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07/06/2013

2ème lettre ouverte aux syndicalistes




Pour une résistance sociale sans concessions à l'austérité 
Pour une alternative politique au social-libéralisme

Camarades,
Le monde du travail est soumis à rude épreuve et c'est de mal en pis. La crise s'ins­talle durablem­ent en Eu­rope et pèse sur les rapports de forces entre le patronat et le monde du travail.Thatcher a passé l'arme à gauche et les théories néolibérales perdent du terrain. Mais elles pren­nent de plus en plus la forme d'un dogme au service des 1% les plus riches de la société. Le capitalisme néo­libéral est toujours debout, car les travailleurs sont contraints de lutter entreprise par en­treprise, secteur par secteur, pays par pays. Cela crée un sentiment d'impuis­san­ce. Alors que nous aurions besoin d'un contre-projet social pour convaincre de larges couches de la population : une société avec une égalité sociale et des droits démocratiques pour tous et pour toutes, avec la sau­vegarde de la nature.

Le « moindre mal »  ne fait pas notre affaire
La gauche social-libérale (le PS et le sp.a) quand ils ne reprennent pas entièrement la propagande média­tique des « experts » sur « la crise, la dette, la compétitivité et le vieillissement », nous resservent la même ren­gaine: « C'est la faute à l'Union européenne, à la N-VA, aux libéraux ! ». Pour ajouter: « Sans nous, ce se­rait pire ! ».
Vraiment ? En Grèce, en Espagne et au Portugal ce sont les partis-frères du PS et du sp.a qui ont amorcé le tournant vers le tsunami de l'austérité. Ils ont tout simplement fait le boulot de la droite. En France, le PS est seul au pouvoir. Mis à part le droit au mariage pour tous, rien ne distingue la politique du PS français de celle de Sarkozy : guerre au Mali, CRS contre grévistes chez PSA, police dans les banlieues. Au niveau européen, rien ne différencie la politique du PS de celle de la droite. Tous votent de la même manière les mêmes traités d'austérité. Rappelons-nous la fin des années 1990, quand les partis socialistes étaient majoritaires dans 13 gouvernements sur 15 en Europe : ça n'a en rien freiné la frénésie libérale de l'Union européenne créée par et pour la bourgeoisie. Paul Magnette et Bruno Tobback ne trompent quasiment personne avec leur énième ra­valement de façade du PS et du sp.a. Qu'ils arrêtent de nous ressortir ces vieux tours de passe-passe !  Cela ne prend plus !
En Europe, les patrons ont décidé de profiter de la crise ca­pitaliste pour nous ramener loin en arrière sur le plan social : privatisations des services publics, dérégulation des lois sociales, blocage des salaires,  attaques sur les soins de santé, sur les pensions, sur les allocations de chômage, etc. Une stratégie qui a d'abord été testée  sur la population de l'Europe du Sud et de l'Est, destinée à devenir pour le Nord de l'Europe (sur­tout pour l'Allemagne) ce qu'est le Mexique pour les USA. Une fois que la population de l'Europe du Sud et de l'Est de l'Europe sera entièrement plongée dans la misère, celle des autres pays (comme la Belgique) sera vouée à subir le même sort, probablement avec un rythme un peu plus lent.
Résistance sociale
Il faut résister à ce rouleau compresseur qui broie les conquêtes sociales arrachées par nos anciens Le monde du travail et le mouvement syndical sont dans le collimateur. Dans le camp d'en face, on ne « chôme » pas. pour préparer des nouvelles contre-réformes. Chez nous, le gouvernement Di Rupo et les gouvernements ré­gionaux (auxquels participent les verts à Bruxelles et en Wallonie) multiplient les mauvais coups: 23 mil­liards de coupes budgé­taires, baisse des salaires réels de 0,4 % et gel des salaires pour au moins 6 ans, 5.000 pertes d’emplois dans la fonction publique, coupes sombres à la Poste et à la SNCB, démantèle­ment des pré­pensions et abaissement du montant réel des pen­sions, limitation dans le temps des allocations de chômage par leur abaissement radical sous le seuil de pauvreté, gel des dépenses de soins de santé, hausse des tarifs dans les transports publics et suppression de lignes, restrictions budgétaires dans les com­munes et les CPAS... On ne compte plus les fermetures dans l'industrie (ArcelorMittal, Ford-Genk, Duferco) et les pertes massives d'emplois (Caterpillar). Dans le secteur tertiaire, les employés des banques et du commerce ne sont pas épargnés.  Et ce n'est qu'un début, si on ne les arrête pas.
D'autre part, des partis comme l'Open VLD et la N-VA se déchaînent dans la presse et à la télé pour re­mettre en question le paiement des allocations de chômage par les syndicats, Si une telle menace était mise en appli­cation elle affaiblirait considérable­ment les syndicats qui perdraient sans doute des dizaines de mil­liers d'affi­liés qui seront victimes de la réforme des nouvelles règles d'indemnisation des chômeurs contre lesquelles les syndicats, dans leur ensemble, ne se sont pas suffisamment battus. Mais il y a aussi eu les at­taques du sp.a contre le droit de  grève dans les transports publics, celles de la N-VA contre le mouvement ouvrier chrétien flamand (ACW) et les insultes de Di Rupo contre des syndi­calistes CGSP : "Vous conduisez les citoyens vers l'abîme".
Partout en Europe, les conventions collectives de secteur et les contrats à durée indéterminée sont remises en cause: en Grèce, en Italie, mais aussi en France, en Belgique avec l'acceptation par les syndicats d''avoir recours au travail intérimaire pour rempla­cer la période d'essai légale d'un contrat de travail, Les budgets des États membres de l'Union européenne sont maintenant soumis à la Commission avant d’être discutés par les parlements nationaux.
La classe dominante voudrait que les syndicats se réduisent à des organismes de services individuels aux af­filiés et se limitent à organiser de temps en temps une journée d'action sans lendemain pour fatiguer les mi­litants les plus combatifs, faire baisser la tension sociale et finir par négocier un mauvais compromis qui ava­lise de nouveaux reculs sociaux.  La norme salariale imposée par le gouvernement risque d'être assortie de sanctions contre les employeurs qui signeraient des conventions de secteur et d'entreprise plus favorables aux travailleurs. Pourquoi le gouvernement et les patrons se gêneraient-ils quand ils ont en face d'eux des direc­tions syndicales effrayées par la perspective d'engager une lutte acharnée ?
Pour un syndicalisme combatif et démocratique
