, militantes et anticapitalistes porteuses d’espoir pour le monde du travail ». Appel sans exclusives : « la FGTB de Charleroi a rencontré d’abord la section du Hainaut de la LCR, suite à la lettre ouverte, adressée aux syndicalistes par la Ligue Communiste révolutionnaire. Nous sommes en contact également avec le PTB, le PC, PSL ; et puis, on peut aussi rallier des militant/e/s  de la gauche chrétienne, également du PS, d’Ecolo, déçus, sans pour autant faire un rassemblement des déçus ».  Appel à un rassemblement sur la base d’un programme anticapitaliste : « C’est en toute indépendance syndicale –car le syndicat n’a pas vocation d’être un parti-, mais sur la base d’un programme syndical anticapitaliste, déjà présent, pour une bonne part, dans les congrès de la FGTB wallonne, que nous allons continuer à interpeller les organisations et les militants de la gauche de gauche ». Un appel à concrétiser, mais pas de manière précipitée : «  il faut prendre le temps de dialoguer avec l’ensemble des forces de gauche, ce que nous ferons après les élections communales. Mais, l’urgence est là également. Attention à l’extrême-droite ! ».

Nico Cué enchaîne sur le constat fait par Daniel Piron : « le PS est au pouvoir depuis 25 ans. Après le plan global, la norme salariale en 1996, le Pacte des générations, soi-disant pour garantir l’avenir des plus jeunes, nous voici maintenant avec un plan d’austérité, de régression sociale du gouvernement Di Rupo, un programme du MR au carré ! ». Et de souligner, lui aussi, les violentes attaques contre les chômeurs : « Plus de 100 000 personnes vont voir, dans les deux prochaines années, leurs indemnités de chômage diminuer de manière drastique ; 30 000 jeunes vont perdre leurs indemnités de chômage. Est-ce que la situation économique justifie de telles mesures ? Non ! ». « A la FGTB Métallos Wallonie-Bruxelles, continue son secrétaire général, on considère que nous sommes dans un changement de régime. C’est le président de la Banque centrale européenne lui-même, Mario Draghi, qui le dit en proclamant que le modèle social européen est mort.  Un « modèle » établi après la 2ème guerre mondiale entre patronat, syndicats et gouvernements, impliquant une répartition plus ou moins équilibré des fruits de la croissance, de la production des richesses. C’en est fini : le grand capital et la dictature des marchés en ont décidé autrement ».  Nico Cué  souligne également un autre aspect de ce  changement de régime : « Est-on encore en démocratie ? L’Europe, la commission européenne, le Conseil européen sont en train d’imposer, avec la fameuse « règle d’or », des mesures d’austérité à l’ensemble des pays, sans que les parlements nationaux, démocratiquement élus, aient leur mot à dire ».
« On a un énorme besoin d’une alternative politique à gauche, une vraie alternative anticapitaliste », souligne notre syndicaliste. Et de lancer un appel : « Il est temps qu’on prenne bien conscience qu’il faut se rassembler à la gauche du PS. Il est grand temps que les organisations de la gauche de gauche arrêtent de se diviser, de penser dans sa chapelle, d’avoir raison contre les autres ».

