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02/05/2013

« Pour faire bouger une montagne on commence par déplacer les petits cailloux »



par Isabelle Wanschoor, Secrétaire principale CNE Hainaut


Rejoindre l’appel de la FGTB Charleroi –Sud Hainaut et s’intégrer dans le processus de réflexion nous est apparu non seulement sur le fond, comme une évidence chez nous à la CNE et particulièrement à Charleroi et dans le Hainaut, mais nous avions également la  volonté  de soutenir le courage des camarades d’avoir osé jeter un fameux pavé dans la marre en déclarant haut et fort  ce que beaucoup pensaient tout bas !
Notre participation au groupe de préparation de ce meeting avec les petites et plus grandes forces politiques à la gauche de la gauche était le reflet de notre intérêt pour la démarche en exprimant clairement l’espoir de voir se mettre en place une réelle alternative  et  de poser un acte collectif fort !

16/06/2012

SETCa Charleroi : la Gauche est-elle soluble dans l’austérité ?


Ce jeudi 14 juin, le SETCa de Charleroi a offert une tribune aux partis « de gauche » devant son Comité Exécutif. C’est évidemment dans le cadre de la dynamique lancée par la FGTB Charleroi le 1er mai autour de la constitution d’une force politique à gauche du PS et d’Ecolo que cette initiative se situe. Devant quelques dizaines de militants, le Secrétaire Général du SETCa, Rudy Pirquet, plante d’emblée de débat dans un cadre clair : les partis de gauche doivent-ils se retrouver dans un gouvernement pour appliquer des mesures de droite ? Sont-ils encore de gauche ?
En obtenant la parole en première, Ozlem Ozen, vice-présidente de la Fédération PS de Charleroi et députée fédérale, n’avait pas vraiment un cadeau. Il fallait un certain courage pour oser dire que « le PS se bat pour faire barrage au maximum aux politiques libérales »… et d’ajouter que c’est grâce au PS qu’on n’a pas de nouveaux impôts et qu’on a gardé l’index ! Elle reprend alors tout les arguments (« le moindre mal », « sans nous, ce serait pire, regardez la Grèce et la Roumanie », « on a augmenté le salaire minimum, ailleurs il baisse », « on n’a pas limité le chômage dans le temps ») que le Secrétaire de la FGTB avait démonté lors de son discours de 1er Mai.
Benjamin Dusaussois pour le PSL et Bernard Wesphael (MG en constitution) repartent du cadre européen, niveau auquel de nombreuses politiques d’austérité sont élaborées. B Wesphael, rappelle qu’il fut seul en 2005 à voter contre le traité constitutionnel européen, au niveau Wallon. Il rappelle qu’à l’époque la Confédération Européenne des Syndicats était pour…
Au nom de la LCR, Freddy Mathieu a rappelé la « lettre ouverte aux syndicalistes » qui circule dans les milieux syndicaux depuis la mi-janvier : partant du constat que la social-démocratie (rose ou verte) est totalement convertie « au marché » il décrit comment le mouvement syndical a été conduit dans une impasse. Les « relais politiques » et la « courroie de transmission » fonctionnent à contresens, pour faire passer les mesures antisociales auprès des travailleurs. Il prend à contrepied les arguments de la représentante du PS en décrivant comment trente années du PS au pouvoir ont abouti au détricotage de la Sécurité Sociale (notamment en matière de chômage et de pensions) et à la « note Di Rupo » de juillet 2011, un copié/collé du fameux « modèle allemand » qui brade les conditions de travail et la protection sociale. Si le syndicat veut sortir de cette ornière, dit-il, il doit prendre des initiatives, en toute indépendance. Cela changerait la donne à gauche.
