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02/05/2013

Débats/Syndicats : faire blog...

L’après-midi du 27 avril 2013 à la Géode de Charleroi a été un moment important pour la gauche. Ceux qui n’ont pas pu se rendre à Charleroi ont raté quelque chose ! Par la qualité des interventions, la correction des discussions, cet « acte refondateur » fera date.
C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de publier un maximum de documents (écrits et vidéos) sur ce blog La lettre aux syndicalistes que vous avons spécialement dédicacé aux (nécessaires) débats sur l’avenir du syndicalisme. Il y a également un blog néerlandophone et depuis leur lancement au début 2012, il y a eu près de 17.000 consultations. Une centaine de contributions ont été publiées sur les deux blogs et donné lieu à des dizaines de commentaires. C’est donc un outil d’information et de discussion au service de tous ceux qui veulent défendre et dynamiser leurs organisations syndicales face aux attaques de la droite et du patronat.
Nous pensons que nous avons ainsi contribué, modestement, au succès de la journée du 27 avril à Charleroi.
N’hésitez pas vous aussi à contribuer, commenter, diffuser !


Dans notre dernière livraison vous trouverez notamment les textes de quelques moments clés de la journée du 27 avril : 
  1. Le discours d’introduction de Daniel Piron (FGTB)  (lire ici)  [afin de ne pas alourdir ce texte nous avons mis en liens les textes cités par Daniel Piron – les messages de Ken Loach, de Pierre Laurent et d’Olivier Besancenot ; le texte élaboré par le Comité de Soutien à l’Appel du 1er mai 2012- .]
  2. Le texte de l’intervention de Christiane Maigre au nom des travailleurs sans emploi. (lire ici)
  3.  Le discours d’introduction d’Isabelle Wanschoor (CNE). (lire ici)

Toutes les contributions qui concernent cette journée sont regroupée sous le Tag #27avr, il suffit de cliquer sur l'icône pour tout voir....

Nous avons besoin d’un nouveau départ

 
Par Daniel Piron, 
Secrétaire Régional de la FGTB Charleroi Sud-Hainaut



Chers Camarades, Chers Amis,
Au nom de la FGTB CHARLEROI & SUD-HAINAUT, je souhaite à chacun d’entre vous la bienvenue en cet après-midi de réflexion qui a pour thème « Construisons ensemble une alternative de gauche à la crise capitaliste » et déclare nos travaux ouverts.
Avant toute chose et avant de céder la parole à ma collègue, oserais-je dire ma Camarade, Isabelle WANSCHOOR, Secrétaire Principale de la Centrale Nationale des Employés Hainaut de la CSC, co-organisatrice de cette journée, j’ai l’immense plaisir de saluer la présence parmi nous de Charlotte BALAVOINE, qui nous vient de France et plus particulièrement du PCF et qui représente ici, en tant qu’observatrice, le Parti de la Gauche Européenne.
Bienvenue à toi Charlotte, rapporte notre salut fraternel au PCF et au Parti de Gauche Européenne.
Comme si la seule présence de Charlotte ne suffisait pas à nous convaincre de l’intérêt que porte le Parti de la Gauche Européenne à notre initiative de ce jour, j’ai à vous transmettre le message de soutien de Pierre LAURENT, Président du Parti de la Gauche Européenne. Le voici.  (lire ici)
Camarades, d’autres en France également suivent attentivement l’évolution de notre démarche. Olivier BESANCENOT et le Nouveau Parti anticapitaliste s’adressent à vous en ces mots. (lire ici)
Last but not least (le dernier mais non le moindre), le dernier message de soutien nous vient de la patrie de Shakespeare. Il s’agit d’un message de Ken LOACH, réalisateur britannique de cinéma et de télévision à qui l’on doit entre autres « Le vent se lève », « Looking for Eric », « Land of freedom », « It’s a free world », « My name is Joe », « Bread and Roses », « Carla’s song », « The navigators » ou encore « Father land ». Tant de films qui ont fait la renommée de ce cinéaste profondément de gauche et qu’il y a peu encore appelait à la privatisation des funérailles de Margaret Tatcher. Voici ce qu’il a à vous dire. (lire ici)
Chers Camarades, Chers Amis, je ne vais pas vous refaire mon discours du 1er mai 2012. Vous en connaissez la teneur parfaitement. Quant à mon discours du 1er mai 2013, il vous faudra être devant notre Régionale FGTB mercredi prochain à 9h30 pour l’entendre.
Chers Camarades, Chers Amis, le 1er mai prochain, il y aura 1 an que la FGTB Charleroi & Sud-Hainaut lançait un appel à la formation d’une alternative politique à gauche du Parti Socialiste et d’Ecolo. Au début de cette année 2013, une fois passé le cap des élections communales d’octobre 2012, à l’initiative toujours de la FGTB, un comité de soutien à cet appel s’est constitué à Charleroi, autour des membres du Comité Permanent (représentants de toutes les centrales) qui y participent activement.
Le comité regroupe les représentants du PTB+, du PH, du Mouvement de gauche, de la LCT, du Front de Gauche de Charleroi, du PSL, du PC et de la LCR.
Dans une ambiance fraternelle et amicale que je me plais à souligner et à l’occasion de plusieurs réunions de travail depuis janvier 2013, ils ont œuvré ensemble à la construction de cette journée et à la réalisation du texte sur lequel s’appuieront tous nos travaux et que je pense utile de vous communiquer.
(Lire ici le texte « Construisons ensemble une alternative de gauche à la crise capitaliste »)