Un débat constructif !
Le PS en a pris pour son grade ! « La politique social-démocrate a viré au social-libéralisme », constate un ancien secrétaire régional de la FGTB ; le relai politique du PS, « sans nous ce serait pire, ce serait le bain de sang social », a servi à faire passer des mesures de plus en plus antisociales ». Un délégué syndical parle du « pire plan d’austérité de l’après-guerre » et y va d’une réflexion quelque peu truculente : « Les cadres du MR n’ont plus besoin de viagra, parce qu’ils bandent tous les jours ». Un autre délégué pose la question aux deux orateurs: « l’appel au rassemblement politique de gauche a-t-il pour fonction d’être un aiguillon du PS ? Celui-ci peut-il encore  se replacer dans la défense inconditionnelle des travailleurs ? ».
« Nous sommes bien dans un basculement du monde », constate un autre intervenant. Au-delà des mesures d’austérité, c’est la destruction de tous les acquis du mouvement ouvrier depuis la 2ème guerre mondiale dont il s’agit ». Et d’ajouter : « comme le souligne la lettre ouverte de la LCR aux syndicalistes, ce gouvernement, comme les autres en Europe, veut casser la résistance du mouvement syndical, pousser les syndicats dans le coin pour lancer demain des attaques encore plus grandes. Il y a, dans plusieurs pays, de grande mobilisations sociales, des grèves générales, mais elles butent contre le mur du pouvoir en place. Le verrou est politique ».
Une grande partie du débat porte précisément sur le sens, la concrétisation de l’Appel à un rassemblement politique des forces à la gauche du PS et Ecolo, son caractère anticapitaliste, sa résonnance actuelle dans le mouvement syndical, les initiatives en cours et à poursuivre.
Attention à la précipitation, mais aussi à la lenteur, car il y a des opportunités à savoir saisir ! Attention à l’électoralisme, d’où l’importance d’articuler le débouché politique avec les luttes sociales.
Une autre réflexion largement partagées par plusieurs interventions : « Ce qui est fondamentalement différent de ce qu’on a connu jusqu’à présent, c’est que cet appel vient du mouvement syndical lui-même  et qu’il place les organisations de la gauche anticapitaliste devant leurs responsabilités. Cette responsabilité pourrait par exemple se concrétiser, à l’initiative  des porteurs de l’Appel syndical, en des actions, des mobilisations unitaires sur les principales attaques actuelles du gouvernement et du patronat, la suppression et la dégressivité des allocations de chômage, les prochaines mesures budgétaires, par exemple ».

Quelques éléments de clarification      
Daniel Piron et Nico Cué, sur la même longueur d’onde, allaient, en conclusion, apporter quelques éléments de réponse aux questions et aux nombreuses interventions.
« Un sursaut à l’intérieur du PS, on aimerait bien, mais nous n’y croyons pas. Le rassemblement auquel nous voulons travailler, en toute indépendance syndicale,
c’est bien pour nous la construction d’une force politique de gauche anticapitaliste, crédible, unitaire pour concrétiser une véritable alternative, pas seulement sur la plan électoral, mais pour agir et peser sur le terrain,  dans la lutte de classe, une lutte qui va être de plus en plus dure ».
« Il faut se dépêcher lentement », souligne Nico Cué. « Il faut s’accorder sur le rythme, car nous sommes dans un tournant historique. Si on ne saisit pas ce moment, je ne donne pas cher pour que, dans les 5 années qui viennent, on ne se retrouve en prison pour des faits de grèves, pour des actions syndicales un peu musclées. Voyez Mme Milquet, notre ministre de l’Intérieur, qui, après les incidents de Molenbeek, fait le forcing pour interdire les organisations radicales ». Et d’insister à nouveau sur la responsabilité des organisations de la gauche radicale.
« Ca commence à bouger au sein de la FGTB », soulignent nos deux syndicalistes. Au-delà de la FGTB de Charleroi, l’Exécutif des Métallos FGTB est dans cette démarche ; la Centrale Générale lance le débat et à la FGTB wallonne, on en discute également. Mais, pour nos deux syndicalistes, l’important aujourd’hui, « c’est de mener un débat en profondeur en interne, dans les structures syndicales, jusque dans les entreprises ».
« L’histoire nous donnera raison », conclut Daniel Piron. « Un plan de relance comme nous le voulons, ça ne se fera pas. Le gouvernement a décidé d’aller trouver encore quelque 15 milliards d’euros, d’ici 2015, pour combler le déficit budgétaire. Cela va encore donner une plus grande résonnance à notre Appel.
En attendant, on ne se croise pas les bras. Nos orateurs  ont annoncé la préparation de mobilisations syndicales pour la mi-septembre.
A nous d’être à leurs côtés !    