Toutes ces attaques patronales ne seraient pas possible si les organisations syndicales avaient un vrai plan de bataille. L'incurie bureaucratique de certaines directions syndicales, voire la complicité de certains diri­geants (FGTB ou CSC) qui démobilisent les militants par des promenades syndicales entre la gare du Nord et celle du Midi sans revendications concrètes, sans plan de bataille et sans lendemain conduit à la démobili­sation, à la résignation et à la défaite. Les directions syndicales viennent d'accepter la hausse des heures sup­plémentaires et de nouvelles baisses de cotisations patronales à la sécurité sociale pour un montant de 270 millions. Alors que les dividendes des entreprises du BEL20 sont en hausse de 10% en 2012 et atteignent près de 7 milliards!
Pour Anne Demelenne et Rudy De Leeuw (FGTB-ABVV), pour Claude Rolin et Marc Leemans (CSC-ACV), le rôle des syndicats dans la période actuelle consiste à accompagner les contre-réformes néolibérales, de sauver quelques miettes et de présenter ces reculs, inconcevables encore il y a 10 ans, comme des vic­toires ! Et avec en primes les félicitations adressées au PS ! Pis encore, le président de l'aile flamande des mé­tallos FGTB (ABVV-Metaal) assume pu­bliquement qu'il ne sert à rien de mobiliser parce qu'il ne veut pas faire tomber le gouvernement et il prône le sabotage des actions décidées par l'ensemble de la FGTB ! Au sein de la FGTB il est de plus en plus question de divisions :entre centrales (entre les centrales ouvrières et le SETCa, entre centrales du privé et la CGSP) et de discours à relents communautaires. Alors que la solidarité interprofessionnelle, entre travailleurs flamands, bruxellois et wallons est plus indispensable que jamais !
Hélas ce n'est pas tout : le « plan d'action » de la FGTB avec des actions locales et des manifestations sans perspectives est encore bien trop faible ne serait-ce que pour bloquer les mesures d'austérité et risque ainsi de provoquer la démoralisation. Et du côté de la CSC c'est encore pis dans l'ensemble.
Les beaux discours dans la presse syn­dicale n'y changeront rien. La bourgeoisie utilise le PS, le sp.a et dans leur sillage les directions syndicales comme amortisseurs de la souffrance et de la colère des travailleurs. C'est un beau jeu de dupes. Faire semblant de lutter pour ne pas mettre en danger le gouvernement, ça suffit ! Cette politique favorise le sauve-qui peut, le replis égoïste sur soi qui menace le syndicalisme d'une débâcle funeste. Nous avons un besoin urgent d'un vrai plan d'action dé­battu et élaboré de la base au sommet. Sans quoi , la lutte des classes, au vu de la violence des 1%  qui nous dominent ressemblera à  une corrida, avec le capital dans le rôle du matador.
Une alternative politique pour le monde du travail
Pour vaincre il est essentiel de se dresser sur deux jambes: la lutte sociale et l'alternative politique. En Grèce, une ving­taine de journées de grèves interprofessionnelles, des manifestations massives de rue, des occupations d'entreprises n'ont pas suffi, notamment parce qu'il n'y a pas eu d'articulation entre le mouve­ment social et une alternative politique anticapitaliste. Le défit est de regrouper, autour d'une alterna­tive politique de classe contre le capitalisme, les forces de toutes celles et ceux qui luttent au quotidien contre ce système. Forger un outil politique augmentant la force de frappe des re­vendications sociales, et amenant aux luttes une perspective politique permettant de reprendre confiance. Alors que le paysage politique est du­rablement déstabilisé par l'austérité dans de nombreux pays d'Europe, aucune force politique en Belgique, pas même le PTB, ne peut actuellement répondre à de telles exigences.
En Flandre des voix s'élèvent dans le Mouvement Ouvrier Chrétien (ACW) pour rompre avec le CD&V mouillé jusqu'au cou dans la crise bancaire et l'austérité néolibérale, Du côté francophone, l'appel du 1er Mai 2012 de la FGTB de Charle­roi pour une nouvelle force politique anticapitaliste à gauche du PS et d’Écolo, a projeté la question sur la place publique et on en discute dans des assem­blées de travailleurs et de délégués. A la Centrale Nationale des Employés (CSC) aussi on en discute . Un comité de soutien unitaire de la gauche, avec notamment le PTB, la LCR, le PC, le PSL, le Mouvement de Gauche et d'autre a vu le jour dé­but 2013. Le projet est de soutenir l'émer­gence d'une telle force tout en préser­vant l'indépendance syndicale. Un meeting historique convoqué en front commun FGTB-CNE s'est tenu à Charleroi le 27 avril, avec le sou­tien de toutes les organisations de gauche.
Un débat démocratique sur la stratégie syndicale
Dans la mesure où les dirigeants syndicaux actuels nous conduisent à l'impasse, il faut un large débat dé­mocratique au sein de la FGTB et de la CSC Un débat qui débouche sur des congrès extraordinaires d'orien­tation permettant d'organiser valablement la résistance sociale.
Il est impératif que les organisations syndicales changent de cours de toute urgence afin de défendre les in­térêts de tous les travailleurs. Sans résistance sociale acharnée, une alternative politique de gauche n'a aucune chance. Sans alternative politique de gauche, les syndicats resteront prisonniers de la politique du « moindre mal» et du PS. La victime des contre-réformes sociales sera incontestablement toute la population labo­rieuse : hommes et femmes avec ou sans emploi, jeunes, chômeurs, pensionnés, malades , etc.
Les travailleurs en lutte pour leur emploi, les militants syndicaux combatifs et les mouvements sociaux mi­litants en dehors des syndicats, ont tout intérêt à se coordonner et à mettre sur pied une stratégie pour gagner, sans attendre les directives "d'en haut" qui ne viendront sans doute pas. Dans nos centrales syndicales  défen­dons une orientation interprofessionnelle de combat. La bataille sur le terrain social et politique est étroite­ment liée, le renforcement de la résistance sociale est un élément important pour la création d'un bloc de mouvements sociaux et politiques de gauche capable de faire capoter les mesures d'austérité,
Il n'existe pour le moment en Belgique pas de formule de coalition gouvernementale en mesure de dé­fendre les intérêts de la population laborieuse  et capable d'organiser la résistance. Si nous ne mettons pas, par la lutte, les questions sociales à l'ordre du jour, si nous sommes vaincus sans résistance, si nous ne réus­sissons pas à court terme de construire une alternative politique et sociale, on est foutu. Et cela  ouvrira la voie à la N-VA et au MR pour un nouveau train de mesures anti-sociales encore plus dures que ce que nous subissons aujourd'hui. Il en va du maintien d'une série de réalisations historiques du mouvement ouvrier dans ce pays: la sécurité sociale, l'index, la place des syndicats, les conventions collectives. Tout cela risque d'être remis en cause par les ultras du patronat dont la N-VA ne représente que la partie visible de l'iceberg. Prenons notre avenir en mains ! Dressons-nous et luttons debout sur nos deux jambes : la résistance sociale et une al­ternative  politique anticapitaliste. Oser lutter, oser pour gagner!