Germain Mugemangango (du PTB) a acté plusieurs points de convergence avec les trois intervenants qui le précédaient. Il a marqué son intérêt pours les déclarations de Daniel Piron le 1er mai, mais il pense que les organisations de la gauche radicale doivent prendre des initiatives diverses (notamment lors de scrutins comme les élections communales) pour se rapprocher et offrir la réponse unitaire attendue par le syndicat.
Isabelle Meerhaeghe (Ecolo) a critiqué vertement le PS mais n’a pas pu démarquer la politique gouvernementale d’Ecolo aux gouvernements, wallon et communautaire, de « la bonne gouvernance » qui est un des thèmes chers aux milieux pro-austérité européens. Elle s’est empêtrée dans une pseudo explication du vote des écologistes en soutien au MES (« le mécanisme pas le traité »)… Ce qui lui valut une réplique vive de Freddy Mathieu et Bernard Wesphael à propos des conséquences automatiques, inéluctables d’une acceptation parlementaire de ces nouveaux mécanismes européens. « Des gouverneurs intouchables, incontrôlables, décideront du montant que les pays devront débourser pour aider d’autres pays à aider leurs banques comme en Espagne, sans débat, sans décisions démocratiques et puis on nous redira encore que c’est l’Europe qui décide au-dessus » s’emporte Freddy Mathieu d’accord avec B. Wesphael pour dire que le mouvement syndical doit bloquer ce dossier par une mobilisation urgente et vigoureuse.
Plusieurs militants de l’Exécutif du SETCa sont intervenus notamment à propos de la coupure qui s’approfondit entre le PS et les travailleurs, à propos de l’index, de la pauvreté galopante, particulièrement dans la région de Charleroi.
Dans la deuxième partie du débat, la question centrale était de définir les possibilités de « création d’un nouvelle force politique à gauche du PS et d’Ecolo » ainsi que l’exprimait la FGTB le 1er mai. Rudy Piquet rappelle que Paul Magnette trouve cette proposition « folklorique »…
C’est Freddy Mathieu qui ouvrait le feu sur cette question. « Pour la LCR dit-il, petite organisation on ne vient pas vendre nos salades, on pense que c’est au mouvement syndical de donner le tempo et le contenu d’un telle dynamique, il en a la représentativité (3 millions de syndiqués) ; la compétence, l’expertise (il défend au quotidien les travailleurs avec ou sans emploi et connait leurs situations concrètes) ; les forces militantes (des milliers de délégués dévoués, élus par les travailleurs). » L’addition des petites forces des petites organisations de la gauche radicale est souhaitable mais pas suffisante, estime t’il, on a besoin d’une autre alchimie pour (re)construire une vrai parti de classe qui s’appuie avant tout sur la lutte des travailleurs. Appuyant les  interventions dans la salle, il continue « C’est totalement réducteur de dire que c’est le PS qui a sauvé l’index ; la droite et les milieux patronaux ont peur d’attaquer de front sur cette question à cause de la force de mobilisation syndicale qui reste, malgré les coups, relativement intacte, nous ne pouvons compter que sur nos forces».
Bernard Wespahael estime qu’avec la création du MG il n’y a rien à créer en plus, se défendant de diviser la gauche, comme certains le lui ont reproché personnellement. Le PSL s’est dit d’accord avec la notion de « parti de classe » plaidant pour un vrai débat entre les différents courants de la gauche radicale qui devraient y coexister. Le PTB et Ecolo sont restés assez évasifs sur cette question. Ecolo en particulier se limitant à reparler des « convergences à gauche », projet sans lendemains du PS pour phagocyter Ecolo,  auxquelles le parti vert préfère une « gauche réunie, pluraliste », comment ? avec qui ?
Ce débat a mis en évidence la recherche d’alternatives chez les militants syndicaux, mais aussi l’immense travail de conviction qui doit être fait avec les bases syndicales que l’offensive idéologique de la droite, soutenue et répercutée par la pseudo-gauche, a labouré pendant des décennies.

