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21/06/2013

Le temps des équilibristes…


Par Farid Khalmat

Des orages violents, des inondations et le début d’été pourri, que pouvait rêver de mieux le premier Di Rupo ? Les gens seront ainsi moins enclins à se préoccuper des mauvais coups qui se préparent au gouvernement. Au menu un trio spécialement mijoté par nos chefs : le dossier du statut ouvrier/employé, le blocage salarial, et de nouvelles coupes budgétaires, avec en toile de fond une dérive autoritaire, anti-démocratique dont le TSCG est la clef de voute.

Dossier ouvrier-employé : je te tiens, tu me tiens par la barbichette
Dans ce dossier, politiques, responsables patronaux et syndicaux semblent d’accord sur un point : il faut « trouver une  solution rapidement sinon… » Sinon quoi ? Sinon dès le 9 juillet un travailleur qui viendrait à être licencié par son employeur (par les temps qui courent il n’est pas sûr qu’il le veuille vraiment) serait en droit de réclamer un préavis équitable ! Notons donc au passage que  ce que cherchent désespérément les « interlocuteurs sociaux » serait un compromis en-dessous de ce droit…
Aujourd’hui en Belgique 70% des travailleurs ont droit, en cas de licenciement, à des préavis équivalents à ceux des « employés », ceci grâce à des Conventions Collectives qui ont déjà réduit, grâce au combat syndical, les discriminations que subissaient les ouvriers. Toute harmonisation vers le bas serait donc un recul pour la grande majorité des travailleurs et donc une victoire pour les employeurs qui pourraient ainsi avoir les mains libres pour « dégraisser » plus facilement. Et il n’est pas certain que les quelques petites miettes accordées aux 30% qui ont aujourd’hui une moins bonne protection contre le licenciement tiendraient longtemps face à l’offensive patronale généralisée.
Il faut bien constater que les directions syndicales n’ont pas mis toute la pression nécessaire pour faire comprendre cet enjeu et surtout pour mobiliser en conséquence. Elles se sont laissées trainer jusqu’à la veille des vacances et la date fatidique du 8 juillet. De plus elles sont entrées dans le jeu du gouvernement en se renvoyant la « patate » chaude à tour de rôle. Le dossier qui était sur la table du gouvernement leur a été renvoyé et est actuellement traité par les interlocuteurs sociaux qui doivent répondre à 12 questions contenues dans la demande du gouvernement. Bien évidemment les patrons bloquent ces négociations.
Au cours d’une réunion récente de son bureau, la FGTB est amenée à constater « nous devons rapidement communiquer, sensibiliser et mobiliser sur ce dossier. A ce propos, le Bureau FGTB du 25 juin 2013 fera le point et tirera les conclusions. En d’autres termes, en cas d’échec de la négociation, il faut poursuivre notre pression sur le monde patronal, lequel exerce aussi son lobby et est derrière les idées imbuvables sur le dossier employé-ouvrier ».
On pourrait s’attendre à ce que « communiquer, sensibiliser et mobiliser » conduise à « passer à l’action » mais non ! La conclusion serait plutôt comme les patrons, « d’exercer un lobby ». Sur qui ?
Du côté des directions syndicales ont n’a pas trop envie, à un an des élections, de fragiliser un peu plus « les relais ». Les « relais » fonctionnent très bien mais dans l’autre sens : le PS met la pression pour éviter de devoir prendre lui-même des mesures impopulaires. Il a besoin d’un paravent. Il fait appel « au sens des responsabilités » des syndicats et prépare déjà son explication habituelle : « on se bat comme de beaux diables mais on n’est pas seuls au gouvernement, nous serions obligés d’accepter un compromis avec la droite du gouvernement ». Bref ce qui est demandé aux syndicats c’est de définir eux-mêmes les reculs qu’ils sont prêts à accepter !
C’est donc un vrai parcours d’équilibriste auquel se  livrent les directions syndicales et le gouvernement.

Renouer avec le combat
Il est clair que la stratégie actuelle des directions syndicales conduit les travailleurs à une nouvelle impasse.
Même si les vacances approchent il faut tout faire pour bloquer le détricotage des droits sociaux. Dans le dossier du statut ouvrier-employé, il faut refuser de se laisser entraîner dans des replis corporatistes et des querelles stériles entre centrales et entre syndicats. Il faut remettre la solidarité à l’ordre du jour. Contrairement à ce que peuvent laisser penser certains, un compromis sur ce dossier ne freinera pas de nouvelles exigences patronales, en particulier dans l’autre dossier brûlant : le blocage (en fait la diminution) des salaires.

Farid Khalmat - 21 juin 2013

07/06/2013

2ème lettre ouverte aux syndicalistes




Pour une résistance sociale sans concessions à l'austérité 
Pour une alternative politique au social-libéralisme

Camarades,
Le monde du travail est soumis à rude épreuve et c'est de mal en pis. La crise s'ins­talle durablem­ent en Eu­rope et pèse sur les rapports de forces entre le patronat et le monde du travail.Thatcher a passé l'arme à gauche et les théories néolibérales perdent du terrain. Mais elles pren­nent de plus en plus la forme d'un dogme au service des 1% les plus riches de la société. Le capitalisme néo­libéral est toujours debout, car les travailleurs sont contraints de lutter entreprise par en­treprise, secteur par secteur, pays par pays. Cela crée un sentiment d'impuis­san­ce. Alors que nous aurions besoin d'un contre-projet social pour convaincre de larges couches de la population : une société avec une égalité sociale et des droits démocratiques pour tous et pour toutes, avec la sau­vegarde de la nature.