20/06/2012

Trouver un travail même précaire ou tomber sous le seuil de pauvreté et l’exclusion !


Depuis 2004, l’accompagnement et le contrôle des travailleurs sans-emploi ont subi de profondes modifications. Présentée par les gouvernements successifs comme une façon d’aider les travailleurs sans emploi à mieux retrouver un travail, tout au contraire, cette politique d’activation des allocations de chômage fait peser sur eux la menace constante de suspensions ou d’exclusions. Ces changements répondent à deux impératifs : d’une part, faire rembourser par les personnes les plus fragilisées une dette dont elles ne sont pas responsables, puisque provoquée par les banques, les financiers spéculateurs et des actionnaires peu scrupuleux. D’autre part, faire pression sur les travailleurs sans emploi pour qu’ils acceptent n’importe quel boulot dans n’importe quelle condition et ainsi donner entière satisfaction au patronat qui veut un marché flexible du travail avec la main d’œuvre la moins chère possible (CDD, temps partiel, emplois intérimaires à la journée ou à la semaine pendant plusieurs années,…).
Les réformes sur le droit aux allocations de chômage et la précarisation du marché de l’emploi exercent une pression sur les conditions de travail et de salaire de tous. Le contrôle de la disponibilité des chômeurs organisé par l’ONEM, la transmission systématique des infos du FOREM vers l’ONEM provoquent déjà des dégâts sociaux importants depuis 2004. Les toutes dernières mesures prises par le gouvernement Di Rupo en matière d’allocations de chômage, directement liées au plan d’austérité inspiré par le pacte budgétaire européen, vont provoquer un véritable bain de sang social !

A la sortie de l’école, stage d’attente plus long et ensuite, allocations plus contrôlées !
A la sortie de l’école, le stage d’attente devient stage d’insertion et est allongé de trois mois. Il dure donc maintenant 12 mois au lieu de 9. Pendant cette période, il faudra faire la preuve d’une recherche active de travail et ne pas refuser une proposition de formation du service public régional de l’emploi. Le jeune sera convoqué tous les quatre mois dès le premier mois. Si ses efforts sont jugés insuffisants, il n’aura pas droit aux allocations. Avant le premier janvier 2012, les allocations auxquelles on pouvait prétendre après l’école s’appelaient allocations d’attente. Depuis le début de l’année, il s’agit d’allocations d’insertion. Une fois que le jeune y aura droit, il continuera d’être contrôlé et en cas d’évaluation négative, son allocation sera supprimée pendant six mois. En attendant les accords de coopération, le gouvernement fédéral fixerait dans un arrêté royal les procédures et les critères de contrôle des jeunes « allocataires d’insertion »
Au sortir de l’école, avant même d’avoir touché des allocations de chômage et souvent d’être syndiqués, les jeunes risquent déjà d’écoper de sanctions. S’ils atteignent les allocations d’insertion, pendant la durée de celles-ci, ils devront faire face à de multiples contrôles sous peine, au minimum, d’être suspendus durant de nombreux mois. Le contexte répressif augmente par rapport à eux comme s’ils étaient responsables du manque d’emploi ou du fait que les employeurs n’engagent pas sans exiger plusieurs années d’expérience, même quand se présentent à eux, de jeunes diplômés dans les métiers en pénurie. Dès le début du stage d’insertion, ils vivront avec ce couperet au-dessus de la tête alors que tout le monde sait que ceux qui intégreront le marché du travail, ne trouveront dans un premier temps que des emplois précaires, c’est-à-dire des CDD ou des contrats intérimaires ! Avec le volet emploi du plan de relance économique du gouvernement fédéral (qui devrait être finalisé d’ici fin juillet 2012) il se pourrait même que le seul accès au marché du travail se fasse dans un premier temps par le biais d’un stage en entreprise !

