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02/05/2013

« Nous ne pouvons compter que sur nos propres forces, nos propres luttes! »


Intervention TSE  à « la géode » le 27 avril 2013
Par Christiane Maigre
 


Bonjour à toutes et tous,

En 2004, le gouvernement fédéral introduisait, dans la réglementation du chômage, une nouvelle procédure dite d’activation du comportement de recherche d’emploi.
À quoi cela a-t-il servi ?
A convoquer régulièrement les travailleurs sans emploi à l’ONEm pour se justifier.
Cela a été une manière de transférer sur les travailleurs sans emploi la responsabilité de leur situation, alors que le manque d’emplois est une réalité économique. On ne demande pas au chômeur de trouver un emploi mais de chercher pour chercher.
Le chômeur qui ne répond pas aux critères sur sa recherche d’emploi doit signer un contrat unilatéral.
Il faut savoir que le «suivi» effectué par les facilitateurs de l’0nem se réduit en général à faire signer par les chômeurs, évalués négativement, au terme d’entretiens expédiés en quelques minutes, un formulaire pré-imprimé qui contient une série de clauses stéréotypées non négociées, telles que: envoyer dix CV, consulter douze offres d’emploi sur internet, s’inscrire dans quatre agences d’intérim, ou encore, mais si l’on est une femme seulement, aller se présenter aux titres-services.

20/06/2012

Trouver un travail même précaire ou tomber sous le seuil de pauvreté et l’exclusion !


Depuis 2004, l’accompagnement et le contrôle des travailleurs sans-emploi ont subi de profondes modifications. Présentée par les gouvernements successifs comme une façon d’aider les travailleurs sans emploi à mieux retrouver un travail, tout au contraire, cette politique d’activation des allocations de chômage fait peser sur eux la menace constante de suspensions ou d’exclusions. Ces changements répondent à deux impératifs : d’une part, faire rembourser par les personnes les plus fragilisées une dette dont elles ne sont pas responsables, puisque provoquée par les banques, les financiers spéculateurs et des actionnaires peu scrupuleux. D’autre part, faire pression sur les travailleurs sans emploi pour qu’ils acceptent n’importe quel boulot dans n’importe quelle condition et ainsi donner entière satisfaction au patronat qui veut un marché flexible du travail avec la main d’œuvre la moins chère possible (CDD, temps partiel, emplois intérimaires à la journée ou à la semaine pendant plusieurs années,…).
Les réformes sur le droit aux allocations de chômage et la précarisation du marché de l’emploi exercent une pression sur les conditions de travail et de salaire de tous. Le contrôle de la disponibilité des chômeurs organisé par l’ONEM, la transmission systématique des infos du FOREM vers l’ONEM provoquent déjà des dégâts sociaux importants depuis 2004. Les toutes dernières mesures prises par le gouvernement Di Rupo en matière d’allocations de chômage, directement liées au plan d’austérité inspiré par le pacte budgétaire européen, vont provoquer un véritable bain de sang social !

A la sortie de l’école, stage d’attente plus long et ensuite, allocations plus contrôlées !
A la sortie de l’école, le stage d’attente devient stage d’insertion et est allongé de trois mois. Il dure donc maintenant 12 mois au lieu de 9. Pendant cette période, il faudra faire la preuve d’une recherche active de travail et ne pas refuser une proposition de formation du service public régional de l’emploi. Le jeune sera convoqué tous les quatre mois dès le premier mois. Si ses efforts sont jugés insuffisants, il n’aura pas droit aux allocations. Avant le premier janvier 2012, les allocations auxquelles on pouvait prétendre après l’école s’appelaient allocations d’attente. Depuis le début de l’année, il s’agit d’allocations d’insertion. Une fois que le jeune y aura droit, il continuera d’être contrôlé et en cas d’évaluation négative, son allocation sera supprimée pendant six mois. En attendant les accords de coopération, le gouvernement fédéral fixerait dans un arrêté royal les procédures et les critères de contrôle des jeunes « allocataires d’insertion »
Au sortir de l’école, avant même d’avoir touché des allocations de chômage et souvent d’être syndiqués, les jeunes risquent déjà d’écoper de sanctions. S’ils atteignent les allocations d’insertion, pendant la durée de celles-ci, ils devront faire face à de multiples contrôles sous peine, au minimum, d’être suspendus durant de nombreux mois. Le contexte répressif augmente par rapport à eux comme s’ils étaient responsables du manque d’emploi ou du fait que les employeurs n’engagent pas sans exiger plusieurs années d’expérience, même quand se présentent à eux, de jeunes diplômés dans les métiers en pénurie. Dès le début du stage d’insertion, ils vivront avec ce couperet au-dessus de la tête alors que tout le monde sait que ceux qui intégreront le marché du travail, ne trouveront dans un premier temps que des emplois précaires, c’est-à-dire des CDD ou des contrats intérimaires ! Avec le volet emploi du plan de relance économique du gouvernement fédéral (qui devrait être finalisé d’ici fin juillet 2012) il se pourrait même que le seul accès au marché du travail se fasse dans un premier temps par le biais d’un stage en entreprise !