Le « moindre mal »  ne fait pas notre affaire
La gauche social-libérale (le PS et le sp.a) quand ils ne reprennent pas entièrement la propagande média­tique des « experts » sur « la crise, la dette, la compétitivité et le vieillissement », nous resservent la même ren­gaine: « C'est la faute à l'Union européenne, à la N-VA, aux libéraux ! ». Pour ajouter: « Sans nous, ce se­rait pire ! ».
Vraiment ? En Grèce, en Espagne et au Portugal ce sont les partis-frères du PS et du sp.a qui ont amorcé le tournant vers le tsunami de l'austérité. Ils ont tout simplement fait le boulot de la droite. En France, le PS est seul au pouvoir. Mis à part le droit au mariage pour tous, rien ne distingue la politique du PS français de celle de Sarkozy : guerre au Mali, CRS contre grévistes chez PSA, police dans les banlieues. Au niveau européen, rien ne différencie la politique du PS de celle de la droite. Tous votent de la même manière les mêmes traités d'austérité. Rappelons-nous la fin des années 1990, quand les partis socialistes étaient majoritaires dans 13 gouvernements sur 15 en Europe : ça n'a en rien freiné la frénésie libérale de l'Union européenne créée par et pour la bourgeoisie. Paul Magnette et Bruno Tobback ne trompent quasiment personne avec leur énième ra­valement de façade du PS et du sp.a. Qu'ils arrêtent de nous ressortir ces vieux tours de passe-passe !  Cela ne prend plus !
En Europe, les patrons ont décidé de profiter de la crise ca­pitaliste pour nous ramener loin en arrière sur le plan social : privatisations des services publics, dérégulation des lois sociales, blocage des salaires,  attaques sur les soins de santé, sur les pensions, sur les allocations de chômage, etc. Une stratégie qui a d'abord été testée  sur la population de l'Europe du Sud et de l'Est, destinée à devenir pour le Nord de l'Europe (sur­tout pour l'Allemagne) ce qu'est le Mexique pour les USA. Une fois que la population de l'Europe du Sud et de l'Est de l'Europe sera entièrement plongée dans la misère, celle des autres pays (comme la Belgique) sera vouée à subir le même sort, probablement avec un rythme un peu plus lent.
Résistance sociale
Il faut résister à ce rouleau compresseur qui broie les conquêtes sociales arrachées par nos anciens Le monde du travail et le mouvement syndical sont dans le collimateur. Dans le camp d'en face, on ne « chôme » pas. pour préparer des nouvelles contre-réformes. Chez nous, le gouvernement Di Rupo et les gouvernements ré­gionaux (auxquels participent les verts à Bruxelles et en Wallonie) multiplient les mauvais coups: 23 mil­liards de coupes budgé­taires, baisse des salaires réels de 0,4 % et gel des salaires pour au moins 6 ans, 5.000 pertes d’emplois dans la fonction publique, coupes sombres à la Poste et à la SNCB, démantèle­ment des pré­pensions et abaissement du montant réel des pen­sions, limitation dans le temps des allocations de chômage par leur abaissement radical sous le seuil de pauvreté, gel des dépenses de soins de santé, hausse des tarifs dans les transports publics et suppression de lignes, restrictions budgétaires dans les com­munes et les CPAS... On ne compte plus les fermetures dans l'industrie (ArcelorMittal, Ford-Genk, Duferco) et les pertes massives d'emplois (Caterpillar). Dans le secteur tertiaire, les employés des banques et du commerce ne sont pas épargnés.  Et ce n'est qu'un début, si on ne les arrête pas.
D'autre part, des partis comme l'Open VLD et la N-VA se déchaînent dans la presse et à la télé pour re­mettre en question le paiement des allocations de chômage par les syndicats, Si une telle menace était mise en appli­cation elle affaiblirait considérable­ment les syndicats qui perdraient sans doute des dizaines de mil­liers d'affi­liés qui seront victimes de la réforme des nouvelles règles d'indemnisation des chômeurs contre lesquelles les syndicats, dans leur ensemble, ne se sont pas suffisamment battus. Mais il y a aussi eu les at­taques du sp.a contre le droit de  grève dans les transports publics, celles de la N-VA contre le mouvement ouvrier chrétien flamand (ACW) et les insultes de Di Rupo contre des syndi­calistes CGSP : "Vous conduisez les citoyens vers l'abîme".
Partout en Europe, les conventions collectives de secteur et les contrats à durée indéterminée sont remises en cause: en Grèce, en Italie, mais aussi en France, en Belgique avec l'acceptation par les syndicats d''avoir recours au travail intérimaire pour rempla­cer la période d'essai légale d'un contrat de travail, Les budgets des États membres de l'Union européenne sont maintenant soumis à la Commission avant d’être discutés par les parlements nationaux.
La classe dominante voudrait que les syndicats se réduisent à des organismes de services individuels aux af­filiés et se limitent à organiser de temps en temps une journée d'action sans lendemain pour fatiguer les mi­litants les plus combatifs, faire baisser la tension sociale et finir par négocier un mauvais compromis qui ava­lise de nouveaux reculs sociaux.  La norme salariale imposée par le gouvernement risque d'être assortie de sanctions contre les employeurs qui signeraient des conventions de secteur et d'entreprise plus favorables aux travailleurs. Pourquoi le gouvernement et les patrons se gêneraient-ils quand ils ont en face d'eux des direc­tions syndicales effrayées par la perspective d'engager une lutte acharnée ?
Pour un syndicalisme combatif et démocratique
Toutes ces attaques patronales ne seraient pas possible si les organisations syndicales avaient un vrai plan de bataille. L'incurie bureaucratique de certaines directions syndicales, voire la complicité de certains diri­geants (FGTB ou CSC) qui démobilisent les militants par des promenades syndicales entre la gare du Nord et celle du Midi sans revendications concrètes, sans plan de bataille et sans lendemain conduit à la démobili­sation, à la résignation et à la défaite. Les directions syndicales viennent d'accepter la hausse des heures sup­plémentaires et de nouvelles baisses de cotisations patronales à la sécurité sociale pour un montant de 270 millions. Alors que les dividendes des entreprises du BEL20 sont en hausse de 10% en 2012 et atteignent près de 7 milliards!