Les allocations d’insertion sont limitées dans le temps !
Depuis l’avènement du contrôle de la disponibilité des chômeurs en 2004, le PS et le CDH nous disaient que ce système constituait une protection contre la limitation des allocations de chômage dans le temps. Pour notre part, nous n’avons jamais cessé de démontrer qu’il était au contraire une porte grande ouverte vers cette limitation. Et nous y voici effectivement puisque les allocations dites maintenant d’insertion sont limitées à trois ans pour les cohabitants non privilégiés (peu importe leur âge) tandis que pour les cohabitants privilégiés, les isolés et les chefs de ménage, cette limitation à trois ans prend cours à partir de l’âge de 30 ans. Le délai de trois ans pourra être prolongé si le demandeur d’emploi a travaillé 156 jours durant les deux dernières années. Pour les personnes reconnues par le médecin de l’ONEM en incapacité d’au moins 33 %, cette limitation a été portée à 5 ans mais selon des infos encore officieuses, ces demandeurs d’emploi jusque là exempts du contrôle de la disponibilité, devraient, eux aussi, s’y soumettre.
Insistons sur le fait que la limitation dans le temps des allocations d’insertion ne concernent pas que les jeunes qui sortent de l’école. En effet, vu la crise économique structurelle du capitalisme et le manque de possibilités d’emploi depuis le début des années 80, un nombre important de travailleurs sans emploi sont restés en allocations d’insertion (anciennement d’attente) et n’ont jamais travaillé assez longtemps que pour percevoir des allocations de chômage sur la base d’un travail. Tous ceux-là aussi, chômeurs de longue durée,  en situation déjà très précaire, sont menacés d’exclusion au premier janvier 2015. Il s’agit donc également d’une attaque frontale contre tous les travailleurs sans emploi de longue durée, c’est-à-dire celles et ceux qui ont été peu à l’école, qui ont des difficultés de lecture et d’écriture et qui sont déjà dans des situations sociales inextricables. Les femmes cohabitantes, contraintes aux tâches ménagères et d’éducation des enfants et qui n’ont jamais travaillé le temps nécessaire  que pour pouvoir accéder aux allocations de chômage sur la base d’un travail, paieront elles aussi un lourd tribu à cette mesure de limitation dans le temps des allocations d’insertion. Les femmes seules avec enfants, qui doivent déjà affronter énormément de difficultés au quotidien et qui à cause de celles-ci, ont eu peu de possibilités pour accéder au travail ou au temps plein, feront aussi les frais de cette mesure.