Les allocations d’insertion sont limitées dans le temps !
Depuis l’avènement du contrôle de la disponibilité des chômeurs en 2004, le PS et le CDH nous disaient que ce système constituait une protection contre la limitation des allocations de chômage dans le temps. Pour notre part, nous n’avons jamais cessé de démontrer qu’il était au contraire une porte grande ouverte vers cette limitation. Et nous y voici effectivement puisque les allocations dites maintenant d’insertion sont limitées à trois ans pour les cohabitants non privilégiés (peu importe leur âge) tandis que pour les cohabitants privilégiés, les isolés et les chefs de ménage, cette limitation à trois ans prend cours à partir de l’âge de 30 ans. Le délai de trois ans pourra être prolongé si le demandeur d’emploi a travaillé 156 jours durant les deux dernières années. Pour les personnes reconnues par le médecin de l’ONEM en incapacité d’au moins 33 %, cette limitation a été portée à 5 ans mais selon des infos encore officieuses, ces demandeurs d’emploi jusque là exempts du contrôle de la disponibilité, devraient, eux aussi, s’y soumettre.
Insistons sur le fait que la limitation dans le temps des allocations d’insertion ne concernent pas que les jeunes qui sortent de l’école. En effet, vu la crise économique structurelle du capitalisme et le manque de possibilités d’emploi depuis le début des années 80, un nombre important de travailleurs sans emploi sont restés en allocations d’insertion (anciennement d’attente) et n’ont jamais travaillé assez longtemps que pour percevoir des allocations de chômage sur la base d’un travail. Tous ceux-là aussi, chômeurs de longue durée,  en situation déjà très précaire, sont menacés d’exclusion au premier janvier 2015. Il s’agit donc également d’une attaque frontale contre tous les travailleurs sans emploi de longue durée, c’est-à-dire celles et ceux qui ont été peu à l’école, qui ont des difficultés de lecture et d’écriture et qui sont déjà dans des situations sociales inextricables. Les femmes cohabitantes, contraintes aux tâches ménagères et d’éducation des enfants et qui n’ont jamais travaillé le temps nécessaire  que pour pouvoir accéder aux allocations de chômage sur la base d’un travail, paieront elles aussi un lourd tribu à cette mesure de limitation dans le temps des allocations d’insertion. Les femmes seules avec enfants, qui doivent déjà affronter énormément de difficultés au quotidien et qui à cause de celles-ci, ont eu peu de possibilités pour accéder au travail ou au temps plein, feront aussi les frais de cette mesure.

La réforme des allocations de chômage :
Outre la dégressivité (voir plus bas), elle comprend plusieurs autres volets.
Contrôle de la disponibilité régionalisé et étendu aux plus de 50 ans !
Notons tout d’abord que le contrôle de la disponibilité organisé par l’ONEM depuis 2004 sera régionalisé. En Wallonie, ce contrôle serait pris en charge par un organisme d’intérêt public à créer mais cette info reste à vérifier. Signalons que la FGTB, principalement dans sa composante wallonne, a toujours revendiqué la suppression de ce système. Nous espérons que cette revendication continuera à s’exprimer avec la même teneur et la même force dans les semaines et les mois qui viennent. Depuis 2004, ECOLO s’est toujours prononcé contre ce contrôle. Mais alors, comment se fait-il que ce parti ait accepté ce transfert de compétence tel quel dans le cadre des négociations sur la réforme de l’état ? Etant au gouvernement wallon, acceptera-t-il sa mise en place sans le critiquer alors que celui-ci sera amplifié et étendu jusqu’à 55 ans en 2013 et jusqu’à 58 ans en 2016 et plus si les Régions le veulent ?
La notion d’emploi convenable modifiée
Auparavant, au bout de six mois, un travailleur sans emploi était obligé d’élargir sa recherche à d’autres domaines que le sien. Avec les mesures du gouvernement papillon, il devra le faire maintenant au bout de trois mois de chômage seulement. De plus, la distance jusqu’à laquelle un travail est considéré comme acceptable passe de 25 kms à 60 kms, et cela, quelle que soit la durée de déplacement.
Elargissement de l’obligation passive de disponibilité
Cette obligation sera élargie jusqu’à l’âge de 60 ans à partir de 2013. C’est-à-dire que les travailleurs sans emploi et les prépensionnés seront obligés d’accepter jusqu’à cette âge là toute offre d’emploi dite convenable !
Dégressivité des allocations de chômage
A partir du 1er novembre 2012, la dégressivité des allocations de chômage se mettra en place. Cette dégressivité constitue un véritable chantage imposé à tous les travailleurs sans emploi. S’ils ne trouvent pas de travail, ils tomberont au bout d’une certaine période dans des allocations de chômage en dessous des seuils de pauvreté européen. Deux cent mille personnes, principalement des chefs de ménage et des isolés risquent de tomber dans ce piège à la précarité tendu par le gouvernement papillon. Dans ces conditions, comment la Belgique compte-t-elle remplir ses engagements vis-à-vis de l’Europe qui étaient de réduire d’ici à 2020 de 380.000 le nombre de nos citoyens touchés par la pauvreté ? Comment un gouvernement, sensé travailler pour l’amélioration du bien être de toute la collectivité, peut-il ainsi décider volontairement de faire baisser les revenus du chômage en dessous des seuils de pauvreté et placer un nombre important de personnes dans des situations de dettes, de difficultés pour payer le loyer ou se loger, de gros problèmes pour se soigner ou même manger ! Comment feront-ils tous ces demandeurs d’emploi pour retrouver un travail avec toutes ces problèmes sur le dos ?
De plus, faire payer ainsi la facture aux chômeurs alors qu’il n’y a qu’une seule offre d’emploi disponible pour 25 demandeurs en Wallonie et que le gouvernement renonce à développer une politique publique de création d’emplois de qualité pour tous, c’est inadmissible !