Pour Anne Demelenne et Rudy De Leeuw (FGTB-ABVV), pour Claude Rolin et Marc Leemans (CSC-ACV), le rôle des syndicats dans la période actuelle consiste à accompagner les contre-réformes néolibérales, de sauver quelques miettes et de présenter ces reculs, inconcevables encore il y a 10 ans, comme des vic­toires ! Et avec en primes les félicitations adressées au PS ! Pis encore, le président de l'aile flamande des mé­tallos FGTB (ABVV-Metaal) assume pu­bliquement qu'il ne sert à rien de mobiliser parce qu'il ne veut pas faire tomber le gouvernement et il prône le sabotage des actions décidées par l'ensemble de la FGTB ! Au sein de la FGTB il est de plus en plus question de divisions :entre centrales (entre les centrales ouvrières et le SETCa, entre centrales du privé et la CGSP) et de discours à relents communautaires. Alors que la solidarité interprofessionnelle, entre travailleurs flamands, bruxellois et wallons est plus indispensable que jamais !
Hélas ce n'est pas tout : le « plan d'action » de la FGTB avec des actions locales et des manifestations sans perspectives est encore bien trop faible ne serait-ce que pour bloquer les mesures d'austérité et risque ainsi de provoquer la démoralisation. Et du côté de la CSC c'est encore pis dans l'ensemble.
Les beaux discours dans la presse syn­dicale n'y changeront rien. La bourgeoisie utilise le PS, le sp.a et dans leur sillage les directions syndicales comme amortisseurs de la souffrance et de la colère des travailleurs. C'est un beau jeu de dupes. Faire semblant de lutter pour ne pas mettre en danger le gouvernement, ça suffit ! Cette politique favorise le sauve-qui peut, le replis égoïste sur soi qui menace le syndicalisme d'une débâcle funeste. Nous avons un besoin urgent d'un vrai plan d'action dé­battu et élaboré de la base au sommet. Sans quoi , la lutte des classes, au vu de la violence des 1%  qui nous dominent ressemblera à  une corrida, avec le capital dans le rôle du matador.
Une alternative politique pour le monde du travail
Pour vaincre il est essentiel de se dresser sur deux jambes: la lutte sociale et l'alternative politique. En Grèce, une ving­taine de journées de grèves interprofessionnelles, des manifestations massives de rue, des occupations d'entreprises n'ont pas suffi, notamment parce qu'il n'y a pas eu d'articulation entre le mouve­ment social et une alternative politique anticapitaliste. Le défit est de regrouper, autour d'une alterna­tive politique de classe contre le capitalisme, les forces de toutes celles et ceux qui luttent au quotidien contre ce système. Forger un outil politique augmentant la force de frappe des re­vendications sociales, et amenant aux luttes une perspective politique permettant de reprendre confiance. Alors que le paysage politique est du­rablement déstabilisé par l'austérité dans de nombreux pays d'Europe, aucune force politique en Belgique, pas même le PTB, ne peut actuellement répondre à de telles exigences.
En Flandre des voix s'élèvent dans le Mouvement Ouvrier Chrétien (ACW) pour rompre avec le CD&V mouillé jusqu'au cou dans la crise bancaire et l'austérité néolibérale, Du côté francophone, l'appel du 1er Mai 2012 de la FGTB de Charle­roi pour une nouvelle force politique anticapitaliste à gauche du PS et d’Écolo, a projeté la question sur la place publique et on en discute dans des assem­blées de travailleurs et de délégués. A la Centrale Nationale des Employés (CSC) aussi on en discute . Un comité de soutien unitaire de la gauche, avec notamment le PTB, la LCR, le PC, le PSL, le Mouvement de Gauche et d'autre a vu le jour dé­but 2013. Le projet est de soutenir l'émer­gence d'une telle force tout en préser­vant l'indépendance syndicale. Un meeting historique convoqué en front commun FGTB-CNE s'est tenu à Charleroi le 27 avril, avec le sou­tien de toutes les organisations de gauche.
Un débat démocratique sur la stratégie syndicale
Dans la mesure où les dirigeants syndicaux actuels nous conduisent à l'impasse, il faut un large débat dé­mocratique au sein de la FGTB et de la CSC Un débat qui débouche sur des congrès extraordinaires d'orien­tation permettant d'organiser valablement la résistance sociale.
Il est impératif que les organisations syndicales changent de cours de toute urgence afin de défendre les in­térêts de tous les travailleurs. Sans résistance sociale acharnée, une alternative politique de gauche n'a aucune chance. Sans alternative politique de gauche, les syndicats resteront prisonniers de la politique du « moindre mal» et du PS. La victime des contre-réformes sociales sera incontestablement toute la population labo­rieuse : hommes et femmes avec ou sans emploi, jeunes, chômeurs, pensionnés, malades , etc.
Les travailleurs en lutte pour leur emploi, les militants syndicaux combatifs et les mouvements sociaux mi­litants en dehors des syndicats, ont tout intérêt à se coordonner et à mettre sur pied une stratégie pour gagner, sans attendre les directives "d'en haut" qui ne viendront sans doute pas. Dans nos centrales syndicales  défen­dons une orientation interprofessionnelle de combat. La bataille sur le terrain social et politique est étroite­ment liée, le renforcement de la résistance sociale est un élément important pour la création d'un bloc de mouvements sociaux et politiques de gauche capable de faire capoter les mesures d'austérité,
Il n'existe pour le moment en Belgique pas de formule de coalition gouvernementale en mesure de dé­fendre les intérêts de la population laborieuse  et capable d'organiser la résistance. Si nous ne mettons pas, par la lutte, les questions sociales à l'ordre du jour, si nous sommes vaincus sans résistance, si nous ne réus­sissons pas à court terme de construire une alternative politique et sociale, on est foutu. Et cela  ouvrira la voie à la N-VA et au MR pour un nouveau train de mesures anti-sociales encore plus dures que ce que nous subissons aujourd'hui. Il en va du maintien d'une série de réalisations historiques du mouvement ouvrier dans ce pays: la sécurité sociale, l'index, la place des syndicats, les conventions collectives. Tout cela risque d'être remis en cause par les ultras du patronat dont la N-VA ne représente que la partie visible de l'iceberg. Prenons notre avenir en mains ! Dressons-nous et luttons debout sur nos deux jambes : la résistance sociale et une al­ternative  politique anticapitaliste. Oser lutter, oser pour gagner!