Chers Camarades, Chers Amis, la FGTB CHARLEROI & SUD-HAINAUT est particulièrement fière d’avoir ouvert cet espace de dialogue et d’action. Puissions-nous, tous ensemble, c’est notre vœu le plus cher, poursuivre cette démarche en l’élargissant progressivement.
Chers Camarades, Chers Amis,
Pas plus que le discours du 1er mai 2012 de la FGTB CHARLEROI & SUD-HAINAUT n’était, comme Paul MAGNETTE l’a déclaré dans la presse, un épiphénomène ou un coup de gueule récurrent et quinquennal, cette journée n’est une fin en soi. Ce n’est qu’un début !
Au sortir de nos travaux en ateliers, il nous faudra, grâce à votre participation et avec vos apports, définir la stratégie la plus adéquate et les actions communes que nous devons mener dans les prochaines semaines et les prochains mois pour faire émerger du monde du travail et de nos organisations syndicales respectives cette alternative de gauche à la crise capitaliste.
Ce ne sera pas sans difficultés, soyons-en conscients, mais je nous sens tous déterminés à y parvenir. Nous agirons sans précipitation pour éviter les écueils sur lesquels se sont heurtées les tentatives similaires par le passé et mettrons le temps qu’il faudra puisque de commun accord, nous n’agissons pas dans la perspective de quelque échéance électorale que ce soit.
Sachez toutefois que, dès à présent, de nombreux regards sont braqués sur nous. Ceux de celles et ceux qui partagent notre point de vue d’abord, qui n’ont pu être présents physiquement aujourd’hui mais qui nous rejoindront bientôt dans la réflexion et l’action. Et ils sont plus nombreux qu’il n’y paraît, croyez-moi !
La presse nous observe aussi. Elle qui était si encline à n’avoir fait de nos déclarations du 1er mai 2012 qu’un timide écho, s’intéresse chaque jour un peu plus à ce qui se passe à gauche de la gauche. C’est un signe qui ne trompe pas ! Notre visibilité et notre détermination grandissent de jour en jour et je puis vous rapporter qu’au Boulevard de l’Empereur à Bruxelles et à l’Avenue de la Marlagne à Namur, d’aucuns décortiquent notre dynamique et préparent une campagne médiatique visant à nous discréditer.
Plutôt que de s’en prendre à nous, qu’ils fassent d’abord leur examen de conscience ! Nous, nous avons choisi notre camp. Celui des travailleurs. Et nous assumerons nos responsabilités jusqu’au bout !
Comme le soulignait Ken LOACH dans son message de soutien « les vieux partis de centre gauche sont maintenant compromis par leur soutien aux programmes d’austérité. Leur idée d’un capitalisme ouvert au compromis que l’on pourrait faire fonctionner selon les intérêts de tous est clairement frauduleuse. Lorsqu’ils sont confrontés à cette réalité, ces partis, sans surprise, s’alignent sur les partis de droite. Nous avons besoin d’un nouveau départ. Nous avons besoin de nouveaux partis de la gauche qui comprennent et défendent les intérêts des gens ordinaires ».
Chers Camarades, Chers Amis, je nous sens toutes et tous déterminés à faire de cette journée une date historique pour la gauche de la gauche.
Je vous souhaite, après avoir entendu nos témoins, un excellent travail dans les ateliers. Rendez-vous à  17h00 pour la synthèse des travaux y hasta la victoria siempre !

Daniel Piron

« Nous ne pouvons compter que sur nos propres forces, nos propres luttes! »


Intervention TSE  à « la géode » le 27 avril 2013
Par Christiane Maigre
 


Bonjour à toutes et tous,

En 2004, le gouvernement fédéral introduisait, dans la réglementation du chômage, une nouvelle procédure dite d’activation du comportement de recherche d’emploi.
À quoi cela a-t-il servi ?
A convoquer régulièrement les travailleurs sans emploi à l’ONEm pour se justifier.
Cela a été une manière de transférer sur les travailleurs sans emploi la responsabilité de leur situation, alors que le manque d’emplois est une réalité économique. On ne demande pas au chômeur de trouver un emploi mais de chercher pour chercher.
Le chômeur qui ne répond pas aux critères sur sa recherche d’emploi doit signer un contrat unilatéral.
Il faut savoir que le «suivi» effectué par les facilitateurs de l’0nem se réduit en général à faire signer par les chômeurs, évalués négativement, au terme d’entretiens expédiés en quelques minutes, un formulaire pré-imprimé qui contient une série de clauses stéréotypées non négociées, telles que: envoyer dix CV, consulter douze offres d’emploi sur internet, s’inscrire dans quatre agences d’intérim, ou encore, mais si l’on est une femme seulement, aller se présenter aux titres-services.

« Pour faire bouger une montagne on commence par déplacer les petits cailloux »



par Isabelle Wanschoor, Secrétaire principale CNE Hainaut


Rejoindre l’appel de la FGTB Charleroi –Sud Hainaut et s’intégrer dans le processus de réflexion nous est apparu non seulement sur le fond, comme une évidence chez nous à la CNE et particulièrement à Charleroi et dans le Hainaut, mais nous avions également la  volonté  de soutenir le courage des camarades d’avoir osé jeter un fameux pavé dans la marre en déclarant haut et fort  ce que beaucoup pensaient tout bas !
Notre participation au groupe de préparation de ce meeting avec les petites et plus grandes forces politiques à la gauche de la gauche était le reflet de notre intérêt pour la démarche en exprimant clairement l’espoir de voir se mettre en place une réelle alternative  et  de poser un acte collectif fort !

10/04/2013

Construisons ensemble une alternative de gauche à la crise capitaliste

Le Premier Mai prochain, il y aura un an que la FGTB de Charleroi-Sud Hainaut, par la bouche de son secrétaire régional Daniel Piron, lançait un appel à la formation d'une alternative politique à gauche du Parti Socialiste et D'Ecolo. Au début de cette année, un comité de soutien à cet appel s'est constitué à Charleroi, autour des membres du comité permanent de la FGTB locale, qui y participent activement. Ce comité regroupe les représentants du Parti du Travail de Belgique, du Parti Humaniste, du Mouvement de Gauche, de la Ligue Communiste des Travailleurs, du Front de Gauche de Charleroi, du Parti Socialiste de Lutte, du Parti Communiste et de la Ligue Communisqte Révolutionnaire. Comme annoncé dans un communiqué publié sur ce site (http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=2790:rassemblement-a-gauche-du-ps-et-decolo-ca-bouge-a-partir-de-charleroi&option=com_content&Itemid=53), le comité de soutien organise, le 27 avril, une grande rencontre de débat ouverte à celles et ceux qui ressentent le besoin de rassembler les forces en faveur d'une alternative politique anticapitaliste. Cette rencontre aura lieu à la "Géode" du Palais des Expositions de Charleroi, de 13H30 à 19H (accès: rue de l'Ancre - 6000 CHARLEROI). Au programme: témoignages de militant-e-s, meeting et échanges en ateliers. Ces échanges se feront sur base du texte ci-dessous, dont les organisateurs soulignent le côté ouvert et évolutif dans le cadre d'un processus à court, moyen et long terme. (LCR-Web)