 Voici les principales étapes de la dégressivité
des allocations de chômage :
PREMIERE PERIODE :
Dans la première phase de la  première période, les allocations seront plus élevées qu’actuellement. Les travailleurs sans emploi toucheront durant les trois premiers mois 65% du salaire brut perdu plafonné à 2370,76€ Les trois mois suivants tombent déjà à 60% du salaire brut perdu plafonné à 2370,76€
Dans la seconde phase de cette première période, pendant les six mois qui suivent, le travailleur sans emploi percevra une allocation calculée sur la base de 60% du salaire brut perdu plafonné à 2209,59€
SECONDE PERIODE :
Selon le passé professionnel de chaque demandeur d’emploi, elle pourra durer de 2 à 36 mois.
Dans la première phase de cette seconde période, pendant une période de 2 mois plus 2 mois par année de passé professionnel avec un maximum de 12 mois en tout, 60% du salaire brut perdu plafonné à 2064,81€ pour les chefs de ménage, 55% du salaire brut perdu plafonné à 2019,88€ pour les isolés et 40% du salaire brut perdu plafonné à 2019,88€ pour les cohabitants.
Dans la seconde phase de cette seconde période, pendant les 24 mois suivants maximum (toujours par tranche de deux mois supplémentaires par année de passé professionnel), les allocations diminueront chaque semestre pour tous les chômeurs jusqu’au forfait.
TROISIEME PERIODE EST EGALE AU FORFAIT :
Chef de ménage : 1090€
Isolé : 916€
Cohabitant : 484€































Rupture avec le caractère assurantiel des allocations de chômage :
Depuis 2004, toutes les mesures de réforme des allocations de chômage, y compris celles qui concernent l’accompagnement des chômeurs organisées par le service public régional de l’emploi, rendent complètement aléatoires la protection sociale de tous les travailleurs victimes de licenciements souvent dus à des restructurations ou délocalisations voulues par des actionnaires avides d’augmenter leurs profits personnels. Le contrôle de la disponibilité, l’accompagnement individualisé des services régionaux de l’emploi, la transmission systématique des données de ces services vers l’ONEM, le stage d’attente qui devient stage d’insertion, imposent aux jeunes et aux travailleurs sans emploi de prouver qu’ils recherchent activement du travail pour avoir accès aux allocations de chômage ou pour pouvoir continuer à en bénéficier. Depuis 2004, nous sommes entrés dans l’ère de la sécurité sociale au mérite. Pour les plus jeunes, ouvrir le droit aux allocations d’insertion va dépendre d’obligations à respecter pendant la période de stage et pour tous les chômeurs, depuis 2004, pour garder les allocations, il faut respecter des conditions subjectives fixées par l’ONEM ou les services régionaux de l’emploi dans des contrats. Soumis à de multiples évaluations, tous les travailleurs sans emploi sont susceptibles de subir un jour ou l’autre une sanction. Avec la limitation dans le temps des allocations d’insertion et la dégressivité des allocations de chômage, le gouvernement papillon vient de franchir une étape supplémentaire. Alors que le contrôle de la disponibilité impose l’obligation de faire la preuve de recherches actives d’un travail, maintenant, en plus, il va falloir absolument en trouver un, même précaire, pour échapper à l’exclusion ou à de maigres allocations ! la Sécurité Sociale constituait le premier rempart contre la pauvreté. Grâce aux gouvernements qui se sont succédé depuis 2004, ce n’est plus le cas. Dès lors, pas étonnant que le nombre de personnes confrontées à la pauvreté ait augmenté fortement dans notre pays et que les CPAS se sentent démunis face à l’afflux des demandes d’aides sociales qu’ils doivent assumer sans refinancement. Et comme devoir accepter n’importe quel travail va devenir nécessaire pour échapper aux sanctions ou à la dégressivité, le fait de travailler ne sera pas non plus la garantie de sortir de la précarité. Les patrons se frottent les mains car ils vont pouvoir exploiter la main d’œuvre disponible aux conditions qu’ils souhaitent. De plus, dans le cadre de la politique de relance économique voulue par le gouvernement, ils vont continuer à bénéficier de baisses de charge et d’avantages fiscaux sans contrepartie !