Télécharger ici cette lettre au syndicalistes en format pdf

02/05/2013

« Pour faire bouger une montagne on commence par déplacer les petits cailloux »



par Isabelle Wanschoor, Secrétaire principale CNE Hainaut


Rejoindre l’appel de la FGTB Charleroi –Sud Hainaut et s’intégrer dans le processus de réflexion nous est apparu non seulement sur le fond, comme une évidence chez nous à la CNE et particulièrement à Charleroi et dans le Hainaut, mais nous avions également la  volonté  de soutenir le courage des camarades d’avoir osé jeter un fameux pavé dans la marre en déclarant haut et fort  ce que beaucoup pensaient tout bas !
Notre participation au groupe de préparation de ce meeting avec les petites et plus grandes forces politiques à la gauche de la gauche était le reflet de notre intérêt pour la démarche en exprimant clairement l’espoir de voir se mettre en place une réelle alternative  et  de poser un acte collectif fort !

28/04/2013

LES MESSAGES DE SOUTIEN DE KEN LOACH, OLIVIER BESANCENOT ET PIERRE LAURENT


Rassemblement anticapitaliste à l'appel de la FGTB de Charleroi et de la CNE:
Près de quatre cents personnes se sont rassemblées le 27 avril à Charleroi à l'appel de la FGTB de Charleroi, de la CNE et du comité de soutien à l'Appel de premier mai lancé en 2012 par la régionale carolo du syndicat socialiste. Pour rappel, la FGTB Charleroi-Sud Hainaut, rejointe depuis par la CNE, veut oeuvrer à un rassemblement politique afin d'ouvrir une alternative anticapitaliste à gauche du PS et d'ECOLO. Nous publierons très prochainement un compte-rendu de cette importante journée. En attendant, voici les messages de soutien que les organisateurs ont reçu du cinéaste Ken Loach, d'Olivier Besancenot (au nom du Nouveau Parti Anticapitaliste, France) et de Pierre Laurent (au nom du Parti de la Gauche Européenne). (LCR-Web)

Ken Loach: "Vous avez raison. Nous avons besoin de nouveaux partis de gauche"


"Je pense que vous avez raison. Les attaques contre la classe ouvrière sont lancées dans toute l'Europe. Chômage de masse, diminution des allocations sociales, insécurité dans tous les aspects de la vie - tout cela demande une réponse. Les vieux partis de centre gauche sont maintenant compromis par leur soutien au programme d'austérité. Leur idée d'un capitalisme ouvert au compromis, que l'on pourrait faire fonctionner selon les intérêts de tous, est clairement frauduleuse. Lorsqu'ils sont confrontés à cette réalité, ces partis, sans surprise, s'alignent sur les partis de la droite.
Nous avons besoin d'un nouveau départ. Nous avons bebsoin de nouveaux partis de la Gauche qui comprennent et défendent les intérêts des gens ordinaires. Nous avons besoin de nous unir autour de ce projet dans toute l'Europe. Nous ne nourrons réussir que si nous faisons de "l'Internationale" une réalité!
Avec mes meilleurs souhaits et ma solidarité, Ken Loach"

Olivier Besancenot: "Le monde du travail doit s'organiser lui-même pour résister"


Camarades,
Invité l’an dernier à l’école anticapitaliste de printemps de mes camarades de la LCR, j’avais pris connaissance de l’appel à la formation d’une alternative à la gauche du parti socialiste et d’Ecolo formulé par la FGTB de Charleroi par la voix de son secrétaire régional Daniel Piron. Attentif à toutes les volontés de regroupement des anticapitalistes et intéressé par la possibilité de constitution d’un correspondant politique aux luttes dans votre pays comme ailleurs, j’ai essayé de suivre l’évolution de votre démarche. Un an après, la tenue de votre réunion du 27 avril, associant forces syndicales et politiques témoigne qu’un processus positif est en cours.
Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) se retrouve complétement dans l’idée que face à la crise du système capitaliste et la dégradation de la situation des salarié.e.s qu’elle entraîne, face à l’offensive de la bourgeoisie menée par le parti socialiste quand il est au pouvoir, le monde du travail doit s’organiser par lui-même pour résister car on ne peut ni réformer ce système ni compter sur les partis institutionnels pour s’opposer à l’ordre établi. Comme le disait l’appel du comité central de la garde nationale lors de la Commune de 1871, « ne perdez pas de vue que les hommes – et les femmes - qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre propre vie, souffrant des mêmes maux ».Le NPA et moi-même soutenons votre démarche pour la construction d’une alternative de gauche à la crise capitaliste.
Olivier Besancenot

Pierre Laurent: "Ouvrir un espoir pour les peuples d'Europe"


Chers amis, Chers camarades,
Je souhaitais, à l'occasion de cette rencontre originale initiée par la FGTB Charleroi- Sud Hainaut, vous adresser un salut fraternel de la part du Parti de la gauche européenne.
Face à l'offensive de la finance et des forces politiques qui appliquent l'austérité dans nos pays et au niveau européen ; face aux crises politiques et aux tentatives de divisions des peuples orchestrées par les mêmes, je suis convaincu que ce dialogue entre les forces de la gauche qui résistent et cherchent une issue de gauche à cette crise insupportable, sera d'une grande utilité.
La contestation grandit contre l'austérité, dans des sphères sociales de plus en plus larges et dans de nombreux pays européens. Nous devons ensemble, avec nos différences mais en travaillant sans cesse les rapprochements, ouvrir un espoir pour les peuples d'Europe. C'est le pari que fait le PGE et je suis convaincu que c'est le seul chemin pour défendre les droits sociaux et politiques des peuples et pour en conquérir de nouveaux.
Les forces de la Belgique sont bien entendu de ce mouvement émancipateur et je vous donne rendez-vous à Athènes les 7 et 8 juin prochains pour faire de l'Altersummit un grand moment de mobilisation, de rassemblement, pour faire grandir l'alternative à l'Europe du capital, pour donner des visages et de la force à l'Europe des peuples.
Je vous souhaite une pleine réussite et des travaux fructueux aujourd'hui, à cette initiative qui donne de l'espoir, pour que demain, nous soyions plus forts et plus nombreux pour faire triompher un projet européen juste, démocratique, social, écologique et de paix.
Pierre Laurent
Président du Parti de la gauche européenne