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28/04/2013

LES MESSAGES DE SOUTIEN DE KEN LOACH, OLIVIER BESANCENOT ET PIERRE LAURENT


Rassemblement anticapitaliste à l'appel de la FGTB de Charleroi et de la CNE:
Près de quatre cents personnes se sont rassemblées le 27 avril à Charleroi à l'appel de la FGTB de Charleroi, de la CNE et du comité de soutien à l'Appel de premier mai lancé en 2012 par la régionale carolo du syndicat socialiste. Pour rappel, la FGTB Charleroi-Sud Hainaut, rejointe depuis par la CNE, veut oeuvrer à un rassemblement politique afin d'ouvrir une alternative anticapitaliste à gauche du PS et d'ECOLO. Nous publierons très prochainement un compte-rendu de cette importante journée. En attendant, voici les messages de soutien que les organisateurs ont reçu du cinéaste Ken Loach, d'Olivier Besancenot (au nom du Nouveau Parti Anticapitaliste, France) et de Pierre Laurent (au nom du Parti de la Gauche Européenne). (LCR-Web)

Ken Loach: "Vous avez raison. Nous avons besoin de nouveaux partis de gauche"


"Je pense que vous avez raison. Les attaques contre la classe ouvrière sont lancées dans toute l'Europe. Chômage de masse, diminution des allocations sociales, insécurité dans tous les aspects de la vie - tout cela demande une réponse. Les vieux partis de centre gauche sont maintenant compromis par leur soutien au programme d'austérité. Leur idée d'un capitalisme ouvert au compromis, que l'on pourrait faire fonctionner selon les intérêts de tous, est clairement frauduleuse. Lorsqu'ils sont confrontés à cette réalité, ces partis, sans surprise, s'alignent sur les partis de la droite.
Nous avons besoin d'un nouveau départ. Nous avons bebsoin de nouveaux partis de la Gauche qui comprennent et défendent les intérêts des gens ordinaires. Nous avons besoin de nous unir autour de ce projet dans toute l'Europe. Nous ne nourrons réussir que si nous faisons de "l'Internationale" une réalité!
Avec mes meilleurs souhaits et ma solidarité, Ken Loach"

Olivier Besancenot: "Le monde du travail doit s'organiser lui-même pour résister"


Camarades,
Invité l’an dernier à l’école anticapitaliste de printemps de mes camarades de la LCR, j’avais pris connaissance de l’appel à la formation d’une alternative à la gauche du parti socialiste et d’Ecolo formulé par la FGTB de Charleroi par la voix de son secrétaire régional Daniel Piron. Attentif à toutes les volontés de regroupement des anticapitalistes et intéressé par la possibilité de constitution d’un correspondant politique aux luttes dans votre pays comme ailleurs, j’ai essayé de suivre l’évolution de votre démarche. Un an après, la tenue de votre réunion du 27 avril, associant forces syndicales et politiques témoigne qu’un processus positif est en cours.
Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) se retrouve complétement dans l’idée que face à la crise du système capitaliste et la dégradation de la situation des salarié.e.s qu’elle entraîne, face à l’offensive de la bourgeoisie menée par le parti socialiste quand il est au pouvoir, le monde du travail doit s’organiser par lui-même pour résister car on ne peut ni réformer ce système ni compter sur les partis institutionnels pour s’opposer à l’ordre établi. Comme le disait l’appel du comité central de la garde nationale lors de la Commune de 1871, « ne perdez pas de vue que les hommes – et les femmes - qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre propre vie, souffrant des mêmes maux ».Le NPA et moi-même soutenons votre démarche pour la construction d’une alternative de gauche à la crise capitaliste.
Olivier Besancenot

Pierre Laurent: "Ouvrir un espoir pour les peuples d'Europe"


Chers amis, Chers camarades,
Je souhaitais, à l'occasion de cette rencontre originale initiée par la FGTB Charleroi- Sud Hainaut, vous adresser un salut fraternel de la part du Parti de la gauche européenne.
Face à l'offensive de la finance et des forces politiques qui appliquent l'austérité dans nos pays et au niveau européen ; face aux crises politiques et aux tentatives de divisions des peuples orchestrées par les mêmes, je suis convaincu que ce dialogue entre les forces de la gauche qui résistent et cherchent une issue de gauche à cette crise insupportable, sera d'une grande utilité.
La contestation grandit contre l'austérité, dans des sphères sociales de plus en plus larges et dans de nombreux pays européens. Nous devons ensemble, avec nos différences mais en travaillant sans cesse les rapprochements, ouvrir un espoir pour les peuples d'Europe. C'est le pari que fait le PGE et je suis convaincu que c'est le seul chemin pour défendre les droits sociaux et politiques des peuples et pour en conquérir de nouveaux.
Les forces de la Belgique sont bien entendu de ce mouvement émancipateur et je vous donne rendez-vous à Athènes les 7 et 8 juin prochains pour faire de l'Altersummit un grand moment de mobilisation, de rassemblement, pour faire grandir l'alternative à l'Europe du capital, pour donner des visages et de la force à l'Europe des peuples.
Je vous souhaite une pleine réussite et des travaux fructueux aujourd'hui, à cette initiative qui donne de l'espoir, pour que demain, nous soyions plus forts et plus nombreux pour faire triompher un projet européen juste, démocratique, social, écologique et de paix.
Pierre Laurent
Président du Parti de la gauche européenne