Construisons ensemble une alternative de gauche à la crise capitaliste

Voici un an, le Premier Mai, la FGTB CHARLEROI & SUD-HAINAUT dénonçait l’austérité et constatait que le PS et ECOLO n’étaient plus un relais politique aux revendications du monde du travail. Dans son discours, le Secrétaire Régional Interprofessionnel appelait à un rassemblement politique à gauche de ces partis pour rendre espoir et dignité aux travailleurs et travailleuses. Quelques semaines plus tard, le Secrétaire Général de la CNE s’exprimait dans le même sens. Plusieurs responsables syndicaux faisaient de même.
Tous ensemble contre l’austérité, la misère et l’injustice
Les constats dressés par les organisations syndicales en 2012 sont plus que jamais d’actualité. Depuis 2012, la situation des travailleurs et des allocataires sociaux s’est encore détériorée. Alors que des milliers d’emplois risquent de passer ou passent à la trappe, ARCELORMITTAL, Caterpillar, Ford GENK, … le gouvernement continue la chasse aux chômeurs et le détricotage de la Sécurité Sociale. Les femmes sont les principales victimes. Les salaires sont bloqués, l’index manipulé, le temps de travail annualisé, les jeunes sont précarisés.              
À propos du Budget 2012, le Secrétaire Régional de la FGTB CHARLEROI & SUD-HAINAUT disait, le 1er mai, « Ce budget est à nos yeux un budget antisocial et antisolidaire. C’est de l’austérité pour de l’austérité. … des mesures qui touchent le monde du travail, actifs et inactifs, travailleurs du privé et des services publics, si souvent eux aussi la cible du politiquement correct. Dès lors qu’on laisse capital et grosses fortunes tranquilles ».
Depuis 2008, partout en Europe et aux Etats-Unis, les banques ont été renflouées à coups de milliards, sur le dos de la collectivité, creusant ainsi les déficits publics. Nous sommes en 2013 et chaque « contrôle budgétaire » voit se répéter la chasse aux milliards. Croyez-vous que l’on a fait contribuer les entreprises et les grosses fortunes ? A Davos en janvier, le premier ministre, vantait les mérites des « intérêts notionnels » devant le gratin capitaliste mondial et se fendait d’un twit « de solidarité » avec les travailleurs d’Arcelormittal… En 2012, Arcelormittal a encore déduit 118 millions de ses impôts grâce aux intérêts notionnels. Avec 1,3 milliard de bénéfices en 2009 et 2010, il a payé 0 euro d’impôt. À la question : qui renflouera le holding Dexia ? La réponse est évidente : les finances publiques. À la question : qui paiera la note de la récession économique et de la dette publique ? La réponse est aussi évidente : le monde du travail.

Ce système ne peut être réformé. Il doit disparaître
C’est ce que disait le Secrétaire Régional de la FGTB CHARLEROI & SUD-HAINAUT en 2012. « Combien de temps allons-nous encore, Camarades, nous laisser tondre la laine sur le dos ? Car, Camarades, c’est bien de cela dont il s’agit. Il nous faut mettre ce système capitaliste aux oubliettes de l’histoire. Ce système ne peut être réformé. Il doit disparaître. Mais se contenter de l’affirmer du haut de cette tribune ne suffit pas. Faut-il encore nous en donner les moyens et le relais politique pour concrétiser notre objectif ».
Un relais politique d’un type nouveau qui rassemble, se nourrit des résistances sociales et qui les renforce : voilà en effet ce qu’il faut construire pour redonner espoir au monde du travail. Certains pensent qu’il serait possible de « peser » sur le PS et ECOLO pour qu’ils (re)deviennent des partis de gauche. C’est une illusion. Nous préférons inviter les militants de gauche du PS et d’ECOLO à nous rejoindre pour construire ensemble une alternative. On nous rétorque souvent « qu’en Belgique, le paysage politique oblige à composer ». Daniel PIRON répondait le 1er mai 2012 « qu’à force de composer, on se décompose, on se dilue. Et pour l’instant, c’est la gauche qui se dilue dans la droite ». Le résultat, ce sont les catastrophes sociales que vivent aujourd’hui les populations grecque, portugaise, espagnole, chypriote et irlandaise. Notre ambition n’et pas de composer et de nous diluer au pouvoir. Elle est de nous opposer jusqu’au moment où nous pourrons imposer une alternative digne de ce nom.
Pour une alternative de gauche à la crise capitaliste
Il est illusoire de penser qu’on peut réformer le capitalisme pour qu’il devienne un « bon » capitalisme de relance. Il faut donc être clair : il faut une stratégie pour sortir du capitalisme et le remplacer par un autre système qui satisfait les besoins de la population et préserve notre planète.
Nous en appelons à toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cet appel, à tous les militants, tous les travailleurs, d’où qu’ils soient et qui partagent notre point de vue à nous rejoindre pour en débattre
Le samedi 27 avril 2013 
à la Géode du Palais des Expositions de Charleroi
Accueil à 13h30
Début des travaux à 14h00

12/03/2013

Pour un écosyndicalisme de combat !