Stop à la chasse aux chômeurs, annulation de la dette, retour au caractère assurantiel des allocations de chômage !
Ce ne sont pas les chômeurs qui sont indisponibles, c’est l’emploi ! Ce ne sont pas les jeunes, les femmes ni l’ensemble des travailleurs qui sont responsables des crises financières et de la dette ! Dès lors, par nos mobilisations, nous devons imposer des revendications qui font payer les crises par ceux qui les ont provoquées ainsi qu’une politique qui rétablit le caractère assurantiel des allocations de chômage et la création d’emplois de qualité pour tous.
Ce sont les banques qui ont provoqué la dette par des opérations de spéculation financière. Celle-ci doit être soumise à un audit. Le gouvernement ne devrait pas imposer le remboursement des parties illégitimes de la dette aux travailleurs avec ou sans emploi. Ces derniers voient leurs droits réduits à néant tandis que les banquiers ont bénéficié de centaines de milliards pour se renflouer. Réduire cette soi-disant dette publique que le gouvernement (c’est-à-dire toute la collectivité) aurait vis-à-vis des banques et des marchés financiers, c’est  démanteler nos droits sociaux et nos services publics. C’est favoriser la précarisation du marché du travail. STOP, nous sommes la majorité de la population! Nous n’avons pas à payer pour une minorité qui veut encore plus de richesses alors qu’elle en possède déjà une toute grande partie ! Nous revendiquons l’annulation de la dette illégitime ainsi que le retrait de toutes les mesures prises contre les chômeurs depuis 2004.
- Création d’emplois de qualité pour tous !
Ce dont la population a besoin, c’est d’une véritable politique de création d’emplois de qualité pour tous.
C’est possible, par :
-  la réduction du temps de travail, sans augmentation de la flexibilité, sans perte de salaire et avec embauches compensatoires.
-  Un plan public de création d’emplois qui soit respectueux de l’équilibre écologique, dans des activités qui correspondent aux besoins sociaux de toute la collectivité.
Ces deux mesures essentielles pourraient être financées par l’annulation de la dette illégitime, un impôt plus juste et plus progressif, la suppression des intérêts notionnels, une lutte efficace contre la fraude fiscale (20 milliards par an), une taxe sur les transactions financières,…
Pour que tous nous puissions avoir accès à une vie décente, il faudra imposer par nos luttes une répartition équitable des richesses pour une politique assurant à chacune et chacun un emploi de qualité et le maintien d’une sécurité sociale forte qui protège véritablement de la pauvreté. Au lieu de faire la chasse aux chômeurs, les pouvoirs publics devraient s’inspirer de nos propositions car ils devraient être au service de la majorité de la population et pas, comme actuellement, à celui d’une minorité de financiers et de gros actionnaires avides de profits.

Freddy Bouchez
Coordinateur de l’ASBL CEPRé (Centre d’Education Populaire Régional)
Militant de la FGTB/Centre.

01/03/2012

Le Comité d'Action contre l'Austérité accueille le congrès du PS...


Dans le prolongement de la journée d’action syndicale européenne contre l’austérité, ce 29 février 2012, le Comité d’action contre l’austérité de l’ASBL CEPRé s’est rendu au congrès de la Fédération de Charleroi du Parti Socialiste qui se tenait à La Hestre pour y diffuser une lettre ouverte :

LETTRE OUVERTE AU PARTI SOCIALISTE
Nous sommes des militants regroupés au sein du Comité d’action contre l’austérité de l’ASBL CEPRé. Nous sommes des travailleurs, des chômeurs, des pensionnés, des militants de la FGTB et de mouvements associatifs.
Cela va bientôt faire trente ans que le PS nous dit : « sans nous, ce serait pire ». Lors des dernières élections, le PS a raflé la majorité des voix wallonnes en prédisant un bain de sang social si on ne votait pas pour lui…
-          Avoir co-décidé en 2004 un contrôle des chômeurs qui exclut régulièrement les personnes les plus fragilisées socialement, est-ce cela éviter le bain de sang social ?
-          Avoir contribué à des accords de coopération conduisant à une transmission systématique d’infos du FOREM vers l’ONEM avec pour conséquences une explosion des exclusions et des suspensions des allocations de chômage, est-ce cela éviter le bain de sang social ?
-          Prendre la tête d’un gouvernement qui impose la limitation dans le temps des allocations de chômage d’attente pouvant conduire en 2015 à l’exclusion de 50.000 personnes, est-ce cela éviter le bain de sang social ?
-          Prendre la tête d’un gouvernement qui impose une dégressivité des allocations de chômage conduisant à des plafonds de revenu en dessous des seuils de pauvreté, est-ce bien cela éviter le bain de sang social ?
-          Et que dire des mesures qui rendent plus difficile l’accès au crédit-temps et aux prépensions, qui allongent de deux ans à partir de 2016 l’accès à la pension anticipée.