10/04/2013

Construisons ensemble une alternative de gauche à la crise capitaliste

Le Premier Mai prochain, il y aura un an que la FGTB de Charleroi-Sud Hainaut, par la bouche de son secrétaire régional Daniel Piron, lançait un appel à la formation d'une alternative politique à gauche du Parti Socialiste et D'Ecolo. Au début de cette année, un comité de soutien à cet appel s'est constitué à Charleroi, autour des membres du comité permanent de la FGTB locale, qui y participent activement. Ce comité regroupe les représentants du Parti du Travail de Belgique, du Parti Humaniste, du Mouvement de Gauche, de la Ligue Communiste des Travailleurs, du Front de Gauche de Charleroi, du Parti Socialiste de Lutte, du Parti Communiste et de la Ligue Communisqte Révolutionnaire. Comme annoncé dans un communiqué publié sur ce site (http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=2790:rassemblement-a-gauche-du-ps-et-decolo-ca-bouge-a-partir-de-charleroi&option=com_content&Itemid=53), le comité de soutien organise, le 27 avril, une grande rencontre de débat ouverte à celles et ceux qui ressentent le besoin de rassembler les forces en faveur d'une alternative politique anticapitaliste. Cette rencontre aura lieu à la "Géode" du Palais des Expositions de Charleroi, de 13H30 à 19H (accès: rue de l'Ancre - 6000 CHARLEROI). Au programme: témoignages de militant-e-s, meeting et échanges en ateliers. Ces échanges se feront sur base du texte ci-dessous, dont les organisateurs soulignent le côté ouvert et évolutif dans le cadre d'un processus à court, moyen et long terme. (LCR-Web)

Construisons ensemble une alternative de gauche à la crise capitaliste

Voici un an, le Premier Mai, la FGTB CHARLEROI & SUD-HAINAUT dénonçait l’austérité et constatait que le PS et ECOLO n’étaient plus un relais politique aux revendications du monde du travail. Dans son discours, le Secrétaire Régional Interprofessionnel appelait à un rassemblement politique à gauche de ces partis pour rendre espoir et dignité aux travailleurs et travailleuses. Quelques semaines plus tard, le Secrétaire Général de la CNE s’exprimait dans le même sens. Plusieurs responsables syndicaux faisaient de même.
Tous ensemble contre l’austérité, la misère et l’injustice
Les constats dressés par les organisations syndicales en 2012 sont plus que jamais d’actualité. Depuis 2012, la situation des travailleurs et des allocataires sociaux s’est encore détériorée. Alors que des milliers d’emplois risquent de passer ou passent à la trappe, ARCELORMITTAL, Caterpillar, Ford GENK, … le gouvernement continue la chasse aux chômeurs et le détricotage de la Sécurité Sociale. Les femmes sont les principales victimes. Les salaires sont bloqués, l’index manipulé, le temps de travail annualisé, les jeunes sont précarisés.              
À propos du Budget 2012, le Secrétaire Régional de la FGTB CHARLEROI & SUD-HAINAUT disait, le 1er mai, « Ce budget est à nos yeux un budget antisocial et antisolidaire. C’est de l’austérité pour de l’austérité. … des mesures qui touchent le monde du travail, actifs et inactifs, travailleurs du privé et des services publics, si souvent eux aussi la cible du politiquement correct. Dès lors qu’on laisse capital et grosses fortunes tranquilles ».
Depuis 2008, partout en Europe et aux Etats-Unis, les banques ont été renflouées à coups de milliards, sur le dos de la collectivité, creusant ainsi les déficits publics. Nous sommes en 2013 et chaque « contrôle budgétaire » voit se répéter la chasse aux milliards. Croyez-vous que l’on a fait contribuer les entreprises et les grosses fortunes ? A Davos en janvier, le premier ministre, vantait les mérites des « intérêts notionnels » devant le gratin capitaliste mondial et se fendait d’un twit « de solidarité » avec les travailleurs d’Arcelormittal… En 2012, Arcelormittal a encore déduit 118 millions de ses impôts grâce aux intérêts notionnels. Avec 1,3 milliard de bénéfices en 2009 et 2010, il a payé 0 euro d’impôt. À la question : qui renflouera le holding Dexia ? La réponse est évidente : les finances publiques. À la question : qui paiera la note de la récession économique et de la dette publique ? La réponse est aussi évidente : le monde du travail.

Ce système ne peut être réformé. Il doit disparaître
C’est ce que disait le Secrétaire Régional de la FGTB CHARLEROI & SUD-HAINAUT en 2012. « Combien de temps allons-nous encore, Camarades, nous laisser tondre la laine sur le dos ? Car, Camarades, c’est bien de cela dont il s’agit. Il nous faut mettre ce système capitaliste aux oubliettes de l’histoire. Ce système ne peut être réformé. Il doit disparaître. Mais se contenter de l’affirmer du haut de cette tribune ne suffit pas. Faut-il encore nous en donner les moyens et le relais politique pour concrétiser notre objectif ».
Un relais politique d’un type nouveau qui rassemble, se nourrit des résistances sociales et qui les renforce : voilà en effet ce qu’il faut construire pour redonner espoir au monde du travail. Certains pensent qu’il serait possible de « peser » sur le PS et ECOLO pour qu’ils (re)deviennent des partis de gauche. C’est une illusion. Nous préférons inviter les militants de gauche du PS et d’ECOLO à nous rejoindre pour construire ensemble une alternative. On nous rétorque souvent « qu’en Belgique, le paysage politique oblige à composer ». Daniel PIRON répondait le 1er mai 2012 « qu’à force de composer, on se décompose, on se dilue. Et pour l’instant, c’est la gauche qui se dilue dans la droite ». Le résultat, ce sont les catastrophes sociales que vivent aujourd’hui les populations grecque, portugaise, espagnole, chypriote et irlandaise. Notre ambition n’et pas de composer et de nous diluer au pouvoir. Elle est de nous opposer jusqu’au moment où nous pourrons imposer une alternative digne de ce nom.
Pour une alternative de gauche à la crise capitaliste
Il est illusoire de penser qu’on peut réformer le capitalisme pour qu’il devienne un « bon » capitalisme de relance. Il faut donc être clair : il faut une stratégie pour sortir du capitalisme et le remplacer par un autre système qui satisfait les besoins de la population et préserve notre planète.
Nous en appelons à toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cet appel, à tous les militants, tous les travailleurs, d’où qu’ils soient et qui partagent notre point de vue à nous rejoindre pour en débattre
Le samedi 27 avril 2013 
à la Géode du Palais des Expositions de Charleroi
Accueil à 13h30
Début des travaux à 14h00