Par Daniel Tanuro

Quel est le point commun entre la volonté de GDF Suez de relancer les centrales nucléaires de Doel 2 et de Tihange 3, d’une part, et les fermetures d’Arcelor Mittal, de Ford Genk et de Caterpillar Gosselies, d’autre part ? L’impasse historique du capitalisme. Aveuglé par la concurrence, obnubilé par l’appât du gain, ce système absurde n’a plus rien d’autre à offrir à l’humanité que la destruction sociale et écologique.
Alors que les richesses accumulées seraient plus que suffisantes pour assurer le « buen vivir » de toutes et tous sur cette Terre, les patrons et les gouvernements à leur service sèment le malheur des 99% en tronçonnant les salaires, l’emploi et la protection sociale. Alors que les connaissances scientifiques et techniques permettraient de léguer un environnement de qualité à nos enfants, la course au profit empoisonne l’eau, l’air et les sols tout en provoquant une catastrophe climatique irréversible, aux conséquences sociales incalculables.
Vingt-quatre millions de chômeurs et de chômeuses dans l’Union Européenne, et ce n’est pas fini. Que faire ? Premièrement, résister et s’organiser pour la résistance la plus massive, opiniâtre et déterminée possible. Le temps du syndicalisme bureaucratique est définitivement révolu.
Les actions presse-bouton et les promenades Nord-Midi, ça suffit. L’heure de la bataille a sonné. Face à la brutalité des patrons voyous et à la perfidie des politiciens, il n’est d’autre solution que de renouer avec les meilleures traditions des luttes pour l’émancipation : la participation de toutes et tous au combat par la démocratie la plus large, l’occupation des entreprises, l’élection de comités de grève.  La concertation est morte, place à la lutte de classe !
Deuxièmement, élaborer un programme à la hauteur des enjeux. Une fiscalité juste, l’annulation de la dette illégitime et la réduction radicale du temps de travail sans perte de salaire et avec embauche sont des éléments clé. Mais il faut aller plus loin et, là aussi, l’histoire nous livre ses enseignements. Dans les années cinquante du siècle passé, sentant venir la crise du charbon et de l’acier provoquée par le parasitisme des holdings, la gauche de la FGTB proposait un programme de réformes de structures anticapitalistes dont la clé de voûte était la nationalisation sous contrôle ouvrier et sans rachat des secteurs de l’énergie et de la finance. Quoiqu’adopté en congrès et porté dans la rue par la grève générale de l’hiver 60, ce programme a ensuite été rangé au rayon des accessoires. Un demi-siècle plus tard, on paie cher cet abandon. Mais ce programme existe toujours. Sortons-le des tiroirs ! Inspirons-nous en pour jeter les bases d’une politique alternative et tracer un chemin vers l’abolition du capitalisme.
Evidemment, le monde a bien changé. Il y a la mondialisation du capital, l’Union Européenne et… la crise écologique. Ces changements majeurs sont source de désarroi. En particulier, face à la destruction de l’emploi, nombreux sont les syndicalistes qui croient pouvoir remettre la défense de l’environnement à plus tard. Ils ont doublement tort. D’abord parce que les pauvres sont les premières victimes du massacre de la planète. Ensuite parce que la réponse au saccage capitaliste est un élément décisif de l’alternative.
Eviter des catastrophes écologiques implique de réaliser dans l’urgence une gigantesque mutation vers une économie sans carbone fossile ni énergie nucléaire. Il s’agit d’isoler tout le parc immobilier, de généraliser des transports publics gratuits et de qualité, de bâtir un nouveau système énergétique décentralisé et 100% renouvelable, de sortir de l’agrobusiness… Le marché ne le fera pas, ou trop peu et trop tard, et à coups d’injustices supplémentaires. Le défi ne peut être relevé que par un plan public européen mobilisant au service de la collectivité les richesses volées par le capital. Certes, ce plan implique de sortir du tout automobile, de réduire la production matérielle et les transports. Mais, pour le mettre en œuvre, on a besoin d’industrie et d’ouvriers, de verre et d’acier, d’engins et de machines, d’ingénieurs et d’employés !
Voilà le constat sur base duquel la gauche syndicale d’aujourd’hui devrait élaborer un programme écosocialiste d’ensemble, cohérent, et dont la formidable légitimité sociale lui permettra de gagner l’hégémonie. Les obstacles sont formidables. Les affronter jusqu’au bout requerra notamment de forger un nouvel instrument politique. Mais il n’y a tout simplement pas d’autre voie.

Daniel Tanuro

publié sur www.lcr-lagauche.be

24/02/2013

Daniel Piron et la FGTB Charleroi persistent et signent : "Il faut un levier politique pour concrétiser les revendications du monde du travail"

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Daniel Piron et la FGTB Charleroi persistent et signent : "Il faut un levier politique pour concrétiser les revendications du monde du travail"

La Gauche : Il y a près d'un an, la FGTB Charleroi Sud-Hainaut lançait un appel à un rassemblement à gauche du PS et d'Ecolo, pour présenter une alternative politique anticapitaliste. Le contexte actuel vous incite-t-il à maintenir le cap?