Vous nous dites que toutes ces mesures sont inévitables si on veut sauvegarder notre modèle social. C’est faux ! Il convient de s’attaquer aux véritables causes du problème, pas à ceux qui en sont déjà les victimes. Il est quand même extraordinaire de constater que plus on démantèle la Sécurité Sociale, plus on prétend la sauvegarder ! En fait, d’année en année, de mesures en mesures, notre modèle social s’effondre augmentant considérablement la pauvreté et la précarité dans notre pays.
Les dettes sont illégitimes, ce ne sont pas des dépenses faites pour le bien être collectif, mais bien la conséquence du renflouement des banques privées. Les actionnaires avides de profit, la spéculation financière, sont à l’origine des crises. Il ne suffit pas de s’indigner verbalement des dérives de l’ultralibéralisme ou du capitalisme financier ; il est urgent de mettre en place une stratégie pour leur tenir tête en s’appuyant sur les mouvements de protestation de la population. Il est urgent de s’opposer fermement à des décisions prises dans les sphères financières et qui aboutissent à un appauvrissement croissant de l’ensemble des travailleurs avec ou sans emploi !
Des alternatives existent, notamment proposées par les organisations syndicales. Il est parfaitement absurde de faire payer aux travailleurs une crise dont ils ne sont en rien responsables. Au lieu d’accepter un traité européen nous contraignant à restreindre de plus en plus les investissements publics, nous estimons qu’un véritable parti de gauche devrait mener la bataille, aux côtés des travailleurs pour :
-          Refuser l’application du nouveau traité européen de stabilité qui grave dans le marbre la discipline budgétaire
-          Sauvegarder les droits sociaux et économiques fondamentaux et ne pas participer à leur démantèlement
-          Mettre un maximum de pression pour une répartition égalitaire des richesses permettant : des investissements susceptibles de créer des emplois de qualité pour tous et garantissant une vie décente à chacun.

Pour notre part, nous sommes déterminés à mener cette bataille. Nous attendons autre chose d’un parti qui continue à se proclamer de gauche que d’arrondir les angles d’un plan d’austérité libéral. Et vous ? Que ferez-vous pour démentir les doutes qui s’installent chez de nombreux militants ? Ferez-vous entendre votre voix pour que le Parti Socialiste fasse partie de la solution et ne soit pas considéré, au même titre que les partis de droite, comme faisant partie du problème ?
Cette lettre est éditée par le Comité d’action contre l’austérité de l’ASBL CEPRé

10/02/2012

Le « faux » plus vrai que nature…


Au lendemain de la grève générale du 30 janvier, son image a fait le tour de l’Europe, et même plus loin. Lui c’est François Houart, comédien, militant. « Le Soir » n’avait retenu que « La FGTB avait amené Elio en personne ! Un comédien bruxellois a parodié notre Premier ministre sous les quolibets amusés »…
Nous l’avons rencontré en compagnie de Freddy Bouchez, animateur au Cépré[1], l’ASBL d’éducation permanente de la FGTB Centre.