Correspondant
14 juin 2012

06/06/2012

Réponse à Elio Di Rupo - une motion de la FGTB Charleroi

La FGTB Charleroi & Sud-Hainaut a pris connaissance de l’interview accordée par Elio DI RUPO dans le journal « Le Soir » de ce mercredi 6 juin 2012 intitulé « La colère de DI RUPO » contre les syndicats, l’opposition, les médias,…
La FGTB Charleroi & Sud-Hainaut tient d’abord à rappeler qu’elle soutient avec force les critiques formulées par Thierry BODSON, Secrétaire Général de L’Interrégionale Wallonne de la FGTB sur le plan de réforme du chômage qui conduira des dizaines de milliers de chômeurs vers la pauvreté (dégressivité des allocations de chômage au 1/11/2012) et condamnera des milliers de jeunes indemnisés sur base de leurs études, au CPAS dès le 1er janvier 2015 date à laquelle plus de vingt mille d’entr’eux seront privés de tout revenu.
Fallait-il, pour concevoir un plan de relance, que l’on conduise préalablement des dizaines de milliers de chômeurs dans la précarité ? La question est lancée.
Le 1er, par ailleurs Président empêché du PS, semble ne pas y avoir réfléchi. Quand on s’attaque aux syndicats et en particulier à la FGTB Wallonne et que l’on souhaite qu’il arrête de jouer son rôle de contre-pouvoir, quand on s’attaque aux médias et que l’on critique l’opposition dans ses composantes qui relayent le discours syndical, on s’engage petit à petit vers un pouvoir fort. La Belgique n’est pas la Russie soviétique et la FGTB Charleroi & Sud-Hainaut ne sera jamais la courroie de transmission du PS.
Plus que jamais, la FGTB Charleroi & Sud-Hainaut en appelle, si tant étaient celles et ceux qui ne l’auraient entendu lors de son 1er mai 2012, à la mise en œuvre d’une force politique à gauche du PS et d’Ecolo. Elle œuvrera en ce sens dès la rentrée de septembre.

Pour la Régionale FGTB CHARLEROI & SUD-HAINAUT
Daniel PIRON, Secrétaire Régional

24/05/2012

Liège - 15 juin - Débat

15 juin : Conférence-débat sur l’appel du 1er Mai de la FGTB de Charleroi



Pour une alternative politique, une nouvelle force politique anticapitaliste pour le monde du travail

Avec :
Daniel Piron, secrétaire régional de la FGTB de Charleroi-Sud Hainaut
et Nico Cué, secrétaire général des métallos FGTB Wallonie-Bruxelles

Cliquez pour obtenir le tract-affiche en PDF
Le premier mai 2012, au nom de la FGTB de Charleroi-Sud Hainaut, son secrétaire régional, Daniel Piron, a lancé un appel pour une alternative politique et la construction d’un rassemblement et d’une force politique à gauche du Parti socialiste et d’Ecolo.
Cet appel n’a pas cessé de susciter les réactions et le débat chez les militants syndicaux, mais aussi dans les instances syndicales.
C’est dans ce cadre qu’une conférence-débat sur le sens et les échos de cet appel du 1er Mai de la FGTB de Charleroi sera organisée.
Rendez-vous donc Vendredi 15 juin, 19h
à la FGTB de Liège, 9-11 Place St Paul (4ème étage)

Cette conférence est organisée à l’initiative de la Formation Léon Lesoil

15/04/2012

Le « moindre mal » ne passe plus


  • Entretien avec Daniel Piron, secrétaire régional de la FGTB de Charleroi-Sud Hainaut.
  • A paraître dans La Gauche

LG : La grève de 24H du 30 janvier est restée sans suites. Les syndicats seraient-ils satisfaits des quelques concessions obtenues ?
Daniel Piron : Nous avons tenu une assemblée interprofessionnelle des militants pour évaluer la situation suite à la grève. Il n’y a pas de satisfaction des militants. Les modifications apportées par le gouvernement ont été qualifiées de cosmétiques. Les axes fondamentaux sont inchangés : travailler plus longtemps, attaquer les chômeurs, attaquer les statuts.
Carsid
Les militants insistent sur le fait que ce n’est pas fini. Nous ne sommes qu’au début de l’offensive d’austérité. Le contrôle budgétaire de mars semble ne pas avoir lancé de nouvelles attaques directes contre les acquis, mais ce n’est qu’un intermède. On parle de 5 milliards d’économies supplémentaires en 2013. Face à cela, les militants méditent l’exemple de la Grèce, où l’austérité continue en dépit de nombreuses journées de grève.
On ne veut pas épuiser les forces. Il faut prendre en compte la difficulté de la situation : poids du chômage, grand nombre de travailleurs pauvres,  segmentation du monde du travail. Le drame chez CARSID par exemple n’est pas seulement la perte d’emploi mais aussi la confrontation aux obligations des crédits contractés dans le cadre d’une société consumériste qui impose ses diktats.