20/02/2013

LES PROMENADES NORD-MIDI, ÇA SUFFIT !

Lutter contre le patronat et l'austérité gouvernementale ?
Oui, mais…
LES PROMENADES NORD-MIDI, ÇA SUFFIT !
Il faut un plan d’action, tous ensemble !
Grèves tournantes par province, avec la perspective d’une grève nationale
Jusqu’à satisfaction des revendications !
UN PROGRAMME SOCIAL D’URGENCE POUR CASSER LA CRISE
1. Retrait du blocage salarial, de la manipulation de l’index, des mesures contre les chômeurs
2. Non à l’annualisation du temps de travail et à la hausse des heures sup’
3. Stop à la précarité : un CDI pour toutes et tous
4. Statuts ouvriers/employés : harmonisation par le haut
5. Stop aux intérêts notionnels. Impôt sur la fortune
6. Stop aux baisses de cotisations patronales à la Sécurité sociale. Individualisation du droit aux allocations
7. Ford, Mittal : Unité ! Expropriation sans indemnités !
8. Audit de la dette et annulation de la dette illégitime. Nationalisation des banques sans rachat
9. Refinancement du secteur public et du non-marchand.
10. 32H sans perte de salaire. Plan public de transition écologique
POUR UNE AUTRE EUROPE ET UNE ALTERNATIVE ANTICAPITALISTE :
OUI A UN NOUVEAU PARTI DU MONDE DU TRAVAIL

télécharger le tract en PDF ici

28/01/2013

Arcelor-Mittal Liège : Le bain de sang social continue



Une seule solution : l’expropriation sous contrôle ouvrier !
Ce jeudi matin (24/01), lors d’un conseil d’entreprise extraordinaire, la direction d’Arcelor-Mittal a confirmé sa décision de démanteler, de fait, l’ensemble de son implantation, en région liégeoise. C’est donc le spectre de la perte de 10.000 emplois, directs et indirects, qui plane sur la région liégeoise.
Après avoir déjà fermé la phase à chaud,  entraînant la perte que quelque 800 emplois, elle vient d’annoncer la suppression de 7 lignes de la phase à froid, avec des usines, présentées pourtant comme l’avenir de la sidérurgie ;  ce qui devrait entrainer la suppression de 1.300 emplois directs, sur les 2.000 actuels. Il resterait moins de 1.000 emplois directs, dans la sidérurgie liégeoise. Pour combien de temps encore ? On en était encore à plus de 5.000, en 2005 !
Cette direction cynique, arrogante et sans scrupules –elle renie systématiquement ses engagements- a trouvé encore un nouveau prétexte pour avancer, dans son nouveau plan de fermetures : les syndicats du secteur avaient eu l’outrecuidance de conditionner leur signature du volet social, pour « le chaud », à un plan d’investissement industriel précis, pour la phase à froid.
L’affaire est entendue. Les syndicats liégeois, le SETCa et la FGTB durcissent le ton : « Mittal Go Home » !
Au-delà du lancement de ce mot d’ordre, qui est le seul à même de donner un véritable coup d’arrêt au bain de sang social,  maintenir l’emploi et sauver la sidérurgie, la question est comment le concrétiser.
Ce qui s’est passé, suite à la décision de Mittal de fermer la phase à chaud, est éclairant : les organisations syndicales se sont engluées, pendant plus d’un an, dans la « procédure Renault », sans un véritable plan de mobilisation, une radicalisation de l’action et une démarche offensive vis-à-vis du pouvoir politique, régional et fédéral.
Aujourd’hui, devant ce tremblement de terre, les mots d’ordre de grève sur tous les sites liégeois, de manifestation à Luxembourg, en liaison  avec les organisations syndicales des sièges Arcelor-Mittal, dans d’autres pays, sont déjà avancés par les organisations syndicales.
Mais l’arme de grève, avec occupation de sites, n’apparait-elle pas, de toute évidence, comme indispensable, pour organiser le mouvement de grève, pour contrôler et empêcher les manœuvres patronales. Mittal aurait-il pu, s’il y avait eu occupation,  vider tous les stocks et les délocaliser un peu partout ? Plus de 7.000 tonnes viennent d’être évacuées, et cela, avant l’annonce de nouvelles suppressions de lignes dans le « froid » !
Dans les années 1970, à Glaverbel-Charleroi, les verriers en grève ont pu faire reculer la multinationale BSN-Gervais-Danone, qui avait décidé de démanteler le secteur verrier régional. A plusieurs reprises, ils ont fait grève, avec occupation de sièges verriers et la création de comités de grève
La multinationale Arcelor –Mittal se porte bien et son PDG, Lakshmi Mittal est une des plus grosses fortunes mondiales. La multinationale a sucé tout ce qu’elle pouvait, avalant subventions et aides diverses et utilisant, jusqu’à la corde, tous les moyens de ne pas payer l’impôt. Pour les années 2010 à 2012, elle a payé zéro euro d’impôts, sur notre territoire.
Alors, comme Mittal  continue,  de plus belle, sa course au maximum de profit, sur le dos des travailleurs et en les projetant dans des drames familiaux et sociaux, il n’y pas 36 solutions : il faut l’exproprier, sans indemnisation – à la rigueur pour un euro symbolique- et sous contrôle ouvrier. Que le gouvernement de la Région wallonne prenne ses responsabilités, avec le gouvernement fédéral.
Mais, pour cela – cela parait tellement évident-, il s’agit de changer les rapports de force, tant vis-à-vis de Mittal que du pouvoir politique. Ce sont les sidérurgistes liégeois qui doivent compter sur leurs propres forces, avec la solidarité des travailleurs de la région et de la population.
Nous sommes tous concernés par l’enjeu de ce combat et son issue. La solidarité avec les travailleurs d’Arcelor- Mittal se pose en termes concrets.
La LCR, jeudi  24 janvier

17/11/2012

"La Libre" en parle...