Q. D’abord, il faudrait rendre au Cépré ce qui appartient au Cépré. Freddy, tu peux nous expliquer d’où vient cette idée de produire ce spectacle de rue ?
FB\ Ce n’est pas la première fois, dans le cadre des activités de l’ASBL Cépré que l’on utilise l’outil « théâtre-action ». On l’a déjà fait pour sensibiliser et organiser des actions, sur des réalités vécues par les travailleurs sans emploi ; on a popularisé, par exemple, le livre « Paroles de chômeurs » à partir de lectures théâtralisées permettant à des travailleurs sans emploi de devenir les acteurs de leur propre vie…
Par rapport aux mesures d’austérité du gouvernement Di Rupo, on a constitué un « comité d’action contre l’austérité », le constat de départ étant qu’il y a encore beaucoup de gens qui ne sont pas sensibilisés sur le contenu des mesures et de la manière dont cette austérité va les toucher. Dès lors, elles ne se mobilisent pas. Particulièrement toute la couche de travailleurs qui ont (encore) un contrat à durée indéterminée avec un salaire plus ou moins convenable, étant donné que dans un premier temps les mesures ne vont toucher que le chômage, les jeunes, les prépensions, les pensions. Dans le comité d’action on a décidé de créer une campagne de sensibilisation dans les villes et villages de la région. D’utiliser le théâtre-action pour réoccuper l’espace public, les marchés, les places… Au cours d’une réunion du Comité d’Action est venue l’idée de monter un sketch qui met en scène le premier ministre Elio Di Rupo, surtout pour déconstruire les arguments avancés par le gouvernement pour justifier cette austérité qui serait inévitable. Nous, nous disons tout le contraire, cette austérité n’est pas une fatalité !
Q. Freddy a dit « déconstruire » le discours dominant… mais ce qui « marche » bien dans ce spectacle de rue, c’est l’imitation, le détournement du discours d’Elio Di Rupo. François, tu commences les phrases comme lui mais ensuite tu dis le contraire de lui ; finalement tu trahis ce qu’il dit, ce n’est pas un peu malhonnête cela ?
30/01 : le faux devant le domicile du vrai, avec son fou...
FH\  Dans cette discussion avec les militants, tout le monde disait que le discours lénifiant et manipulateur d’Elio Di Rupo c’est ce qui qui les écœure. Finalement, c’est le président d’un parti qui s’est fait élire en disant qu’il était le seul à pouvoir s’opposer au « bain de sang social »… Or, avec le plan d’austérité, les gens ici, le bain de sang social, c’est eux qui le prennent dans la gueule et ils se disent, « quoi ? le PS est au gouvernement et Di Rupo est premier ministre, et c’est eux, aujourd’hui les instigateurs du bain de sang social ! » Ils se sentent trahis.
La « déconstruction » du discours dominant est urgente car il fait des ravages chez les travailleurs et même au syndicat : beaucoup partent au combat battus d’avance ou pour un « baroud d’honneur ». C’est la preuve que toute la stratégie de communication d’un homme politique comme Di Rupo, c’est quelque chose d’affiné et qui marche encore sur la population. On a donc voulu prendre ce discours à contre-pied. Ce qui donne un effet assez surprenant car plutôt que d’en faire une caricature de comploteur machiavélique, on en a fait un gars qui dit avec candeur: « on va continuer, pas à pas, à construire l’Europe des banques sur les ruines de l’Europe sociale comme nous le faisons depuis 30 ans.. ». Ça n’a rien de malhonnête car quoi qu’ils disent de leurs « convictions », on sait que partout, quand ils sont au pouvoir par le passé comme maintenant, les partis sociaux-démocrates  font passer de sales mesures en utilisant les mêmes arguments. Ce qu’on voulait faire c’est  déconstruire cette sorte de « pensée magique » qui a gangrené la social-démocratie : la croyance aveugle et dogmatique dans les dieux des Marchés, les financiers comme ceux de l’emploi !  On a fait comme si Elio Di Rupo avait pris une pilule d’ecstasy et qu’il ne maîtrise plus tout à fait ce qu’il raconte et va jusqu’au bout de ses raisonnements, il n’essaie plus d’enrober son discours : « On vous dit :  indignez-vous ? Je vous réponds : résignez-vous ! »
Q. Ouvrons une parenthèse et faisons un parallèle avec la Grèce : on en est au 7ème plan  d’austérité en deux ans et la situation est catastrophique, on parle de début de famine, des études montre les ravages sur la santé, les tendances suicidaires d’une large partie de la population,… c’est ça qui nous attend ? Alors quoi, ils sont aveugles ?
FH\ Ils ne sont pas aveugles, ils n’ont pas le courage politique d’envisager des alternatives de gauche.Remettre en cause cette dette injuste, ils ne le feront que si on les y oblige. Car comme le dit notre Elio :  « Nous nous sommes volontairement pieds et poings liés à l’Europe des Marchés ! ».
FB\ Le PS tient depuis longtemps ce discours de résignation. On a parlé de la problématique de la chasse aux chômeurs, je me souviens en 2004, lors d’un débat à Bruxelles organisé par la plateforme « Stop Chasse aux chômeurs », où le président du PS, Elio Di Rupo, nous a dit carrément « votre combat est louable, mais nous, vu les pressions de l’Union Européenne, on ne peut pas faire autre chose que mettre des rustines pour que cela fasse le moins mal possible ». Ils sont persuadés qu’il n’y a pas d’autre politique possible. On peut aussi se demander s’ils croient encore en la possibilité de contrer le capitalisme… Aujourd’hui disent qu’ils défendent ce qu’ils appellent une « économie sociale de marché »