26/04/2013

CNE : Une grève générale sera nécessaire

Cela suffit maintenant : pas touche à nos salaires et notre statut

Ces dernières années, partout en Europe, les organisations patronales, avec l’appui de toutes sortes de partis au pouvoir et dans l’opposition, ont orchestré une campagne de recul des acquis sociaux. Ils ont d’ailleurs en grande partie réussi.

La crise bancaire de 2008 n’a pas inversé cette tendance. Bien au contraire, la facture colossale pour le sauvetage des banques a été mise sur le dos de 99% de la population, pendant que le 1% restant (les plus riches) continue à profiter de la crise. ... et en devient encore plus riche. Pourtant, il existe des alternatives équitables, comme l’impôt sur les grosses fortunes, la suppression des intérêts notionnels,...

Le gouvernement belge reste sourd à ces alternatives, puisqu’il a planifié de : bloquer les salaires pour des années, rendre les heures supplémentaires plus flexibles et moins chères (alors qu'il y a tant de chômeurs), harmoniser les statuts ouvriers-employés vers le bas, démanteler les services publics, etc.
Nos responsables syndicaux ont déjà dépensé beaucoup d’énergie pour obliger le gouvernement à nous écouter. Malgré les manifestations de dizaines de milliers de personnes, cela a eu un effet très limité. Dès lors, nous ne voyons plus qu’un moyen de pression, celui qui s’impose après de sérieuses réfléxions : la grève générale. Nous sommes prêts à passer à l’action et demandons ici de se mobiliser massivement. Grâce à de grandes mobilisations, nos parents et grands-parents ont obtenu des avancées sociales. Maintenant, pour nous et nos enfants, c’est notre tour !
 

08/03/2013

« Le besoin de gauche est plus fort que jamais »



Une Interview de Felipe Van Keirsbilck, Secrétaire général de la Centrale Nationale des Employés (CNE-CSC) 