"Un nouveau parti de gauche doit émerger"
"Ce sera peut-être un coup dans l'eau, mais cela va alimenter une demande sociale qui pourra peut-être, un jour, trouver une expression politique". "Il faut qu’émerge rapidement une force politique de gauche, suffisamment radicale pour affronter les dogmes néolibéraux et qui ait l’ambition de peser sur le cours des choses et de quitter la sphère protestataire." Celui qui s’exprime ainsi n’est pas un quidam, c’est Felipe Van Keirsbilck, secrétaire général de la Centrale nationale des employés (CNE), une centrale qui compte au sein de la CSC, dans une interview publiée sur le site LCR-La Gauche (Ligue communiste révolutionnaire).

http://www.lcr-lagauche.be/cm/images/Rafik-2012/filip.jpgretrouvez l'interview complète de Felipe Van Keirbilck  sur notre site :
«Vivement un grand parti de gauche! » Une Interview de Felipe Van Keirsbilck, Secrétaire général de la Centrale Nationale des Employés (CNE-CSC) 
et l'article dans "La Libre" ici

 

25/10/2012

Elargissons la brèche vers la grève générale en Europe !


On sait que les deux principaux syndicats en Espagne, CCOO et UGT, ont appelé à une grève de 24 heures le 14 novembre pour s’opposer à l’austérité d’une brutalité inouïe imposée par le gouvernement Rajoy. Ce sera la deuxième grève de ce genre cette année. Elle est soutenue par des centaines d’associations de toutes sortes.
Le même appel a été lancé au Portugal par la CGTP. Pour rappel, le Portugal a connu récemment les manifestations les plus massives depuis la Révolution des Oeillets, en 1974-75.
De son côté, le principal syndicat du secteur privé en Grèce, la GSEE, appelle également à un arrêt de travail le 14 novembre. Ce sera la quinzième grève interprofessionnelle des travailleurs et travailleuses de ce pays contre les diktats de la troïka BCE/FMI/Commission.
Face à cette coordination horizontale de la riposte, la Confédération Européenne des Syndicats a finalement appelé à une journée d'action européenne le 14 novembre, sous "diverses formes : grèves, manifestations, rassemblements et autres actions".
La CES n’est pas un syndicat mais un groupe de pression qui accompagne la construction de l’UE capitaliste, fait du lobbying auprès de la Commission et organise de temps en temps une manifestation européenne sans lendemains. La dernière, à Bruxelles en 2010, avait pour slogan « pour l’emploi et la relance »…
Selon certaines informations, la décision chèvrechoutiste de la CES concernant le 14 novembre aurait été arrachée très péniblement, au terme de plusieurs heures de tractations.
Le décalage entre la dispersion nationale des luttes, d’une part, et la coordination européenne de l’offensive capitaliste, d’autre part, est une des raisons majeures qui poussent le mouvement ouvrier dans les cordes. Il est grand temps de réagir ensemble, car la classe dominante ne se contente plus d’attaquer les acquis sociaux : avec le Pacte budgétaire européen (TSCG, que la Belgique doit adopter prochainement !), elle est en train de mettre en place un régime européen despotique, dans lequel les parlements élus n’ont plus rien à dire. Dans ce régime, les syndicats seront soit broyés, soit transformés définitivement en courroies de transmission du néolibéralisme.
Il faut donc tout faire pour que les « diverses formes » évoquées par la CES se traduisent par les actions les plus radicales possibles, en fonction des rapports de forces : grèves et assemblées de sensibilisation dans le maximum de pays, de secteurs et d’entreprises, et manifestations combatives. Toute radicalisation du pseudo « mot d’ordre » de la CES sera un pas en avant vers une lutte européenne de plus en plus indispensable.
En Belgique, les directions interprofessionnelles de la FGTB, de la CSC et de la CGSLB discutent d’une manifestation de militant-e-s à Bruxelles devant les institutions européennes, couverte par un préavis de grève (en tout cas pour les affiliées et affiliés FGTB). Mais la section régionale de la FGTB (interprofessionnelle) de Liège-Huy-Waremme a décidé d’une grève de 24h, rejoignant ainsi les camarades espagnols, portugais et grecs. La CGSP-ALR de Bruxelles (secteur des administrations locales et régionales au sein de la Centrale des services publics de la FGTB) a fait de même. Les Jeunes FGTB et les Métallos Walllonie-Bruxelles appellent les travailleurs-ses à se mobiliser pour organiser une grève générale le 14 novembre (communiqué ci-dessous) ! Des groupes de gauche proposent une manifestation unitaire de lutte à Bruxelles. Bravo !