FH\ D’ailleurs c’est symptomatique qu’Elio ne dénonce que l’ultralibéralisme, les superprofits, les dérives des spéculateurs, etc…pour lui ce n’est pas le capitalisme qui est responsable de la crise mais quelques excès.
FB\ Mais ce concept d’économie sociale de marché n’a aucun sens. Quand on regarde les politiques menées ces dernières années, on voit bien que le social a été broyé partout. A commencer par les systèmes de Sécurité Sociale, la bourgeoise est entrain de reprendre ce qu’elle a dû concéder au mouvement ouvrier quand le rapport de forces lui était plus favorable.
Q. Est-ce que vous ne croyez pas que les socialistes ont franchi une étape supplémentaire, un saut qualitatif? Au cours des négociations pour la constitution du gouvernement, notamment quand la « note Di Rupo » fait une synthèse des propositions socio-économiques émises par les différents partis, faisant une part belle à la ligne de la NVA qui ne cache pourtant pas qu’elle roule pour le patronat flamand...  On ne reviendra plus en arrière : c’est le « catalogue des horreurs » que le gouvernement veut faire passer en trombe…
Avant les socialistes disaient « sans nous ce serait pire » ou bien « on est là pour arrondir les angles de mesures difficiles », maintenant ils disent « il faut rentrer dedans » et ils accusent les syndicalistes d’être excessifs. C’est la phrase d’Elio Di Rupo aux syndicalistes de la CGSP : « Vous conduisez le peuple vers l’abime »…
Dans la logique de déconstruction du discours dont vous parliez tantôt, n’est-ce pas important de faire prendre conscience aux gens, et en particulier aux syndicalistes, de ce changement assez radical ? Ce n’est plus l’ultra capitalisme qui serait in fine le seul responsable, mais aussi ceux qui défendraient de manière irresponsable leurs droits ; on inverse véritablement les responsabilités… A partir de ce moment-là croire qu’on peut demander au PS d’être un relais politique pour faire passer telle ou telle revendication, n’est-ce pas fini, de l’illusion?
FH\ Oui, on inverse tout à fait le discours. Le PS a pu apparaître comme relais politique « naturel » des organisations syndicales pendant longtemps, tant que les gens du PS vivaient encore dans l’idée qu’il y avait des grosses miettes du gâteau capitaliste à ramasser pour les travailleurs. C’est fini. Le libéralisme même, l’idéologie libérale, ont fait des dégâts. Avant il y avait même au PS des gens qui pensaient sincèrement aller cahin-caha vers le socialisme. André Renart a parlé des « Réformes de Structure Anticapitalistes » devant 40.000 grévistes ici à La Louvière en 60.. Mais aujourd’hui on a remplacé ces mots par toute une logorrhée, installée par l’idéologie libérale, de  « saine gouvernance », de « régulation des marchés », d’employabilité… ce sont des technocrates qui sont aux manettes et quand ils sont au PS ils teintent leur discours d’un peu plus de social que les autres.
Avant d’écrire le sketch, j’ai étudié soigneusement de nombreuses interviews de Di Rupo, il y a plein de moments où il dit « je ne suis pas contre le profit, ce qu’il faut simplement c’est qu’il y ait des retombées pour tout le monde ». Mais évidemment quand cette machine-la est en panne -et elle est en panne, comment le nier : après les superbénéfices, la Xème crise est venue en 2008- les gens commencent à douter. Il y a un choc, il y a une opportunité pour amener d’autres idées et les mettre à portée de tous.
Freddy Bouchez (à gauche)
FB\ On est en train de casser la Sécurité Sociale. Chaque fois, ils disent « ce serait pire sans nous » mais chaque fois on accepte des reculs sociaux de plus en plus importants. Si on considère que la conquête de la Sécurité Sociale, c’était une « révolution », ou au moins une réforme sociale majeure, il faut bien constater qu’ils sont passés dans l’autre camp, dans le camp de la contre-réforme libérale. Ce qui est dramatique c’est qu’au niveau syndical, face à cette évolution il y a un certain désarroi.
FH\ On est dans l’impasse. Il y a un vide. On n’a plus de relais politique naturel.
FB\ Par rapport à nos revendications, on n’a plus de relais politique. C’est bien clair. Ceux qui étaient considérés comme des amis politiques sont devenus des adversaires. Les seules forces qui portent encore des revendications anticapitalistes se trouvent dans le mouvement syndical, dont des ailes importantes ont aussi radicalisé leurs analyses (par exemple dans la FGTB wallonne). C’est un contexte assez difficile, qui plonge beaucoup de syndicalistes dans le désarroi. Mais à partir de ce contexte nouveau il faut réinterroger les stratégies syndicales : il faut que le syndicat se positionne différemment pas rapport au politique, il faut rompre avec les anciens relais. Il faut en tout cas un mouvement syndical plus offensif qui détermine ses positions en toute indépendance.  Il faut des plans d’actions plus convaincants pour éviter de devoir « atterrir » n’’importe comment. Cela implique que même quand on a perdu une bataille, on continue à se battre pour nos alternatives plutôt que de se jeter sur des « compromis » qui se traduisent en reculs sociaux successifs. Nos luttes doivent être plus déterminées et aller jusqu’au bout.