La Gauche : Cela fait près d'un an que la FGTB Charleroi a appelé à la création d'une alternative anticapitaliste à gauche du PS et d’Ecolo. Tu t'es prononcé sur cette question dans une interview de La Gauche en novembre 2012. La CNE a ensuite envoyé une représentante à la dernière réunion à Charleroi autour de cet appel. Est-ce qu’aujourd’hui la nécessité de cette alternative politique est toujours d’actualité ? Que signifie la présence de la CNE dans ce processus ?
Felipe Van Keirsbilck : La présence d’une représentante de la CNE à la dernière réunion était le reflet de notre intérêt pour la démarche de ce groupe unitaire en formation. L'actualité sociale et politique, avec les ravages des licenciements massifs et fermetures à Arcelor, Ford-Genk, et tout récemment Caterpillar, démontrent l’urgence du « besoin de gauche ». L'appel de Daniel Piron et ses camarades carolos est pertinent. Cette actualité prouve une fois encore que la politique libérale d’austérité menée en Belgique comme ailleurs en Europe détruit l’emploi. Nous avons conscience de la radicalité et de l’urgence de la situation européenne. Aujourd'hui plus que jamais, il faut arrêter les petits jeux de compromis, le consensus mou des partis du libéralisme social...Continuer les faux-semblants dans les débats politiques devient suicidaire pour les travailleurs, cela donne la dégressivité du chômage, les exclusions, le démantèlement des services publics, des prépensions et des conventions collectives, etc. Cette situation exige de nous le courage de s’exprimer clairement pour faire exister de  réelles alternatives de gauche.  Comme je le disais en novembre dernier, le besoin d’un grand parti de gauche se fait de plus en plus urgent chez nous. Nous avons besoin de réponses convaincantes et, en Belgique, le problème de la représentativité politique des intérêts des travailleurs n’est toujours pas résolu. Notre intervention ne signifie pas nécessairement d’abandonner nos attentes à l’égard du PS et d’Ecolo, voire du CDh, et c'est une des nuances que je souhaite apporter par rapport à l'appel de mai 2012. Aujourd’hui 80%, voire 90% de la population, ont des intérêts similaires concernant les politiques à mener, nous parlons des ouvriers, des employés, des cadres, des pensionnés, des petits indépendants, des chômeurs, des femmes, des jeunes, des migrants, etc… Toutes ces personnes ne trouvent pas aujourd’hui de grande force représentative de leurs intérêts. Il leur faut une force politique d'une taille significative, pas une force qui fait 3 ou 4% aux élections, même si ce résultat pourrait être vu comme positif au regard des résultats de la gauche radicale depuis 30 ans. Pour les syndicats c’est une urgence de faire réapparaître des forces politiques qui rompent dans les faits, dans les actes, avec le pouvoir de la finance, avec  les idées libérales dont la social-démocratie européenne (y compris une bonne part du PS) est complètement imprégnée. Nous avons besoin de partis qui défendent les intérêts de la majorité sociale. Ce besoin est toujours aussi clair qu’il y a 6 mois, il n’y a toujours rien de résolu à ce stade-ci, même si je salue l’initiative prise à Charleroi.
Quels ont été les échos à la CNE et plus largement à la CSC de l’appel de la FGTB Charleroi Sud Hainaut, et de ton interview en novembre ?
L’écho de l’appel fut limité dans l’opinion publique en général, mais j’ai reçu énormément de messages positifs de militants dans la CNE et ailleurs dans la CSC, les échos étaient vraiment positifs, parce que les demandes sont très fortes à l’idée de résoudre le problème de représentativité politique. Les syndicats doivent faire un travail pour qu’un ou plusieurs partis larges et réellement de gauche prennent place en Belgique. Ça pose la question de la stratégie à suivre, or les partis de la gauche radicale  ont différentes stratégies liées entre autres à leur implantation. Par exemple, le PTB n’a pas encore de députés et a un certain nombre d'élus locaux, là où le Mouvement de Gauche voudrait probablement conserver son député régional.
Lors de la dernière réunion à Charleroi, un communiqué unitaire fut rédigé, annonçant la création d’un comité de soutien à l’appel du Premier Mai 2012 et l’organisation d’une rencontre de lutte juste avant le Premier mai 2013, à l’issue de laquelle une déclaration sera adoptée. Quel est ton avis sur la création de ce comité ? Que penses-tu du fait que toutes les formations de la gauche radicale y soient présentes ? Quels sont les échos de cette nouvelle étape à la CNE et à la CSC ?
D'abord, un point très positif que je tiens à souligner, c'est le front commun qui se dessine sur cette question entre des composantes de la CSC et la FGTB, au départ  au niveau local, sur Charleroi - il faut bien commencer quelque part. Toutes les victoires sociales en Belgique ont été des victoires obtenues en front commun. Et il est également très positif que les différentes organisations de la gauche de gauche continuent à dialoguer. Troisième élément positif, l’idée d’adopter une déclaration en front commun pour le Premier mai constitue une réappropriation de la symbolique de lutte du Premier mai, par rapport à l’évolution de cette journée, aujourd'hui dépolitisée et presque folklorique, que le PS et même le MR tentent de récupérer. On pourrait rêver, comme dans tous les autres pays, d’en faire une fête unitaire et de lutte des travailleurs. L’histoire a fait que la CSC n’a  jamais mis à l’honneur cette journée, mais les temps changent et je me réjouis à l’idée de ce meeting unitaire. Cependant, j’ai aussi deux inquiétudes quant à la formation de ce comité de soutien, la première étant de clarifier que notre un soutien est non partisan et ne contribue au comité que pour signifier notre « besoin de gauche », pas un soutien à tel ou tel parti présent ou à venir. La CNE et la CSC ont une indépendance syndicale qu’elles n’abandonneront ni aujourd’hui ni demain, et ne peuvent s'identifier ou se réduire ni à un parti politique ni à un front d'organisations politiques tel que celui qui est en gestation. L’émergence souhaitable d’un front unitaire de gauche à la recherche d’unité et de cohérence ne signifie pas un chèque en blanc de la CNE. En cas de concrétisation vers un nouvelle force politique anti-austérité, la relation de la CNE avec celle-ci serait la même (exigeante et indépendante) qu’avec les autres organisations politiques. Nous attendons des partis de gauche, de tous les partis de gauche, qu’ils joignent les actes à la parole, qu’ils amènent la preuve que la gauche ce n’est pas juste une étiquette, mais bien le contenu du flacon. C’est pourquoi, pour nous, ce comité ne doit pas se constituer dans une démarche excluant a priori le PS et Ecolo.  Il ne serait pas opportun de déclarer que l’avenir des travailleurs se fera totalement en-dehors des membres des partis qui ont des restes d'une tradition et d'une histoire sociale et ouvrière. Il reste des militants au PS, chez Ecolo et même au CDH qui défendent une voix de gauche, et ces gens doivent être encouragés au lieu d’être rejetés loin du processus. Le comité devra choisir entre apporter son soutien à quelques partis ou bien constituer une unification de la gauche courageuse et claire.
Dans l'interview récente de Daniel Piron sur le site web de La Gauche, suite à la décision de créer ce comité, il a déclaré qu’il y a une différence entre l’indépendance syndicale et l’apolitisme, les syndicats ayant une responsabilité politique, d’où la nécessité d'aider un relais politique dont il faut pourtant rester indépendant. Partages-tu son point de vue ?
D’accord à 100% sur l’impossibilité de faire du syndicalisme « apolitique ». Ça n’aurait aucun sens ! Dès lors, contribuer à la construction d’un comité tout en gardant notre indépendance syndicale constitue le point le plus délicat pour les syndicalistes politisés mais non partisans. Cela constitue une réflexion importante pour les militants de la CNE. La coalition d’organisations va devoir travailler sur un contenu programmatique, une plateforme de défense des intérêts des travailleurs, se pencher sur la question de la dette, de la fiscalité, de l'Europe, des mesures d’austérité,… Sur ce point je suis complètement en accord avec Daniel, et nous jugerons les différents partis par rapport à leur contenu, qui devra être réellement de gauche. Ce qui compte c’est la rupture avec le libéralisme. Et pour cela ce serait bien de pouvoir compter sur des organisations politiques qui ont des députés. Un parti dont on soutiendrait la création aura pour point de départ la défense des intérêts des travailleurs au sens large. La CNE devra se prononcer et définir son implication en avançant comme organisation – et non pas au nom de quelques individus. Le point fondamental, en résumé, c'est d'aboutir à une base programmatique aussi radicale dans son contenu que l'est la situation actuelle, défendant la sécurité sociale, le plein emploi, le partage du temps de travail, et s’opposant à l’austérité sur une série de points concrets. C'est cette base programmatique à laquelle devrait s'atteler à l'avenir le comité de soutien unitaire, qui servira d'outil pour interpeller les formations politiques, et pourra aider à l'émergence d'une nouvelle force politique significative à gauche, et aider les partis qui se prétendent de gauche à gagner de la cohérence.
Justement, quelles sont les prochaines étapes pour la CNE ? Comment vois-tu son implication dans le comité ?
Avant tout nous allons prochainement avoir des discussions internes, un débat dans nos instances qui va se concentrer d’avantage sur la stratégie et les méthodes que sur l’objectif en soi, avec lequel nous sommes largement d'accord. Ensuite nous devrons nous concentrer sur la construction, en Belgique francophone, d’une coalition large des organisations qui partagent les mêmes intérêts, dans  la CSC et la FGTB. Et enfin, il va falloir se concentrer sur le contenu, sur la situation dramatique de l’Europe aujourd’hui, et établir un programme concret pour combattre la politique d’austérité.
Face à l'austérité et aux licenciements, des luttes plus ou moins importantes émergent un peu partout en Europe. Quels liens ou quelle relation dialectique vois-tu entre les luttes sociales et l'émergence d’une alternative politique ?
Le lien entre les luttes sociales et la question de l'alternative politique est bien évidemment très fort et direct, et d’autant plus marqué par la grande actualité politique. Les travailleurs de Caterpillar savent de quoi je parle... Les travailleurs, rouges et verts, cherchent des solutions et manifesteront d'ailleurs le 14 mars contre l’austérité imposée en Belgique et en Europe. Beaucoup de travailleurs sentent bien que ce qui leur arrive est lié aux politiques d’austérité. L'impact de l'austérité et de la crise en Europe pose à chaque fermeture ou licenciement massif, à chaque dégradation des conditions de travail, la question d'une alternative politique anti-austérité. Et il faut arrêter de s’emmêler les pinceaux dans les discussions stupides pour savoir s’il faut faire de la politique au plan national ou au plan européen. La force perverse du système politique européen est que le pouvoir y devient introuvable. C’est un jeu de miroirs : vous voulez confronter votre gouvernement national, on vous dit « le pouvoir c’est l’Europe » ; vous vous attaquez alors à l’Europe et on vous dit « ah mais ce sont les Etas qui décident ». Il faut briser les miroirs, comprendre le système comme un tout. Les luttes sociales et politiques sont en définitive inextricablement liées, et le renforcement des résistances sociales ne pourra qu'être utile à l'émergence de nouvelles grandes forces politiques de gauche, un bloc de gauche  contre l'austérité.
Interview réalisée par Charlotte et Mauro
publié sur www.lcr-lagauche.be/