Elargissons la brèche, en Belgique et en Europe ! A l’exemple des syndicalistes espagnols, portugais et grecs, prenons des contacts de syndicat à syndicat, de secteur à secteur, d’entreprise à entreprise, entre filiales au sein des groupes ! Organisons la mobilisation !
Nous répétons notre invitation aux délégations syndicales à organiser des arrêts de travail dans les entreprises et à tenir des assemblées générales sur le lieu de travail pour informer sur l'offensive d'austérité tant en Europe du Sud qu'en Belgique et pour réfléchir, sans attendre, à un plan d’action coordonné vers une grève générale en Europe. C’est indispensable pour que la colère contre la misère et le chômage se transforme en lutte consciente pour une alternative.
Il ne s’agit pas seulement de solidarité avec les travailleurs et travailleuses du Sud de l’Europe, mais de lutte commune contre une même politique de destruction de l’emploi et des acquis sociaux, des services publics, des salaires. Une politique de classe délibérée, téléguidée par le patronat, en particulier par les sangsues du capital financier. Une politique qui sème la misère, le racisme, le sexisme, le nationalisme et fait le lit de la droite-extrême, voire de l’extrême-droite la plus nauséabonde.
Dans notre pays, plus de 10.000 licenciements se décident en un jour avec la fermeture de Ford Genk, de Dow à Tessenderlo, les licenciements chez HP ou Du Pont, ... En même temps, des mesures d’austérité ont déjà été imposées à la hussarde par le gouvernement Di Rupo, à hauteur de onze milliards d’Euros. Dès le mois de novembre, des milliers de chômeurs et de chômeuses commenceront à basculer dans une pauvreté encore plus insupportable. 4,5 milliards de mesures sont encore annoncées pour le budget 2013. Et ce n’est pas tout : alors que la collectivité a perdu 17 milliards dans le sauvetage des banques, la recapitalisation de Dexia menace d’encore alourdir la facture… Tout cela alors que les grandes entreprises ne paient pratiquement pas d’impôt !
Se laissera-t-on abattre un par un, ou nous battrons-nous ensemble, ici et avec le reste de la classe des travailleurs en Europe? Au-delà de la solidarité indispensable avec nos frères et sœurs d’Espagne, du Portugal, de Grèce et d’ailleurs, voilà nos raisons de nous battre à leurs côtés. Pas pour la « relance » du capitalisme (ce serait la destruction sociale et écologique), mais pour un programme anticapitaliste basé sur le partage des richesses, le partage du travail (sans perte de salaire), l’annulation de la dette illégitime, l’extension du secteur public par la création massive d’emplois socialement utiles et écologiquement responsables! Nous appelons également les salariéEs de la Poste en grève dans plusieurs régions, ceux de la SNCB dont le gouvernement vient d’amputer l’enveloppe de 72 millions d’euros et qui luttent contre la casse du service public, comme ceux de Ford, mais aussi d’Arcelor et les autres victimes de la violence capitaliste à unifier leurs luttes et à descendre dans la rue le 14 novembre pour montrer leur colère et leur détermination.
Entreprise par entreprise, secteur par secteur, pays par pays… nous sommes faibles, touTEs ensemble nous serons fortEs. Ensemble, nous pouvons faire en sorte que la peur change de camp. Ensemble, saisissons la chance qui s’offre le 14 novembre de commencer à modifier le rapport de forces. Ensemble, entamons le combat pour une autre Europe : sociale, généreuse, écologiste, démocratique.

Pour la Direction Nationale de la LCR-SAP,
Céline Caudron, porte-parole

16/06/2012

SETCa Charleroi : la Gauche est-elle soluble dans l’austérité ?


Ce jeudi 14 juin, le SETCa de Charleroi a offert une tribune aux partis « de gauche » devant son Comité Exécutif. C’est évidemment dans le cadre de la dynamique lancée par la FGTB Charleroi le 1er mai autour de la constitution d’une force politique à gauche du PS et d’Ecolo que cette initiative se situe. Devant quelques dizaines de militants, le Secrétaire Général du SETCa, Rudy Pirquet, plante d’emblée de débat dans un cadre clair : les partis de gauche doivent-ils se retrouver dans un gouvernement pour appliquer des mesures de droite ? Sont-ils encore de gauche ?
En obtenant la parole en première, Ozlem Ozen, vice-présidente de la Fédération PS de Charleroi et députée fédérale, n’avait pas vraiment un cadeau. Il fallait un certain courage pour oser dire que « le PS se bat pour faire barrage au maximum aux politiques libérales »… et d’ajouter que c’est grâce au PS qu’on n’a pas de nouveaux impôts et qu’on a gardé l’index ! Elle reprend alors tout les arguments (« le moindre mal », « sans nous, ce serait pire, regardez la Grèce et la Roumanie », « on a augmenté le salaire minimum, ailleurs il baisse », « on n’a pas limité le chômage dans le temps ») que le Secrétaire de la FGTB avait démonté lors de son discours de 1er Mai.
Benjamin Dusaussois pour le PSL et Bernard Wesphael (MG en constitution) repartent du cadre européen, niveau auquel de nombreuses politiques d’austérité sont élaborées. B Wesphael, rappelle qu’il fut seul en 2005 à voter contre le traité constitutionnel européen, au niveau Wallon. Il rappelle qu’à l’époque la Confédération Européenne des Syndicats était pour…
Au nom de la LCR, Freddy Mathieu a rappelé la « lettre ouverte aux syndicalistes » qui circule dans les milieux syndicaux depuis la mi-janvier : partant du constat que la social-démocratie (rose ou verte) est totalement convertie « au marché » il décrit comment le mouvement syndical a été conduit dans une impasse. Les « relais politiques » et la « courroie de transmission » fonctionnent à contresens, pour faire passer les mesures antisociales auprès des travailleurs. Il prend à contrepied les arguments de la représentante du PS en décrivant comment trente années du PS au pouvoir ont abouti au détricotage de la Sécurité Sociale (notamment en matière de chômage et de pensions) et à la « note Di Rupo » de juillet 2011, un copié/collé du fameux « modèle allemand » qui brade les conditions de travail et la protection sociale. Si le syndicat veut sortir de cette ornière, dit-il, il doit prendre des initiatives, en toute indépendance. Cela changerait la donne à gauche.
Germain Mugemangango (du PTB) a acté plusieurs points de convergence avec les trois intervenants qui le précédaient. Il a marqué son intérêt pours les déclarations de Daniel Piron le 1er mai, mais il pense que les organisations de la gauche radicale doivent prendre des initiatives diverses (notamment lors de scrutins comme les élections communales) pour se rapprocher et offrir la réponse unitaire attendue par le syndicat.
Isabelle Meerhaeghe (Ecolo) a critiqué vertement le PS mais n’a pas pu démarquer la politique gouvernementale d’Ecolo aux gouvernements, wallon et communautaire, de « la bonne gouvernance » qui est un des thèmes chers aux milieux pro-austérité européens. Elle s’est empêtrée dans une pseudo explication du vote des écologistes en soutien au MES (« le mécanisme pas le traité »)… Ce qui lui valut une réplique vive de Freddy Mathieu et Bernard Wesphael à propos des conséquences automatiques, inéluctables d’une acceptation parlementaire de ces nouveaux mécanismes européens. « Des gouverneurs intouchables, incontrôlables, décideront du montant que les pays devront débourser pour aider d’autres pays à aider leurs banques comme en Espagne, sans débat, sans décisions démocratiques et puis on nous redira encore que c’est l’Europe qui décide au-dessus » s’emporte Freddy Mathieu d’accord avec B. Wesphael pour dire que le mouvement syndical doit bloquer ce dossier par une mobilisation urgente et vigoureuse.
Plusieurs militants de l’Exécutif du SETCa sont intervenus notamment à propos de la coupure qui s’approfondit entre le PS et les travailleurs, à propos de l’index, de la pauvreté galopante, particulièrement dans la région de Charleroi.
Dans la deuxième partie du débat, la question centrale était de définir les possibilités de « création d’un nouvelle force politique à gauche du PS et d’Ecolo » ainsi que l’exprimait la FGTB le 1er mai. Rudy Piquet rappelle que Paul Magnette trouve cette proposition « folklorique »…
C’est Freddy Mathieu qui ouvrait le feu sur cette question. « Pour la LCR dit-il, petite organisation on ne vient pas vendre nos salades, on pense que c’est au mouvement syndical de donner le tempo et le contenu d’un telle dynamique, il en a la représentativité (3 millions de syndiqués) ; la compétence, l’expertise (il défend au quotidien les travailleurs avec ou sans emploi et connait leurs situations concrètes) ; les forces militantes (des milliers de délégués dévoués, élus par les travailleurs). » L’addition des petites forces des petites organisations de la gauche radicale est souhaitable mais pas suffisante, estime t’il, on a besoin d’une autre alchimie pour (re)construire une vrai parti de classe qui s’appuie avant tout sur la lutte des travailleurs. Appuyant les  interventions dans la salle, il continue « C’est totalement réducteur de dire que c’est le PS qui a sauvé l’index ; la droite et les milieux patronaux ont peur d’attaquer de front sur cette question à cause de la force de mobilisation syndicale qui reste, malgré les coups, relativement intacte, nous ne pouvons compter que sur nos forces».
Bernard Wespahael estime qu’avec la création du MG il n’y a rien à créer en plus, se défendant de diviser la gauche, comme certains le lui ont reproché personnellement. Le PSL s’est dit d’accord avec la notion de « parti de classe » plaidant pour un vrai débat entre les différents courants de la gauche radicale qui devraient y coexister. Le PTB et Ecolo sont restés assez évasifs sur cette question. Ecolo en particulier se limitant à reparler des « convergences à gauche », projet sans lendemains du PS pour phagocyter Ecolo,  auxquelles le parti vert préfère une « gauche réunie, pluraliste », comment ? avec qui ?
Ce débat a mis en évidence la recherche d’alternatives chez les militants syndicaux, mais aussi l’immense travail de conviction qui doit être fait avec les bases syndicales que l’offensive idéologique de la droite, soutenue et répercutée par la pseudo-gauche, a labouré pendant des décennies.