Daniel Piron : Plus que jamais ! Le contexte ne s'est pas amélioré en un an. Il s'est plutôt détérioré. Il n'y a aucune différence avec la situation qui nous a motivés à lancer cet appel. Même si nous savons qu'il faut prendre le temps de construire une telle alternative politique, nous savons aussi qu'il y a urgence face à la situation politique, sociale et économique. Il y a donc toujours la nécessité de créer une grande force politique, on n'est pas encore au stade du parti, à gauche du PS et d'Ecolo.
Comment juges-tu l'écho de cet appel, quelles réactions avez-vous reçues, notamment de la part d'autres syndicalistes?
Pour l'instant, à l'intérieur de la FGTB, les échos n'ont pas été très nombreux. Il n'y a pas eu beaucoup de réactions. Ce qui est réjouissant, de notre point de vue, c'est la position de Felipe Van Keirsbilck et de ses camarades à la CNE. La CNE, c'est une centrale importante de la CSC, ce n'est pas rien de les voir s'impliquer à leur tour dans le processus. Du côté des militants de la FGTB, à Charleroi nous avons eu de nombreux militants sensibles à cet appel, qui nous ont interpellés et qui voulaient connaître l'avancement du projet. Des militants d'autres régionales de la FGTB ont également réagi positivement, que ce soit à Liège, à La Louvière ou à Verviers par exemple. C'est plus au niveau des structures de la FGTB, des centrales et des régionales, qu'il n'y a pas encore eu, à ce stade-ci, de réelles réponses à cette initiative.
Le communiqué que vous avez diffusé évoque la création d'un comité de soutien avec toutes les organisations de gauche et une première étape: une rencontre de lutte et de débat, avant le premier mai prochain, au cours de laquelle sera adoptée une déclaration commune. Cela vous satisfait?
Pour nous, il s'agit en fait de prendre les choses comme elles viennent. Dès le début, nous avons prévenu que nous ne voulions pas précipiter le processus, aller trop rapidement. Les différentes formations politiques qui ont répondu favorablement à l'appel (NDLR : il s'agit pour le moment du PTB, de la LCT, du MG, du PH, du Front de Gauche de Charleroi, du PSL, du PC et de la LCR) n'ont pas pour habitude de travailler ensemble. C'est pourquoi nous avons été ravis et très satisfaits, avec nos camarades de la FGTB Charleroi Sud-Hainaut, de voir que l'ensemble de ces forces étaient enfin prêtes à travailler ensemble, ce qui est déjà significatif ! A l'extérieur des participants à la réunion, un certain nombre de personnes ont été agréablement surprises de voir que l'ensemble de la gauche radicale est volontaire pour prendre part à ce comité. On aurait tout à fait pu imaginer que ces organisations se déchirent. C'est déjà un pas en avant, mais l'avenir nous dira comment cela va évoluer. Nous ne voulons pas faire de plans sur la comète, je le répète, mais avancer pas à pas. Nous ne boudons pas notre plaisir avec ce résultat qu'est l'organisation unitaire de la journée de lutte programmée pour la fin avril.
En posant la question du débouché politique et en affirmant que vous voulez contribuer à la résoudre, vous adoptez une démarche  inhabituelle dans le mouvement syndical. Abandonnez-vous l'indépendance syndicale? Comment voyez-vous le rôle respectif du syndicat et des partis?
Pour nous, il ne s'agit en aucun cas d'abandonner notre indépendance syndicale. Le syndicat est un contre-pouvoir, tandis que le parti politique vise la conquête du pouvoir. Cela étant, il y a une grande différence entre l'indépendance syndicale et l'apolitisme. Nous avons la responsabilité de nous prononcer sur ce qui se passe au niveau politique. Nous savons aussi qu'il faut un levier politique pour parvenir à concrétiser les revendications du monde du travail. Un parti anticapitaliste qui atteint une taille critique fait partie des outils pour renverser la vapeur par rapport aux choix dominants actuellement. L'optique que nous défendons est donc celle d'aider à la création d'un relais politique, mais avec lequel nous ne serons pas « cul et chemise » ! En effet, si demain ce grand parti à gauche voit le jour, il ne sera pas nécessairement à l'abri de dérives. Je suis d'ailleurs persuadé que nos camarades de l'époque des débuts du POB à la fin du XIXème siècle se retourneraient dans leur tombe en voyant le PS d'aujourd'hui. Pourtant, ce parti, ils l'ont soutenu et il a contribué à des victoires du monde du travail à l'époque. Donc, nous ne voulons vendre notre âme à qui que ce soit. Nous devons créer des relais vers les partis en phase avec nos revendications. Mais si d'aventure cette future force politique devait faillir, nous serions alors aussi critiques que nous le sommes avec le PS aujourd'hui.
Quel message souhaitez-vous faire passer suite à cette dernière réunion ?
Nous souhaitons tous que ce comité de soutien s'étende et s'élargisse encore et que de nombreux autres le rejoignent. Ceux qui ont la gauche dans leur cœur et sont convaincus que le système capitaliste va droit dans le mur ont toute leur place dans cette démarche et nous serions vraiment heureux de les y accueillir. « Dans le pluralisme et la démocratie la plus large», comme le dit notre communiqué du 22 février !
Propos recueillis par Mauro Gasparini

© photo : LCR-SAP

Daniel Piron sera présent à l'école anticapitaliste de printemps où il participera au débat sur l'alternative politique, le samedi 16 mars après-midi. Voir programme ici

22/02/2013

Rassemblement à gauche du PS et d'Ecolo: ça bouge à partir de Charleroi

Rassemblement à gauche du PS et d'Ecolo:
ça bouge à partir de Charleroi
Nous reproduisons ci-dessous un communiqué de presse diffusé ce jour par la FGTB de Charleroi-Sud Hainaut. Il y a près d'un an, le premier mai 2012, la FGTB Charleroi-Sud Hainaut lançait un vigoureux appel au rassemblement à gauche du PS et d'Ecolo, afin de donner une alternative politique anticapitaliste à la gestion de l'austérité par la social-démocratie et les Verts. Notre site avait amplement répercuté cet appel (lire ici) et nous avons interviewé plusieurs syndicalistes à ce sujet (notamment Felipe Van Keirsbilck, Nico Cue, Daniel Richard,...lire ici). La Formation Lesoil a depuis lors contribué à alimenter le débat, notamment à son école anticapitaliste de printemps 2012 (lien) et en organisant des rencontres publiques, à Liège et à Verviers (lire ici). Un blog a en outre été créé pour alimenter la discussion  tous azimuts (lien). Ayant appuyé dès le début la démarche des syndicalistes carolos, la LCR ne peut qu'appuyer de toutes ses forces le processus en cours, auquel elle participe avec d'autres forces dans une ambiance constructive et fraternelle.
La LCR se réjouit tout particulièrement de l'intérêt de la CNE, côté syndical, et, côté politique, de l'implication unanime des formations de gauche
(LCR-Web) 

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le 1er Mai 2012, la FGTB de Charleroi Sud Hainaut dénonçait l’austérité et l’absence de relais politique aux revendications du monde du travail. Dans son discours, le secrétaire régional interprofessionnel Daniel Piron appelait à un rassemblement politique à gauche du PS et d’ECOLO pour rendre espoir et dignité aux travailleurs et travailleuses.
Quelques semaines plus tard, le secrétaire général de la CNE, Felipe Van Keirsbilck, s’exprimait dans le même sens. Plusieurs responsables syndicaux faisaient de même.
Réunis ce 20/2 à l’initiative de la FGTB de Charleroi Sud Hainaut, et en présence d’une représentante de la CNE, des responsables du PTB, de la LCT, du MG, du PH, du Front de Gauche de Charleroi, du PSL, du PC et de la LCR décident de prendre leurs responsabilités et de répondre « présent » à ces différents appels.
Espérant que de plus en plus de forces syndicales, sociales et associatives les appuieront et les guideront dans cette voie, ces responsables décident de fonder un comité de soutien afin de commencer à concrétiser ces attentes. Ils veulent le faire avec toutes celles et ceux qui le souhaiteront, sans exclusives, dans le pluralisme et la démocratie la plus large.
Comme première étape, et en concertation avec les forces syndicales qui les ont interpellés, ils appellent à une journée de débat et de lutte fin avril. Au cours de celle-ci, ils proposeront à discussion et adopteront une déclaration commune.
Tous ensemble, contre l’austérité, la misère et l’injustice
Pour une alternative de gauche à la crise capitaliste.
 