La réforme des allocations de chômage :
Outre la dégressivité (voir plus bas), elle comprend plusieurs autres volets.
Contrôle de la disponibilité régionalisé et étendu aux plus de 50 ans !
Notons tout d’abord que le contrôle de la disponibilité organisé par l’ONEM depuis 2004 sera régionalisé. En Wallonie, ce contrôle serait pris en charge par un organisme d’intérêt public à créer mais cette info reste à vérifier. Signalons que la FGTB, principalement dans sa composante wallonne, a toujours revendiqué la suppression de ce système. Nous espérons que cette revendication continuera à s’exprimer avec la même teneur et la même force dans les semaines et les mois qui viennent. Depuis 2004, ECOLO s’est toujours prononcé contre ce contrôle. Mais alors, comment se fait-il que ce parti ait accepté ce transfert de compétence tel quel dans le cadre des négociations sur la réforme de l’état ? Etant au gouvernement wallon, acceptera-t-il sa mise en place sans le critiquer alors que celui-ci sera amplifié et étendu jusqu’à 55 ans en 2013 et jusqu’à 58 ans en 2016 et plus si les Régions le veulent ?
La notion d’emploi convenable modifiée
Auparavant, au bout de six mois, un travailleur sans emploi était obligé d’élargir sa recherche à d’autres domaines que le sien. Avec les mesures du gouvernement papillon, il devra le faire maintenant au bout de trois mois de chômage seulement. De plus, la distance jusqu’à laquelle un travail est considéré comme acceptable passe de 25 kms à 60 kms, et cela, quelle que soit la durée de déplacement.
Elargissement de l’obligation passive de disponibilité
Cette obligation sera élargie jusqu’à l’âge de 60 ans à partir de 2013. C’est-à-dire que les travailleurs sans emploi et les prépensionnés seront obligés d’accepter jusqu’à cette âge là toute offre d’emploi dite convenable !
Dégressivité des allocations de chômage
A partir du 1er novembre 2012, la dégressivité des allocations de chômage se mettra en place. Cette dégressivité constitue un véritable chantage imposé à tous les travailleurs sans emploi. S’ils ne trouvent pas de travail, ils tomberont au bout d’une certaine période dans des allocations de chômage en dessous des seuils de pauvreté européen. Deux cent mille personnes, principalement des chefs de ménage et des isolés risquent de tomber dans ce piège à la précarité tendu par le gouvernement papillon. Dans ces conditions, comment la Belgique compte-t-elle remplir ses engagements vis-à-vis de l’Europe qui étaient de réduire d’ici à 2020 de 380.000 le nombre de nos citoyens touchés par la pauvreté ? Comment un gouvernement, sensé travailler pour l’amélioration du bien être de toute la collectivité, peut-il ainsi décider volontairement de faire baisser les revenus du chômage en dessous des seuils de pauvreté et placer un nombre important de personnes dans des situations de dettes, de difficultés pour payer le loyer ou se loger, de gros problèmes pour se soigner ou même manger ! Comment feront-ils tous ces demandeurs d’emploi pour retrouver un travail avec toutes ces problèmes sur le dos ?
De plus, faire payer ainsi la facture aux chômeurs alors qu’il n’y a qu’une seule offre d’emploi disponible pour 25 demandeurs en Wallonie et que le gouvernement renonce à développer une politique publique de création d’emplois de qualité pour tous, c’est inadmissible !

 Voici les principales étapes de la dégressivité
des allocations de chômage :
PREMIERE PERIODE :
Dans la première phase de la  première période, les allocations seront plus élevées qu’actuellement. Les travailleurs sans emploi toucheront durant les trois premiers mois 65% du salaire brut perdu plafonné à 2370,76Les trois mois suivants tombent déjà à 60% du salaire brut perdu plafonné à 2370,76
Dans la seconde phase de cette première période, pendant les six mois qui suivent, le travailleur sans emploi percevra une allocation calculée sur la base de 60% du salaire brut perdu plafonné à 2209,59
SECONDE PERIODE :
Selon le passé professionnel de chaque demandeur d’emploi, elle pourra durer de 2 à 36 mois.
Dans la première phase de cette seconde période, pendant une période de 2 mois plus 2 mois par année de passé professionnel avec un maximum de 12 mois en tout, 60% du salaire brut perdu plafonné à 2064,81 pour les chefs de ménage, 55% du salaire brut perdu plafonné à 2019,88 pour les isolés et 40% du salaire brut perdu plafonné à 2019,88pour les cohabitants.
Dans la seconde phase de cette seconde période, pendant les 24 mois suivants maximum (toujours par tranche de deux mois supplémentaires par année de passé professionnel), les allocations diminueront chaque semestre pour tous les chômeurs jusqu’au forfait.
TROISIEME PERIODE EST EGALE AU FORFAIT :
Chef de ménage : 1090
Isolé : 916
Cohabitant : 484