01/03/2012

Le Comité d'Action contre l'Austérité accueille le congrès du PS...


Dans le prolongement de la journée d’action syndicale européenne contre l’austérité, ce 29 février 2012, le Comité d’action contre l’austérité de l’ASBL CEPRé s’est rendu au congrès de la Fédération de Charleroi du Parti Socialiste qui se tenait à La Hestre pour y diffuser une lettre ouverte :

LETTRE OUVERTE AU PARTI SOCIALISTE
Nous sommes des militants regroupés au sein du Comité d’action contre l’austérité de l’ASBL CEPRé. Nous sommes des travailleurs, des chômeurs, des pensionnés, des militants de la FGTB et de mouvements associatifs.
Cela va bientôt faire trente ans que le PS nous dit : « sans nous, ce serait pire ». Lors des dernières élections, le PS a raflé la majorité des voix wallonnes en prédisant un bain de sang social si on ne votait pas pour lui…
-          Avoir co-décidé en 2004 un contrôle des chômeurs qui exclut régulièrement les personnes les plus fragilisées socialement, est-ce cela éviter le bain de sang social ?
-          Avoir contribué à des accords de coopération conduisant à une transmission systématique d’infos du FOREM vers l’ONEM avec pour conséquences une explosion des exclusions et des suspensions des allocations de chômage, est-ce cela éviter le bain de sang social ?
-          Prendre la tête d’un gouvernement qui impose la limitation dans le temps des allocations de chômage d’attente pouvant conduire en 2015 à l’exclusion de 50.000 personnes, est-ce cela éviter le bain de sang social ?
-          Prendre la tête d’un gouvernement qui impose une dégressivité des allocations de chômage conduisant à des plafonds de revenu en dessous des seuils de pauvreté, est-ce bien cela éviter le bain de sang social ?
-          Et que dire des mesures qui rendent plus difficile l’accès au crédit-temps et aux prépensions, qui allongent de deux ans à partir de 2016 l’accès à la pension anticipée.

Vous nous dites que toutes ces mesures sont inévitables si on veut sauvegarder notre modèle social. C’est faux ! Il convient de s’attaquer aux véritables causes du problème, pas à ceux qui en sont déjà les victimes. Il est quand même extraordinaire de constater que plus on démantèle la Sécurité Sociale, plus on prétend la sauvegarder ! En fait, d’année en année, de mesures en mesures, notre modèle social s’effondre augmentant considérablement la pauvreté et la précarité dans notre pays.
Les dettes sont illégitimes, ce ne sont pas des dépenses faites pour le bien être collectif, mais bien la conséquence du renflouement des banques privées. Les actionnaires avides de profit, la spéculation financière, sont à l’origine des crises. Il ne suffit pas de s’indigner verbalement des dérives de l’ultralibéralisme ou du capitalisme financier ; il est urgent de mettre en place une stratégie pour leur tenir tête en s’appuyant sur les mouvements de protestation de la population. Il est urgent de s’opposer fermement à des décisions prises dans les sphères financières et qui aboutissent à un appauvrissement croissant de l’ensemble des travailleurs avec ou sans emploi !
Des alternatives existent, notamment proposées par les organisations syndicales. Il est parfaitement absurde de faire payer aux travailleurs une crise dont ils ne sont en rien responsables. Au lieu d’accepter un traité européen nous contraignant à restreindre de plus en plus les investissements publics, nous estimons qu’un véritable parti de gauche devrait mener la bataille, aux côtés des travailleurs pour :
-          Refuser l’application du nouveau traité européen de stabilité qui grave dans le marbre la discipline budgétaire
-          Sauvegarder les droits sociaux et économiques fondamentaux et ne pas participer à leur démantèlement
-          Mettre un maximum de pression pour une répartition égalitaire des richesses permettant : des investissements susceptibles de créer des emplois de qualité pour tous et garantissant une vie décente à chacun.