17/11/2012

"La Libre" en parle...



"Un nouveau parti de gauche doit émerger"
"Ce sera peut-être un coup dans l'eau, mais cela va alimenter une demande sociale qui pourra peut-être, un jour, trouver une expression politique". "Il faut qu’émerge rapidement une force politique de gauche, suffisamment radicale pour affronter les dogmes néolibéraux et qui ait l’ambition de peser sur le cours des choses et de quitter la sphère protestataire." Celui qui s’exprime ainsi n’est pas un quidam, c’est Felipe Van Keirsbilck, secrétaire général de la Centrale nationale des employés (CNE), une centrale qui compte au sein de la CSC, dans une interview publiée sur le site LCR-La Gauche (Ligue communiste révolutionnaire).

http://www.lcr-lagauche.be/cm/images/Rafik-2012/filip.jpgretrouvez l'interview complète de Felipe Van Keirbilck  sur notre site :
«Vivement un grand parti de gauche! » Une Interview de Felipe Van Keirsbilck, Secrétaire général de la Centrale Nationale des Employés (CNE-CSC) 
et l'article dans "La Libre" ici

 

17/10/2012

Débat à Verviers le 25 octobre


22/06/2012

L’Appel de la FGTB de Charleroi a résonné à Liège !

Par Denis Horman
Le 15 juin 2012, à l’initiative de la Formation Léon Lesoil, l’asbl culturelle de la LCR,  c’est dans une salle bien remplie de la FGTB de Liège que Daniel Piron, secrétaire régional de la FGTB de Charleroi-Sud Hainaut, est venu expliquer, devant une centaine de participant/e/s, le sens et les objectifs de l’Appel qu’il a lancé, le premier mai dernier à Charleroi, au nom de l’ensemble des centrales de la régionale FGTB. A la même tribune, Nico Cué, secrétaire général des Métallos FGTB Wallonie-Bruxelles, allait appuyer et conforter cet Appel.
Dans la salle, les secrétaires des régionales de la FGTB  de Verviers et Namur, des délégué/es syndicaux, des militant/e/s des organisations de la gauche radicale -LCR, PTB, PC, PSL-,  du Mouvement de Gauche également, des mouvements sociaux ou encore des personnes qui aspirent à la mise en œuvre d’une véritable alternative anticapitaliste, au rassemblement des forces de gauches pour la mettre en œuvre.
Appel à un rassemblement politique à  gauche du parti socialiste et d’Ecolo
« Il faut le dire clairement, signale d’emblée Daniel Piron, le Parti socialiste ne représente plus pour nous aujourd’hui le relai naturel de la FGTB ». Et d’évoquer, ces 20 dernières années, avec le retour des socialistes au gouvernement, la réforme de l’enseignement durement payée par les enseignants, le plan global, le pacte des générations, le contrôle de la disponibilité des chômeurs, et, pour couronner le tout, les décisions budgétaires 2012 du gouvernement Di Rupo 1er, « ce plan d’austérité et de régression sociale le plus dur qu’on ait connu, avec ce bain de sang social surtout pour les chômeurs ». « Après la grève générale de fin janvier 2012, continue le secrétaire régional de la FGTB de Charleroi, nous avons tenu une assemblée des militants syndicaux. Nombre de ceux-ci, en proximité avec le PS, ont dit « le PS nous a trahis ».
Daniel Piron a précisé le sens de l’appel du 1er mai : appel à un rassemblement politique à gauche du PS et d’Ecolo. « Ce que nous voulons, ce n’est pas  pousser à la création d’un parti de plus à gauche, mais  de fédérer à la gauche du PS et Ecolo. Il y a là des forces vives, actives, militantes et anticapitalistes porteuses d’espoir pour le monde du travail ». Appel sans exclusives : « la FGTB de Charleroi a rencontré d’abord la section du Hainaut de la LCR, suite à la lettre ouverte, adressée aux syndicalistes par la Ligue Communiste révolutionnaire. Nous sommes en contact également avec le PTB, le PC, PSL ; et puis, on peut aussi rallier des militant/e/s  de la gauche chrétienne, également du PS, d’Ecolo, déçus, sans pour autant faire un rassemblement des déçus ».  Appel à un rassemblement sur la base d’un programme anticapitaliste : « C’est en toute indépendance syndicale –car le syndicat n’a pas vocation d’être un parti-, mais sur la base d’un programme syndical anticapitaliste, déjà présent, pour une bonne part, dans les congrès de la FGTB wallonne, que nous allons continuer à interpeller les organisations et les militants de la gauche de gauche ». Un appel à concrétiser, mais pas de manière précipitée : «  il faut prendre le temps de dialoguer avec l’ensemble des forces de gauche, ce que nous ferons après les élections communales. Mais, l’urgence est là également. Attention à l’extrême-droite ! ».

Nico Cué enchaîne sur le constat fait par Daniel Piron : « le PS est au pouvoir depuis 25 ans. Après le plan global, la norme salariale en 1996, le Pacte des générations, soi-disant pour garantir l’avenir des plus jeunes, nous voici maintenant avec un plan d’austérité, de régression sociale du gouvernement Di Rupo, un programme du MR au carré ! ». Et de souligner, lui aussi, les violentes attaques contre les chômeurs : « Plus de 100 000 personnes vont voir, dans les deux prochaines années, leurs indemnités de chômage diminuer de manière drastique ; 30 000 jeunes vont perdre leurs indemnités de chômage. Est-ce que la situation économique justifie de telles mesures ? Non ! ». « A la FGTB Métallos Wallonie-Bruxelles, continue son secrétaire général, on considère que nous sommes dans un changement de régime. C’est le président de la Banque centrale européenne lui-même, Mario Draghi, qui le dit en proclamant que le modèle social européen est mort.  Un « modèle » établi après la 2ème guerre mondiale entre patronat, syndicats et gouvernements, impliquant une répartition plus ou moins équilibré des fruits de la croissance, de la production des richesses. C’en est fini : le grand capital et la dictature des marchés en ont décidé autrement ».  Nico Cué  souligne également un autre aspect de ce  changement de régime : « Est-on encore en démocratie ? L’Europe, la commission européenne, le Conseil européen sont en train d’imposer, avec la fameuse « règle d’or », des mesures d’austérité à l’ensemble des pays, sans que les parlements nationaux, démocratiquement élus, aient leur mot à dire ».
« On a un énorme besoin d’une alternative politique à gauche, une vraie alternative anticapitaliste », souligne notre syndicaliste. Et de lancer un appel : « Il est temps qu’on prenne bien conscience qu’il faut se rassembler à la gauche du PS. Il est grand temps que les organisations de la gauche de gauche arrêtent de se diviser, de penser dans sa chapelle, d’avoir raison contre les autres ».