Rupture avec le caractère assurantiel des allocations de chômage :
Depuis 2004, toutes les mesures de réforme des allocations de chômage, y compris celles qui concernent l’accompagnement des chômeurs organisées par le service public régional de l’emploi, rendent complètement aléatoires la protection sociale de tous les travailleurs victimes de licenciements souvent dus à des restructurations ou délocalisations voulues par des actionnaires avides d’augmenter leurs profits personnels. Le contrôle de la disponibilité, l’accompagnement individualisé des services régionaux de l’emploi, la transmission systématique des données de ces services vers l’ONEM, le stage d’attente qui devient stage d’insertion, imposent aux jeunes et aux travailleurs sans emploi de prouver qu’ils recherchent activement du travail pour avoir accès aux allocations de chômage ou pour pouvoir continuer à en bénéficier. Depuis 2004, nous sommes entrés dans l’ère de la sécurité sociale au mérite. Pour les plus jeunes, ouvrir le droit aux allocations d’insertion va dépendre d’obligations à respecter pendant la période de stage et pour tous les chômeurs, depuis 2004, pour garder les allocations, il faut respecter des conditions subjectives fixées par l’ONEM ou les services régionaux de l’emploi dans des contrats. Soumis à de multiples évaluations, tous les travailleurs sans emploi sont susceptibles de subir un jour ou l’autre une sanction. Avec la limitation dans le temps des allocations d’insertion et la dégressivité des allocations de chômage, le gouvernement papillon vient de franchir une étape supplémentaire. Alors que le contrôle de la disponibilité impose l’obligation de faire la preuve de recherches actives d’un travail, maintenant, en plus, il va falloir absolument en trouver un, même précaire, pour échapper à l’exclusion ou à de maigres allocations ! la Sécurité Sociale constituait le premier rempart contre la pauvreté. Grâce aux gouvernements qui se sont succédé depuis 2004, ce n’est plus le cas. Dès lors, pas étonnant que le nombre de personnes confrontées à la pauvreté ait augmenté fortement dans notre pays et que les CPAS se sentent démunis face à l’afflux des demandes d’aides sociales qu’ils doivent assumer sans refinancement. Et comme devoir accepter n’importe quel travail va devenir nécessaire pour échapper aux sanctions ou à la dégressivité, le fait de travailler ne sera pas non plus la garantie de sortir de la précarité. Les patrons se frottent les mains car ils vont pouvoir exploiter la main d’œuvre disponible aux conditions qu’ils souhaitent. De plus, dans le cadre de la politique de relance économique voulue par le gouvernement, ils vont continuer à bénéficier de baisses de charge et d’avantages fiscaux sans contrepartie !

Stop à la chasse aux chômeurs, annulation de la dette, retour au caractère assurantiel des allocations de chômage !
Ce ne sont pas les chômeurs qui sont indisponibles, c’est l’emploi ! Ce ne sont pas les jeunes, les femmes ni l’ensemble des travailleurs qui sont responsables des crises financières et de la dette ! Dès lors, par nos mobilisations, nous devons imposer des revendications qui font payer les crises par ceux qui les ont provoquées ainsi qu’une politique qui rétablit le caractère assurantiel des allocations de chômage et la création d’emplois de qualité pour tous.
Ce sont les banques qui ont provoqué la dette par des opérations de spéculation financière. Celle-ci doit être soumise à un audit. Le gouvernement ne devrait pas imposer le remboursement des parties illégitimes de la dette aux travailleurs avec ou sans emploi. Ces derniers voient leurs droits réduits à néant tandis que les banquiers ont bénéficié de centaines de milliards pour se renflouer. Réduire cette soi-disant dette publique que le gouvernement (c’est-à-dire toute la collectivité) aurait vis-à-vis des banques et des marchés financiers, c’est  démanteler nos droits sociaux et nos services publics. C’est favoriser la précarisation du marché du travail. STOP, nous sommes la majorité de la population! Nous n’avons pas à payer pour une minorité qui veut encore plus de richesses alors qu’elle en possède déjà une toute grande partie ! Nous revendiquons l’annulation de la dette illégitime ainsi que le retrait de toutes les mesures prises contre les chômeurs depuis 2004.
- Création d’emplois de qualité pour tous !
Ce dont la population a besoin, c’est d’une véritable politique de création d’emplois de qualité pour tous.
C’est possible, par :
-  la réduction du temps de travail, sans augmentation de la flexibilité, sans perte de salaire et avec embauches compensatoires.
-  Un plan public de création d’emplois qui soit respectueux de l’équilibre écologique, dans des activités qui correspondent aux besoins sociaux de toute la collectivité.
Ces deux mesures essentielles pourraient être financées par l’annulation de la dette illégitime, un impôt plus juste et plus progressif, la suppression des intérêts notionnels, une lutte efficace contre la fraude fiscale (20 milliards par an), une taxe sur les transactions financières,…
Pour que tous nous puissions avoir accès à une vie décente, il faudra imposer par nos luttes une répartition équitable des richesses pour une politique assurant à chacune et chacun un emploi de qualité et le maintien d’une sécurité sociale forte qui protège véritablement de la pauvreté. Au lieu de faire la chasse aux chômeurs, les pouvoirs publics devraient s’inspirer de nos propositions car ils devraient être au service de la majorité de la population et pas, comme actuellement, à celui d’une minorité de financiers et de gros actionnaires avides de profits.