Pour notre part, nous sommes déterminés à mener cette bataille. Nous attendons autre chose d’un parti qui continue à se proclamer de gauche que d’arrondir les angles d’un plan d’austérité libéral. Et vous ? Que ferez-vous pour démentir les doutes qui s’installent chez de nombreux militants ? Ferez-vous entendre votre voix pour que le Parti Socialiste fasse partie de la solution et ne soit pas considéré, au même titre que les partis de droite, comme faisant partie du problème ?
Cette lettre est éditée par le Comité d’action contre l’austérité de l’ASBL CEPRé

20/02/2012

La FGTB carolo dit non à l'austérité "aménagée" et réfléchit à une alternative politique

Les assemblées générales interprofessionnelles de délégué(e)s sont devenues une tradition à la FGTB de Charleroi. Ces derniers temps, elles ne sont pas rares, et très intéressantes politiquement. Lors de l'assemblée préparatoire à la grève du 30 janvier, on avait déjà entendu plusieurs interventions musclées contre la social-démocratie. Un délégué de la sidérurgie avait même plaidé pour la rupture de tous les liens avec le PS, qualifié "d'ennemi de la FGTB". Embrayant dans le même sens, notre camarade André Henry avait proposé que le mouvement syndical œuvre activement à l'émergence d'une nouvelle force politique, sur base d'une programme anticapitaliste.
Jeudi 16 février, une nouvelle assemblée était convoquée pour faire le bilan de la grève du 30 janvier, évaluer son impact et préparer la journée d'action européenne du 29 février. Le moins qu'on puisse dire est que les troupes carolo ne voient pas dans les mini-concessions gouvernementales les "avancées" saluées par Anne Demelenne. Les délégué-e-s dénoncent plutôt une manœuvre visant à diviser et à désamorcer la riposte syndicale, en vue des nouvelles attaques qui ne manqueront pas lors du contrôle budgétaire.
Mais c'est surtout la radicalisation politique qui mérite d'être épinglée. Des militant-e-s qui ne sont pas précisément étiqueté-e-s d'extrême-gauche n'ont pas craint d'affirmer avec force que le PS a "trahi les travailleurs" et "planté un poignard dans le dos" du monde du travail. Toutes les interventions étaient du même tonneau, et certaines émanaient de militants connus jadis pour leur appartenance de longue date au PS.
Vraiment, la coupe est pleine. Non seulement les secrétaires l'ont compris, mais en plus ils ouvrent carrément le débat sur l'alternative. Dans une intervention remarquée, au cours de laquelle il a tiré la sonnette d'alarme sur le précédent grec, le président des métallos Hainaut-Namur, Antonio Cocciolo, a déclaré que le Comité Permanent prendrait ses responsabilités afin que le mouvement syndical dispose à l'avenir d'un relais politique digne de ce nom. Dans cet esprit, il a annoncé que la direction interprofessionnelle régionale envisageait de rédiger un programme et d'interpeller toutes les forces à gauche du PS afin qu'elles s'unissent sur cette base. Le secrétaire régional, Daniel Piron, est intervenu avec force dans le même sens.
Cela fait plusieurs années que la FGTB Charleroi-Sud Hainaut (102.000 affilié-e-s) prend ses distances avec le Parti Socialiste. L'époque des Premier Mai de l'Action Commune est enterrée depuis belle lurette. Plus récemment, lors de son dernier congrès statutaire, la régionale avait annoncé qu'elle serait dorénavant ouverte à des relations avec tous les partis démocratiques de gauche. C'est d'ailleurs dans le cadre de cette ouverture qu'une délégation de la LCR Hainaut a eu l'occasion de débattre avec les membres du Comité Permanent l'analyse exposée dans notre "Lettre ouverte aux syndicalistes", qui porte précisément sur les conclusions à tirer du fait que le mouvement syndical n'a plus d'amis politiques au parlement...
La radicalisation à gauche du syndicat socialiste carolo ne tombe donc pas du ciel, mais il est indiscutable qu'elle s'est considérablement approfondie, étendue et accélérée depuis que les militant-e-s sont confronté-e-s à la brutale offensive d'austérité menée sous la houlette d'Elio Di Rupo.
A cet égard, un fait qui ne trompe pas est que la radicalisation touche notamment les syndicalistes du secteur Admi de la CGSP (les administrations locales et régionales). Il va sans dire que les syndicalistes de ce secteur sont traditionnellement, disons, assez proches des majorités PS dans les communes hennuyères. Or, ce sont précisément des responsables et militant-e-s de la CGSP Admi qui ont chahuté les réceptions de Nouvel An de Rudy Demotte à Tournai, et d'Elio Di Rupo à Mons. Une rupture analogue se prépare-t-elle au Pays Noir? Il est trop tôt pour le dire, mais une centaine de syndicalistes, inquiets des nouveaux assainissements qui se préparent au niveau de la commune, se sont rassemblés le 17 février devant l'hôtel de ville afin d'interpeller le pouvoir échevinal...
Nul doute que le débat qui s'ouvre sera passionnant. La question posée est en effet fondamentale: l'indépendance syndicale, a laquelle toutes et tous sont attaché-e-s à juste titre, implique-t-elle que le syndicat ne peut rien être d'autre qu'un "contre-pouvoir", absent du terrain politique et laissant la politique aux partis? Cette conception "purement syndicale" ne laisse-t-elle pas le champ libre à un PS qui trompe cyniquement sa base sociale dans le monde du travail? Dès lors que la solution de la crise dépend de décisions politiques, le syndicat ne doit-il pas œuvrer activement à l'émergence d'une alternative politique conforme aux intérêts de ses deux millions et demi d'affilié-e-s et appuyée sur leur mobilisation?