Un débat constructif !
Le PS en a pris pour son grade ! « La politique social-démocrate a viré au social-libéralisme », constate un ancien secrétaire régional de la FGTB ; le relai politique du PS, « sans nous ce serait pire, ce serait le bain de sang social », a servi à faire passer des mesures de plus en plus antisociales ». Un délégué syndical parle du « pire plan d’austérité de l’après-guerre » et y va d’une réflexion quelque peu truculente : « Les cadres du MR n’ont plus besoin de viagra, parce qu’ils bandent tous les jours ». Un autre délégué pose la question aux deux orateurs: « l’appel au rassemblement politique de gauche a-t-il pour fonction d’être un aiguillon du PS ? Celui-ci peut-il encore  se replacer dans la défense inconditionnelle des travailleurs ? ».
« Nous sommes bien dans un basculement du monde », constate un autre intervenant. Au-delà des mesures d’austérité, c’est la destruction de tous les acquis du mouvement ouvrier depuis la 2ème guerre mondiale dont il s’agit ». Et d’ajouter : « comme le souligne la lettre ouverte de la LCR aux syndicalistes, ce gouvernement, comme les autres en Europe, veut casser la résistance du mouvement syndical, pousser les syndicats dans le coin pour lancer demain des attaques encore plus grandes. Il y a, dans plusieurs pays, de grande mobilisations sociales, des grèves générales, mais elles butent contre le mur du pouvoir en place. Le verrou est politique ».
Une grande partie du débat porte précisément sur le sens, la concrétisation de l’Appel à un rassemblement politique des forces à la gauche du PS et Ecolo, son caractère anticapitaliste, sa résonnance actuelle dans le mouvement syndical, les initiatives en cours et à poursuivre.
Attention à la précipitation, mais aussi à la lenteur, car il y a des opportunités à savoir saisir ! Attention à l’électoralisme, d’où l’importance d’articuler le débouché politique avec les luttes sociales.
Une autre réflexion largement partagées par plusieurs interventions : « Ce qui est fondamentalement différent de ce qu’on a connu jusqu’à présent, c’est que cet appel vient du mouvement syndical lui-même  et qu’il place les organisations de la gauche anticapitaliste devant leurs responsabilités. Cette responsabilité pourrait par exemple se concrétiser, à l’initiative  des porteurs de l’Appel syndical, en des actions, des mobilisations unitaires sur les principales attaques actuelles du gouvernement et du patronat, la suppression et la dégressivité des allocations de chômage, les prochaines mesures budgétaires, par exemple ».

Quelques éléments de clarification      
Daniel Piron et Nico Cué, sur la même longueur d’onde, allaient, en conclusion, apporter quelques éléments de réponse aux questions et aux nombreuses interventions.
« Un sursaut à l’intérieur du PS, on aimerait bien, mais nous n’y croyons pas. Le rassemblement auquel nous voulons travailler, en toute indépendance syndicale,
c’est bien pour nous la construction d’une force politique de gauche anticapitaliste, crédible, unitaire pour concrétiser une véritable alternative, pas seulement sur la plan électoral, mais pour agir et peser sur le terrain,  dans la lutte de classe, une lutte qui va être de plus en plus dure ».
« Il faut se dépêcher lentement », souligne Nico Cué. « Il faut s’accorder sur le rythme, car nous sommes dans un tournant historique. Si on ne saisit pas ce moment, je ne donne pas cher pour que, dans les 5 années qui viennent, on ne se retrouve en prison pour des faits de grèves, pour des actions syndicales un peu musclées. Voyez Mme Milquet, notre ministre de l’Intérieur, qui, après les incidents de Molenbeek, fait le forcing pour interdire les organisations radicales ». Et d’insister à nouveau sur la responsabilité des organisations de la gauche radicale.
« Ca commence à bouger au sein de la FGTB », soulignent nos deux syndicalistes. Au-delà de la FGTB de Charleroi, l’Exécutif des Métallos FGTB est dans cette démarche ; la Centrale Générale lance le débat et à la FGTB wallonne, on en discute également. Mais, pour nos deux syndicalistes, l’important aujourd’hui, « c’est de mener un débat en profondeur en interne, dans les structures syndicales, jusque dans les entreprises ».
« L’histoire nous donnera raison », conclut Daniel Piron. « Un plan de relance comme nous le voulons, ça ne se fera pas. Le gouvernement a décidé d’aller trouver encore quelque 15 milliards d’euros, d’ici 2015, pour combler le déficit budgétaire. Cela va encore donner une plus grande résonnance à notre Appel.
En attendant, on ne se croise pas les bras. Nos orateurs  ont annoncé la préparation de mobilisations syndicales pour la mi-septembre.
A nous d’être à leurs côtés !    

16/06/2012

SETCa Charleroi : la Gauche est-elle soluble dans l’austérité ?