27/02/2013

La CNE appelle à des actions plus dures, dont la grève générale si nécessaire

27/02/13 : Communiqué
La CNE appelle à des actions plus dures, dont la grève générale si nécessaire

Ce mercredi 27 février, le gouvernement a rencontré les interlocuteurs sociaux pour « relancer » la concertation sociale.
La manifestation nationale du 21 février a rassemblé 40.000 travailleurs de tous les secteurs et de toutes les régions, avec trois exigences claires: la liberté de négocier les salaires, une bonne protection contre le licenciement pour tous et une taxe sur les grosses fortunes.
Depuis, le gouvernement n'a donné aucune réponse satisfaisante à ces revendications. Pire : il exclut les secteurs sociaux des réductions de cotisations sociales et détruit ainsi la possibilité de créer 1500 emplois utiles et bénéfiques pour la société.
Manifestement, l'idéologie libérale rend sourd. C'est pourquoi nous devons nous exprimer plus clairement. La CNE appelle donc à des actions plus dures durant le mois de mars, notamment le 14, journée d’actions européennes. La grève générale est nécessaire.
 

22/02/2013

Rassemblement à gauche du PS et d'Ecolo: ça bouge à partir de Charleroi

Rassemblement à gauche du PS et d'Ecolo:
ça bouge à partir de Charleroi
Nous reproduisons ci-dessous un communiqué de presse diffusé ce jour par la FGTB de Charleroi-Sud Hainaut. Il y a près d'un an, le premier mai 2012, la FGTB Charleroi-Sud Hainaut lançait un vigoureux appel au rassemblement à gauche du PS et d'Ecolo, afin de donner une alternative politique anticapitaliste à la gestion de l'austérité par la social-démocratie et les Verts. Notre site avait amplement répercuté cet appel (lire ici) et nous avons interviewé plusieurs syndicalistes à ce sujet (notamment Felipe Van Keirsbilck, Nico Cue, Daniel Richard,...lire ici). La Formation Lesoil a depuis lors contribué à alimenter le débat, notamment à son école anticapitaliste de printemps 2012 (lien) et en organisant des rencontres publiques, à Liège et à Verviers (lire ici). Un blog a en outre été créé pour alimenter la discussion  tous azimuts (lien). Ayant appuyé dès le début la démarche des syndicalistes carolos, la LCR ne peut qu'appuyer de toutes ses forces le processus en cours, auquel elle participe avec d'autres forces dans une ambiance constructive et fraternelle.
La LCR se réjouit tout particulièrement de l'intérêt de la CNE, côté syndical, et, côté politique, de l'implication unanime des formations de gauche
(LCR-Web) 

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le 1er Mai 2012, la FGTB de Charleroi Sud Hainaut dénonçait l’austérité et l’absence de relais politique aux revendications du monde du travail. Dans son discours, le secrétaire régional interprofessionnel Daniel Piron appelait à un rassemblement politique à gauche du PS et d’ECOLO pour rendre espoir et dignité aux travailleurs et travailleuses.
Quelques semaines plus tard, le secrétaire général de la CNE, Felipe Van Keirsbilck, s’exprimait dans le même sens. Plusieurs responsables syndicaux faisaient de même.
Réunis ce 20/2 à l’initiative de la FGTB de Charleroi Sud Hainaut, et en présence d’une représentante de la CNE, des responsables du PTB, de la LCT, du MG, du PH, du Front de Gauche de Charleroi, du PSL, du PC et de la LCR décident de prendre leurs responsabilités et de répondre « présent » à ces différents appels.
Espérant que de plus en plus de forces syndicales, sociales et associatives les appuieront et les guideront dans cette voie, ces responsables décident de fonder un comité de soutien afin de commencer à concrétiser ces attentes. Ils veulent le faire avec toutes celles et ceux qui le souhaiteront, sans exclusives, dans le pluralisme et la démocratie la plus large.
Comme première étape, et en concertation avec les forces syndicales qui les ont interpellés, ils appellent à une journée de débat et de lutte fin avril. Au cours de celle-ci, ils proposeront à discussion et adopteront une déclaration commune.
Tous ensemble, contre l’austérité, la misère et l’injustice
Pour une alternative de gauche à la crise capitaliste.
 