15/02/2012

A la FGTB Charleroi...


à la FGTB Charleroi ce mercredi 15 février...
Ce mercredi matin, une délégation de la LCR Hainaut a été reçue par le Comité Permanent Interprofessionnel de la FGTB Charleroi Sud-Hainaut.
Une très bonne rencontre autour de la « lettre aux syndicalistes » que la LCR fait circuler depuis deux semaines dans les milieux syndicaux.
Un débat sans tabous qui a permis de dégager de réelles convergences dans l’analyse de la situation socio-économique actuelle et des défis qui en découlent pour les organisations syndicales. L’exemple de la Grèce a été plusieurs fois évoqué au cours de cette réunion car c’est un véritable laboratoire qui nous éclaire sur le rouleau compresseur de l’austérité et sur les stratégies du néo-libéralisme. Les syndicalistes carolos sont bien conscients qu’en Belgique comme dans toute l’Europe, l’offensive patronale, relayée par les gouvernements ne va pas s’arrêter là. Comment inverser la vapeur ? Comment modifier le rapport de forces ? Quelles alternatives et alliances ? Quels relais politiques pour les organisations syndicales ?
La collaboration franche, partout en Europe, des partis sociaux-démocrates aux politiques de remise en cause du pouvoir d’achat, des droits sociaux, des services publics, des libertés syndicales, nous conduit vers une dictature du capital sans entrave, un « paradis pour les riches, un enfer pour les pauvres ». Cette politique a pourtant conduit à des débâcles électorales (Espagne, Portugal, Angleterre et en Grèce où le PASOK, n’obtiendrait plus les 10%). Elle ouvre les portes à la droite extrême, nationaliste et raciste : la NVA en Flandre, le FN en France, le LAOS en Grèce.
Face au constat de l’impasse dans laquelle la « gauche de pouvoir » a conduit les travailleurs, et les multiples questions qu’elle soulève, les participants envisagent de poursuivre et d’élargir le débat dans l’organisation syndicale.

La délégation de la LCR Hainaut tient à remercier la FGTB Charleroi et ses responsables pour la qualité des débats et la fraternité de l’accueil.