propos recueillis par Freddy Mathieu

[1] ASBL Cépré -Centre d’Education Populaire Régional (Régionale du Centre du CEPAG)- : Le comité d’action contre l’austérité de l’ASBL CEPRé a été présent dans les rues et sur les piquets de grève, les 28 et 30 janvier 2012, la « joyeuse entrée d’Elio 1er dans sa bonne ville de La Louvière » et la présence du « premier sinistre » à Mons, le 30 janvier…
Prochaine réunion du comité d’action contre l’austérité de l’ASBL CEPRé, qui aura lieu le mercredi 22 février 2012 à 18 h 30, rue Henry Aubry, 23 à 7100 Haine-Saint-Paul (dans les locaux de la FGTB/Centre) – contact : Tél : 064/236173

29/01/2012

Carton rouge à la Ministre de l’emploi

« C’est un animal qu’on prend par le collier, pas un être humain ! »
Les idées de la nouvelle ministre de l'Emploi, Monica De Coninck, dévoilées cette semaine dans "La Libre Belgique", irritent les Travailleurs sans emploi (TSE) de la CSC.
Madame la Ministre,
Après avoir lu vos propos dans la Libre Belgique du mardi 24 janvier 2O12, les Travailleurs Sans Emploi de la CSC tiennent à vous délivrer un carton rouge.
Les travailleurs sans emploi sont des êtres humains et pas des condamnés de droit commun à qui on inflige des peines de substitution.
Vos propos sont pour nous une insulte, un manque de respect et une stigmatisation nuisible.
Nous ne comprenons pas comment il est possible de tenir ce genre de propos populistes.
Le crédit‐temps* que vous remettez en question est une mesure qui permettait aux travailleurs de plus de 5O ans de lever le pied tout en gardant l’autre pied dans l’emploi à mi‐temps ou à 4/5. Le crédit-temps permettait aussi à un demandeur d’emploi qui a les deux pieds hors de l’emploi, de le(s) remplacer.
Nous ne pensions pas devoir vous le rappeler si rapidement, mais puisque vous nous y obligez… :
‐ s’il y a des chômeurs, c’est qu’il n’y a pas d’emploi ;
‐ c’est l’emploi qui est indisponible et pas les chômeurs ;
‐ en Wallonie, il y a en moyenne une offre d’emploi du Forem pour trente personnes ;
‐ à Bruxelles, dans certaines communes, la situation du chômage des jeunes et des moins jeunes est encore plus catastrophique;
‐ le dernier rapport annuel de l’Onem indiquait que le nombre de demandeurs d’emploi indemnisé était de 45O.261 en 2000 et 440.72O en 2O10 ;
‐ en 2000, l’Onem a sanctionné 34.284 demandeurs d’emploi et 108.156 demandeurs d’emploi en
2010.
C’est un fait : en Belgique, on ne chasse pas l’emploi, mais bien les chômeurs sanctionnés de ne pas trouver ce qui n’existe pas. Il faudra bien plus de 9OOO « articles 60 » pour faire face au nombre de sanctions qui explosent, aux milliers de jeunes qui seront exclus des allocations d’insertion après 3 ans et aux dizaines de milliers de familles qui vont basculer dans la pauvreté avec la dégressivité accrue des allocations de chômage. Pour survivre, le travail au noir risque d’être la sortie de secours pour ces dizaines de milliers d’exclus.
Selon vos dires, « il y a suffisamment d’emplois pour tout le monde ». Nous vous demandons dès lors de nous transmettre les 44O.OOO offres d’emplois disponibles actuellement.
Nous en avons bien besoin pour y envoyer les demandeurs d’emploi que nous rencontrons au quotidien.
Cela pourrait aussi intéresser les organismes de placement. En effet, dans une évaluation de la 1ere phase de l’accompagnement individualisé, les conseillers du Forem soulevaient comme difficulté majeure le fait d’accompagner des demandeurs d’emploi dans un contexte où les perspectives d’emploi sont beaucoup trop faibles par rapport au nombre de demandeurs d’emploi activés.
Nous ajoutons que c’est sans compter l’absence de considération quant au caractère convenable de l’emploi soi‐disant disponible. Nous avons travaillé avec les demandeurs d’emploi sur la question de l’emploi convenable et nous avons 20 propositions concrètes pour plus d’emplois en quantité et en qualité.
Nos propositions sont basées sur des enquêtes, sur l’écoute respectueuse, sur des échanges avec les travailleurs sans emploi. Elles ne reposent pas sur des préjugés.
Un autre débat qui selon nous doit être objectivé est celui des pénuries. Une réflexion macroéconomique, assortie d’une meilleure prise en considération de la situation de chaque métier, aideront à apporter les bonnes réponses aux vrais problèmes. Par exemple : pourquoi tant d’infirmières quittent le métier après quelques années dans la profession ? Les solutions passent par les employeurs, les conditions de travail, les organismes de placement aussi. Dire que c’est un manque de motivation et de disponibilité, c’est faire du populisme et se tromper dans les constats et les solutions qui pourraient en découler.
Les problèmes de l’emploi et du chômage sont complexes. Il est donc de la responsabilité de l’ensemble des acteurs d’éviter les simplismes. Comme organisation syndicale, nous prônons plutôt la mise en place d’une concertation sociale qui permettra davantage de prendre cette problématique de manière globale et de réunir l’ensemble des acteurs autour d’une même table.
Par conséquent, nous tenons à vous faire savoir que nous ne voulons pas de vos emplois kleenex, Madame la Ministre.
Savez vous qu’une étude récente d’Eurostat vient de donner un « triple A » aux demandeurs d’emplois de Belgique ? Contrairement aux idées reçues, ils ne se trouvent pas derrière l’Allemagne, les Pays scandinaves, l’Angleterre. Ils arrivent en première position dans l’UE des 27 sur le critère « être actif sur le marché du travail ».
Nous osons penser que vos maladresses et vos erreurs de jugement sont le fait de l’enthousiasme inhérent à vos nouvelles prises de responsabilité.
Derrière le carton rouge que nous vous brandissons aujourd’hui, nous sommes prêts à vous faire partager humblement notre expérience de terrain, nos constats, nos propositions dans le cadre d’un contrat que nous pourrions construire et évaluer ensemble.

         Pedro Rodriguez
         Responsable National
         Des Travailleurs Sans Emploi de la CSC
*Nous serions intéressés de connaître la disposition réglementaire qui permet à une travailleuse de prendre un crédit‐ temps à temps plein pendant quinze ans comme vous affirmez aussi dans l’interview de la Libre Belgique. Cette réglementation et votre affirmation sont selon nous de la pure fantaisie qui ne colle pas vraiment à l’image et au rôle d’une ou d’un ministre.