Ce jeudi 14 juin, le SETCa de Charleroi a offert une tribune aux partis « de gauche » devant son Comité Exécutif. C’est évidemment dans le cadre de la dynamique lancée par la FGTB Charleroi le 1er mai autour de la constitution d’une force politique à gauche du PS et d’Ecolo que cette initiative se situe. Devant quelques dizaines de militants, le Secrétaire Général du SETCa, Rudy Pirquet, plante d’emblée de débat dans un cadre clair : les partis de gauche doivent-ils se retrouver dans un gouvernement pour appliquer des mesures de droite ? Sont-ils encore de gauche ?
En obtenant la parole en première, Ozlem Ozen, vice-présidente de la Fédération PS de Charleroi et députée fédérale, n’avait pas vraiment un cadeau. Il fallait un certain courage pour oser dire que « le PS se bat pour faire barrage au maximum aux politiques libérales »… et d’ajouter que c’est grâce au PS qu’on n’a pas de nouveaux impôts et qu’on a gardé l’index ! Elle reprend alors tout les arguments (« le moindre mal », « sans nous, ce serait pire, regardez la Grèce et la Roumanie », « on a augmenté le salaire minimum, ailleurs il baisse », « on n’a pas limité le chômage dans le temps ») que le Secrétaire de la FGTB avait démonté lors de son discours de 1er Mai.
Benjamin Dusaussois pour le PSL et Bernard Wesphael (MG en constitution) repartent du cadre européen, niveau auquel de nombreuses politiques d’austérité sont élaborées. B Wesphael, rappelle qu’il fut seul en 2005 à voter contre le traité constitutionnel européen, au niveau Wallon. Il rappelle qu’à l’époque la Confédération Européenne des Syndicats était pour…
Au nom de la LCR, Freddy Mathieu a rappelé la « lettre ouverte aux syndicalistes » qui circule dans les milieux syndicaux depuis la mi-janvier : partant du constat que la social-démocratie (rose ou verte) est totalement convertie « au marché » il décrit comment le mouvement syndical a été conduit dans une impasse. Les « relais politiques » et la « courroie de transmission » fonctionnent à contresens, pour faire passer les mesures antisociales auprès des travailleurs. Il prend à contrepied les arguments de la représentante du PS en décrivant comment trente années du PS au pouvoir ont abouti au détricotage de la Sécurité Sociale (notamment en matière de chômage et de pensions) et à la « note Di Rupo » de juillet 2011, un copié/collé du fameux « modèle allemand » qui brade les conditions de travail et la protection sociale. Si le syndicat veut sortir de cette ornière, dit-il, il doit prendre des initiatives, en toute indépendance. Cela changerait la donne à gauche.
Germain Mugemangango (du PTB) a acté plusieurs points de convergence avec les trois intervenants qui le précédaient. Il a marqué son intérêt pours les déclarations de Daniel Piron le 1er mai, mais il pense que les organisations de la gauche radicale doivent prendre des initiatives diverses (notamment lors de scrutins comme les élections communales) pour se rapprocher et offrir la réponse unitaire attendue par le syndicat.
Isabelle Meerhaeghe (Ecolo) a critiqué vertement le PS mais n’a pas pu démarquer la politique gouvernementale d’Ecolo aux gouvernements, wallon et communautaire, de « la bonne gouvernance » qui est un des thèmes chers aux milieux pro-austérité européens. Elle s’est empêtrée dans une pseudo explication du vote des écologistes en soutien au MES (« le mécanisme pas le traité »)… Ce qui lui valut une réplique vive de Freddy Mathieu et Bernard Wesphael à propos des conséquences automatiques, inéluctables d’une acceptation parlementaire de ces nouveaux mécanismes européens. « Des gouverneurs intouchables, incontrôlables, décideront du montant que les pays devront débourser pour aider d’autres pays à aider leurs banques comme en Espagne, sans débat, sans décisions démocratiques et puis on nous redira encore que c’est l’Europe qui décide au-dessus » s’emporte Freddy Mathieu d’accord avec B. Wesphael pour dire que le mouvement syndical doit bloquer ce dossier par une mobilisation urgente et vigoureuse.
Plusieurs militants de l’Exécutif du SETCa sont intervenus notamment à propos de la coupure qui s’approfondit entre le PS et les travailleurs, à propos de l’index, de la pauvreté galopante, particulièrement dans la région de Charleroi.
Dans la deuxième partie du débat, la question centrale était de définir les possibilités de « création d’un nouvelle force politique à gauche du PS et d’Ecolo » ainsi que l’exprimait la FGTB le 1er mai. Rudy Piquet rappelle que Paul Magnette trouve cette proposition « folklorique »…
C’est Freddy Mathieu qui ouvrait le feu sur cette question. « Pour la LCR dit-il, petite organisation on ne vient pas vendre nos salades, on pense que c’est au mouvement syndical de donner le tempo et le contenu d’un telle dynamique, il en a la représentativité (3 millions de syndiqués) ; la compétence, l’expertise (il défend au quotidien les travailleurs avec ou sans emploi et connait leurs situations concrètes) ; les forces militantes (des milliers de délégués dévoués, élus par les travailleurs). » L’addition des petites forces des petites organisations de la gauche radicale est souhaitable mais pas suffisante, estime t’il, on a besoin d’une autre alchimie pour (re)construire une vrai parti de classe qui s’appuie avant tout sur la lutte des travailleurs. Appuyant les  interventions dans la salle, il continue « C’est totalement réducteur de dire que c’est le PS qui a sauvé l’index ; la droite et les milieux patronaux ont peur d’attaquer de front sur cette question à cause de la force de mobilisation syndicale qui reste, malgré les coups, relativement intacte, nous ne pouvons compter que sur nos forces».
Bernard Wespahael estime qu’avec la création du MG il n’y a rien à créer en plus, se défendant de diviser la gauche, comme certains le lui ont reproché personnellement. Le PSL s’est dit d’accord avec la notion de « parti de classe » plaidant pour un vrai débat entre les différents courants de la gauche radicale qui devraient y coexister. Le PTB et Ecolo sont restés assez évasifs sur cette question. Ecolo en particulier se limitant à reparler des « convergences à gauche », projet sans lendemains du PS pour phagocyter Ecolo,  auxquelles le parti vert préfère une « gauche réunie, pluraliste », comment ? avec qui ?
Ce débat a mis en évidence la recherche d’alternatives chez les militants syndicaux, mais aussi l’immense travail de conviction qui doit être fait avec les bases syndicales que l’offensive idéologique de la droite, soutenue et répercutée par la pseudo-gauche, a labouré pendant des décennies.

Correspondant
14 juin 2012