Correspondant
14 juin 2012

01/05/2012

"L'appel de Premier Mai de la FGTB de Charleroi".


Enregistrement vidéo du discours de Premier Mai prononcé par Daniel Piron, secrétaire régional, au nom du comité permanent de la FGTB de Charleroi-Thuin

 

Communiqué de presse - 30 avril 2012
La LCR répond "présent" à l'appel de la FGTB de Charleroi
La LCR a pris connaissance avec intérêt des déclarations du Secrétaire régional de la FGTB de charleroi, Daniel Piron, appelant de ses voeux la formation d'une nouveau parti anticapitaliste à gauche du PS et d'Ecolo.
La LCR estime qu'une alternative politique est en effet nécessaire et urgente car la social-démocratie, partout en Europe, gère la crise en imposant l'austérité au monde du travail et à ses organisations.  
Dans une déclaration qui sera distribuée demain dans les cortèges du Premier Mai, la LCR souligne que la politique néolibérale des PS met en danger le syndicalisme et les acquis sociaux arrachés de haute lutte par les travailleurs et travailleuses. 
Face à ce danger, la LCR invite le mouvement syndical à élaborer son propre programme contre la crise et à le soumettre à toutes les forces qui se réclament du monde du travail. La LCR prendra ses reponsabilités. Si le mouvement syndical le décide, elle participera à la construction d'un parti aussi fidèle aux travailleurs et aux travailleuses que les partis au parlement sont fidèles au capital.  
La LCR fera le point sur cette question le 26 mai, dans le cadre de son "école anticapitaliste de printemps", au cours d'un débat auquel Daniel Piron participera aux côtés d'autres militant-e-s et responsables du mouvement syndical.  
Pour la Direction Nationale de la LCR
Céline Caudron
porte-parole

30/04/2012

Pour une alternative anticapitaliste! Pour un nouveau parti du monde du travail!

Pour la première fois depuis très longtemps, la Belgique a un Premier ministre socialiste. Mais alors qu’on n’a jamais vu de Premier ministre libéral mener une politique socialiste, depuis quelques années on voit partout en Europe, et aujourd’hui en Belgique, des Premiers ministres socialistes mener une politique libérale.
Le 23 décembre 2011, après une grève générale des services publics, le gouvernement Di Rupo vote la réforme des fins de carrière. C’est un recul social fondamental inspiré des directives de la Commission européenne.
Malgré la grève interprofessionnelle en front commun du 30 janvier, le gouvernement Di Rupo persiste dans ses attaques néolibérales. Les chômeurs – en particulier les jeunes et les femmes – sont plus que jamais dans le collimateur.
Ce n’est qu’un début…
Nous ne sommes qu’au début d’une offensive capitaliste qui vise à casser ce qui reste de nos acquis sociaux. Pour cela, comme les autres gouvernements en Europe, le gouvernement Di Rupo...

Lisez la suite en téléchargeant le tract de la LCR (format PDF)