22/11/2012

Budget 2013 : Communiqué de la CNE

Salaires bloqués pendant deux ans (au moins), index manipulé par la bande, coupes dans la Sécurité sociale, coupes dans les services publics,... Le gouvernement Di Rupo continue à cogner dur contre le monde du travail est ses acquis. La "justice dans l'effort" n'est qu'un leurre, une fois de plus: réformette cosmétique de la législation sur les intérêts notionnels, pas d'impôt sur la fortune, pas de lutte sérieuse contre la grande fraude fiscale (au contraire: une nouvelle amnistie pour les fraudeurs). Quant à la soi-disant "relance" elle n'est rien d'autre que le prétexte à de nouvelles attaques anti-sociales guidées par le principe libéral qui veut que le chômage soit dû au "coût du travail" et à la "rigidité" du "marché de la main-d’œuvre". Relance, pour Di Rupo, est donc synonyme de réduction des "charges sociales", c'est-à-dire de destruction continuée de la sécurité sociale. Il est plus que temps que le mouvement syndical se ressaisisse et rappelle que les cotisations patronales à la Sécu ne sont pas des impôts mais une partie du salaire que les travailleurs ont décidé de mettre dans un pot commun pour financer la solidarité, et qui leur appartient par conséquent. Malheureusement, bien peu de voix s'élèvent dans ce sens. Nous publions ci-dessous la réaction de la CNE au budget. Dans le droit fil de l'interview de son secrétaire général, Felipe Van Keirsbilck, mise en ligne sur notre site,, le communiqué de la CNE se termine par ces mots: " Il est désormais clair que ce sera à l’alliance des syndicats et des forces politiques de gauche de mettre les alternatives à l’agenda du gouvernement, en utilisant les moyens dont ils disposent encore. LCR WEB


La CNE s’oppose à un budget mortifère. 
A partir de maintenant, ce sera leur austérité contre notre démocratie. 

Les politiques d’austérité ont déjà fait leurs preuves : elles ne fonctionnent pas. Le budget proposé par le gouvernement fédéral condamne l’immense majorité de la population belge à s’appauvrir continuellement. Ce budget approfondit le démantèlement des services publics (économies à la SNCB, chez BPost, non-remplacement des fonctionnaires) et diminue les revenus globaux des travailleurs par le définancement de la sécurité sociale. Les choix d’austérité imposés aux pays du sud de l’Europe par l’Union Européenne se répètent depuis quelques années. Mais cette répétition est la preuve que ces politiques sont inefficaces, destructrices et mortifères. Après cinq années d’austérité, la dette publique de la Grèce atteint 190% du PIB, le pays connaît un chômage de 23,5% et les salaires ont baissé de 30 à 40%. Le gouvernement fédéral belge prétend contrebalancer l’austérité par des plans de relance. Il en pervertit la notion. Les mesures de relance du gouvernement sont la face B des mesures d’austérité. La réduction des contributions des entreprises à l’effort collectif (les prétendues « charges sociales ») serait créatrice d’emploi. Ces allègements ont profité aux actionnaires des entreprises, mais jamais ils n’ont généré de l’emploi. De plus, les emplois sont menacés par le blocage des salaires qui est synonyme de blocage de la consommation. Lorsque les travailleurs n’ont pas d’argent pour consommer, ce sont des pans entiers de l’économie qui sont menacés (horeca, bâtiment, grande distribution) et qui devront licencier. Ceci appauvrira encore la population qui dépendra d’une sécurité sociale progressivement rendue exsangue. Ce blocage des salaires témoigne du mépris du gouvernement pour la concertation sociale et donne libre cours aux tractations individuelles sur les salaires, renforçant ainsi les discriminations salariales. Alors que les revenus des rentiers, des actionnaires, des patrons d’entreprises augmentent avec la crise, la seule possibilité d’augmentation des revenus des travailleurs sera celle qu’une minorité parviendra, éventuellement, à négocier individuellement. Le gouvernement ne veut plus de droits pour les travailleurs. Il veut les condamner à mendier des avantages caractérisés par leur caractère inégalitaire, temporaire et individuel. Enfin, concernant la fiscalité, ce budget est une gigantesque occasion manquée de faire contribuer les entreprises et les plus riches à l’effort collectif. Alors qu’un sondage récent donne 75% de la population favorable à un impôt sur la fortune (qui rapporterait minimum 6 milliards par an soit plus du double des économies faites par le gouvernement), cette solution ne fut même pas envisagée à la table des négociations. Car les alternatives existaient et existent encore. L’impôt sur la fortune, la taxation des transactions financières ou encore la création d’emploi par la réduction collective du temps de travail. Chaque jour, elles passent un peu plus du statut d’alternative à celui de nécessité. Nous avons déjà montré que le combat syndical est payant. L’action syndicale a permis de sauvegarder un mécanisme d’indexation automatique et d’éviter des destructions frontales de droits comme la suppression d’un jour de congé. Ce combat est désormais également lancé sur le plan européen avec la réussite de la première journée d’action européenne le 14 novembre. Nous continuerons cette action et nous l’amplifierons, en Belgique et Europe. Il est désormais clair que ce sera à l’alliance des syndicats et des forces politiques de gauche de mettre les alternatives à l’agenda du gouvernement, en utilisant les moyens dont ils disposent encore.
A partir de maintenant, ce sera leur austérité contre notre démocratie.

Télécharger le communiqué en pdf ici