Freddy Bouchez
Coordinateur de l’ASBL CEPRé (Centre d’Education Populaire Régional)
Militant de la FGTB/Centre.

16/06/2012

SETCa Charleroi : la Gauche est-elle soluble dans l’austérité ?


Ce jeudi 14 juin, le SETCa de Charleroi a offert une tribune aux partis « de gauche » devant son Comité Exécutif. C’est évidemment dans le cadre de la dynamique lancée par la FGTB Charleroi le 1er mai autour de la constitution d’une force politique à gauche du PS et d’Ecolo que cette initiative se situe. Devant quelques dizaines de militants, le Secrétaire Général du SETCa, Rudy Pirquet, plante d’emblée de débat dans un cadre clair : les partis de gauche doivent-ils se retrouver dans un gouvernement pour appliquer des mesures de droite ? Sont-ils encore de gauche ?
En obtenant la parole en première, Ozlem Ozen, vice-présidente de la Fédération PS de Charleroi et députée fédérale, n’avait pas vraiment un cadeau. Il fallait un certain courage pour oser dire que « le PS se bat pour faire barrage au maximum aux politiques libérales »… et d’ajouter que c’est grâce au PS qu’on n’a pas de nouveaux impôts et qu’on a gardé l’index ! Elle reprend alors tout les arguments (« le moindre mal », « sans nous, ce serait pire, regardez la Grèce et la Roumanie », « on a augmenté le salaire minimum, ailleurs il baisse », « on n’a pas limité le chômage dans le temps ») que le Secrétaire de la FGTB avait démonté lors de son discours de 1er Mai.
Benjamin Dusaussois pour le PSL et Bernard Wesphael (MG en constitution) repartent du cadre européen, niveau auquel de nombreuses politiques d’austérité sont élaborées. B Wesphael, rappelle qu’il fut seul en 2005 à voter contre le traité constitutionnel européen, au niveau Wallon. Il rappelle qu’à l’époque la Confédération Européenne des Syndicats était pour…
Au nom de la LCR, Freddy Mathieu a rappelé la « lettre ouverte aux syndicalistes » qui circule dans les milieux syndicaux depuis la mi-janvier : partant du constat que la social-démocratie (rose ou verte) est totalement convertie « au marché » il décrit comment le mouvement syndical a été conduit dans une impasse. Les « relais politiques » et la « courroie de transmission » fonctionnent à contresens, pour faire passer les mesures antisociales auprès des travailleurs. Il prend à contrepied les arguments de la représentante du PS en décrivant comment trente années du PS au pouvoir ont abouti au détricotage de la Sécurité Sociale (notamment en matière de chômage et de pensions) et à la « note Di Rupo » de juillet 2011, un copié/collé du fameux « modèle allemand » qui brade les conditions de travail et la protection sociale. Si le syndicat veut sortir de cette ornière, dit-il, il doit prendre des initiatives, en toute indépendance. Cela changerait la donne à gauche.
Germain Mugemangango (du PTB) a acté plusieurs points de convergence avec les trois intervenants qui le précédaient. Il a marqué son intérêt pours les déclarations de Daniel Piron le 1er mai, mais il pense que les organisations de la gauche radicale doivent prendre des initiatives diverses (notamment lors de scrutins comme les élections communales) pour se rapprocher et offrir la réponse unitaire attendue par le syndicat.
Isabelle Meerhaeghe (Ecolo) a critiqué vertement le PS mais n’a pas pu démarquer la politique gouvernementale d’Ecolo aux gouvernements, wallon et communautaire, de « la bonne gouvernance » qui est un des thèmes chers aux milieux pro-austérité européens. Elle s’est empêtrée dans une pseudo explication du vote des écologistes en soutien au MES (« le mécanisme pas le traité »)… Ce qui lui valut une réplique vive de Freddy Mathieu et Bernard Wesphael à propos des conséquences automatiques, inéluctables d’une acceptation parlementaire de ces nouveaux mécanismes européens. « Des gouverneurs intouchables, incontrôlables, décideront du montant que les pays devront débourser pour aider d’autres pays à aider leurs banques comme en Espagne, sans débat, sans décisions démocratiques et puis on nous redira encore que c’est l’Europe qui décide au-dessus » s’emporte Freddy Mathieu d’accord avec B. Wesphael pour dire que le mouvement syndical doit bloquer ce dossier par une mobilisation urgente et vigoureuse.
Plusieurs militants de l’Exécutif du SETCa sont intervenus notamment à propos de la coupure qui s’approfondit entre le PS et les travailleurs, à propos de l’index, de la pauvreté galopante, particulièrement dans la région de Charleroi.
Dans la deuxième partie du débat, la question centrale était de définir les possibilités de « création d’un nouvelle force politique à gauche du PS et d’Ecolo » ainsi que l’exprimait la FGTB le 1er mai. Rudy Piquet rappelle que Paul Magnette trouve cette proposition « folklorique »…
C’est Freddy Mathieu qui ouvrait le feu sur cette question. « Pour la LCR dit-il, petite organisation on ne vient pas vendre nos salades, on pense que c’est au mouvement syndical de donner le tempo et le contenu d’un telle dynamique, il en a la représentativité (3 millions de syndiqués) ; la compétence, l’expertise (il défend au quotidien les travailleurs avec ou sans emploi et connait leurs situations concrètes) ; les forces militantes (des milliers de délégués dévoués, élus par les travailleurs). » L’addition des petites forces des petites organisations de la gauche radicale est souhaitable mais pas suffisante, estime t’il, on a besoin d’une autre alchimie pour (re)construire une vrai parti de classe qui s’appuie avant tout sur la lutte des travailleurs. Appuyant les  interventions dans la salle, il continue « C’est totalement réducteur de dire que c’est le PS qui a sauvé l’index ; la droite et les milieux patronaux ont peur d’attaquer de front sur cette question à cause de la force de mobilisation syndicale qui reste, malgré les coups, relativement intacte, nous ne pouvons compter que sur nos forces».
Bernard Wespahael estime qu’avec la création du MG il n’y a rien à créer en plus, se défendant de diviser la gauche, comme certains le lui ont reproché personnellement. Le PSL s’est dit d’accord avec la notion de « parti de classe » plaidant pour un vrai débat entre les différents courants de la gauche radicale qui devraient y coexister. Le PTB et Ecolo sont restés assez évasifs sur cette question. Ecolo en particulier se limitant à reparler des « convergences à gauche », projet sans lendemains du PS pour phagocyter Ecolo,  auxquelles le parti vert préfère une « gauche réunie, pluraliste », comment ? avec qui ?
Ce débat a mis en évidence la recherche d’alternatives chez les militants syndicaux, mais aussi l’immense travail de conviction qui doit être fait avec les bases syndicales que l’offensive idéologique de la droite, soutenue et répercutée par la pseudo-gauche, a labouré pendant des décennies.

Correspondant
14 juin 2012